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Une antre erreur pi-esqu’austi grande deM. Linné, c’est d’avoir regardé commela même espece les trois especes suivantesdont Rumphe a figuré deux. à la plancheXX du volume VI de son HerbarìumAmboìnicurn , & qui, comme l’on va levoir , différent extrêmement , & ne sontpas plus que celle-ci du genre des orties.
Le batti est, comme l’on voit par lescaractères rapportés ci-deííiis , une especedu genre du schorigenam du Malabar,ou du tragia de Plumier.
Deuxieme espece. Sala.
Les habitants d’Amboine appellentdu nom de sala une autre espece debatti que Rumphe a très-bien figurée auvol. VI de son Herbarìum Amboinicum ,p • 47 - plan. XX , fig. i , sous le nom deurtica decumana. Les habitants de Ter-nate Rappellent Sosuru , & les Malaysdaun gattal besaar , en latin solium pru-rìtûs magnum , c’est-à-dire grande feuilleà démanger.
Sa racine est longue , traçante hori-sontalement, ramifiée.
Sa tige est simple, haute de trois àquatre pieds , ronde en bas , ligneuse ,de six à sept lignes de diamètre , angu-leuse en haut où elle est divisée en deuxà trois branches, & rude au toucher par-tout.
Sesfeuilles font lâches, alternes, ellip-tiques , pointues aux deux extrémités,longues de neuf à douze pouces, une àdeux fois moins larges , dentelées fine-ment aux bords , très-rudes , hérisséesde poils très-ferrés, roides , piquants ,relevées en-dessous d’une nervure à qua-tre paires de côtés alternes , blanchâtres,& portées arquées en angle de quarante-cinq degrés fur un pédicule cylindrique,,une à deux fois plus court qu'elles.
De faisselle des feuilles supérieures fortune panicule égale à leur longueur , droi-te , ouverte fous un angle de quarante-cinq degrés, ramifiée dans fa moitié su-périeure en cinq à sept branches alternes,portant chacune dans leur partie infé-rieure dix à douze fleurs femelles, lâches,presque sessiles % & à. leur extrémité, au-
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tant de fleurs mâles en épi fort ferré, &plus petites ; ces fleurs ressemblent à cel-les du batti , excepté que le pistil estjaunâtre , ainsi que l’ovaire.
Culture. La sala croît communémentau bord des forêts & fous les buissons ;on la seme dans les jardins pour en faireusage.
Qualités. Ses feuilles piquent d’abordmoins facilement que celles de sortie del’Europe ; mais lorsqu’une fois leurs poilsou piquants ont pénétré la peau , ils ycausent une espece de vésicule brûlantesuivie de démangeaison, comme il arriveaux piquûres de la punaise.
Usages. Les Indiens font un usage jour-nalier de ces feuilles pour se faire desscarifications toutes les fois qu’ils se sen-tent comme assoupis ou appesantis parla pléthore ou par un sang épais qui cir-cule difficilement. Dans ce cas , ils s’enfrottent le corps , hommes & femmeségalement, en y appliquant rudement leurface supérieure qui est la plus hérissée ,,& plus on frotte rudement & hardiment,moins on souffre ; il faut avoir attention:de ne pas les retourner ni les prendretrop légèrement, pour ne pas se blesserle dessus des mains. Les parties ainsi frot-tées rougissent d’abord , & font couver-tes d’une grande quantité de vésicules ,excepté aux pieds dont la peau est plusseche & plus tendue ; ces vésicules nefont ni douloureuses , ni enflammées ,.elles donnent seulement la sensation d’unedémangeaison semblable à celle que l’onressent lorsque quelque chose de rudetouche la peau.
Pour faire disparaître ces vésicules aubout d’une demi-heure , on les frotteaussi-tót après la friction avec une goutted’huile étendue fur la paume de la main,& quand même il resterait après cettedouche une espece de rudesse à la peau,peu importe , elle ne fait que procurerdu soulagement ; car après ces scarifica-tions & ces douches le corps se sent uneagilité, une legéreté surprenantes.
Les Indiens se préservent par leurmoyen de nombre de maladies qui lesappesantissent ; celles de leurs femmes-qui s’écoutent & qui s’aiment un peu z.