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Tome quatrième.
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font si accoutumées à ce remede inno-cent , qu’elles fe croiroient malades sielles ne se faisoient donner ces frictionsUne à deux fois par semaine. Rumphenous assure que , quoiqu’il n’eût pas pufe persuader d’abord que le corps délicatdes Européens eût pu soutenir des 'fric-tions auffì rudes en apparence , il s’estconvaincu par fa propre expérience quec’est une opération beaucoup plus facileà soutenir qu’on ne se le perfuaderoitd’abord , & même si salutaire qu’on nesauroit trop, à son avis , en faire usagetoures les fois qu’on fe ressent quelquesdispositions à une maladie. Ce savant mé-decin ajoute même qu’il a vu des Euro-péens si robustes qu’iîs supportoient cesfrictions , fans qu’il y parût à leur peau,fans qu’il s’y élevât aucune vésicule.-

C’elt pour cet usage , si familier auxIndiens , que l’on vend dans les marchésdes íle> Moluques des paquets de cesfeuilles liées en faisceaux , & que l’oncultive la sala qui est blanche, plus ten-dre , moins irritante & moins échauffanteque le camadu qui est rouge ; ces paquetsíe conservent dans des caveaux ou autreslieux souterrains ou frais : on peut auffìles transporter sur mer enveloppées dansdes feuilles de bananier.

Ces frictions font très-solutaires pourceux qui font un usage habituel des fruitschauds, comme font la mange , le durion,í’ananas. On a des indications certainesdu lieu où les humeurs se font amassées,îorsqu’on y voit de petits boutons , cequi ne fe voit point fur la peau des gensqui jouissent d’une bonne santé.

Il est bon de faire remarquer que ,quoique les Malays , habitants des Moîu-ques, aient chez eux notre ortie moyen-ne , ou au moins une efpece três-appro-cliante , qu’il s appellent daun gattal ba-il , c’est-à-dire, ortie de porc, parce queles porcs la mangent avec plaisir, quequoique les habitants de Ternate la man-gent cuite parmi leur herbages , & danstoutes les maladies où les astringents leurfont nécessaires , néanmoins ils se don-nent bien de garde de l’employer dansleurs frictions , ses piquûres étant beau-coup moins bénignes, plus douloureuses,

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plus souvent inflammatoires ; c’est ce quileur soit dire que le grand serpent a ré-pandu son venin sur les feuilles de cetteortie, que depuis ce temps elle est de-venue venimeuse , & le serpent au con-traire innocent : aussi quand les feuillesde la sala , qui sont blanches, leur man-quent , ils préfèrent se servir de cellesdu camadu qui sopt rouges , quoiquebeaucoup plus piquantes , par préférenceà sortie vraie qu’ils regardent commedangereuse, quoiqu’elle ne soit pas réel-lement un poison comme semble l’indi-quer leur fable.

'Troisième efpece. Camadu.

Les Javanois donnent le nom de ca-madu à une autre efpece de sala dontles feuilles sont plus étroites , quoiquede même longueur , c’est-à-dire , troisà quatre fois plus longues que larges ,plus rudes , plus chargées de piquants &même en dessous. On la reconnoît aupremier abord , parce qu’en total elleest plus ridée , piquante par-tout, &brune à ses tiges, aux calices des fruits& aux nervures des feuilles.

U J âges. On ne se sert point de sesfeuilles pour faire des frictions, parcequ’elle est trop rude , trop piquante, àmoins qu’on ne manque de celles de lasala ; au défaut de celles-ci , on leurdonne la préférence sur celles de sortiedont la friction passe pour dangereuse.

Quatrième efpece. Matti.

Le matti que les Malays appellencencore daun gattal matti , qui a été rendusen latin par le nom à’urtica mortua oirurtica molucca mortua , par Rumphe ,qui en a donné une bonne figure, quoi-qu’incomplette, au vol, VI de son Her-barium Amboinicum , page 49, plancheXX, figure 2., est nommé par les habi-tants de Ternate, Jòforu bobuto , c’est-à-dire , ortie blanche.

Sur une racine ligneuse , composéed’un faisceau hémisphérique de fibres,s’éleve une tige haute de trois pieds &demi, sons aucunes branches cylindri-