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Tome quatrième.
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s’appercevoir que leur énumération étoítincomplette ils ont conclu que tout cequ’on appelle beau , étoit arbitraire & decaprice. Mais on conçoit aisément queleur conclusion n’étoit juste que par rap-port à la troisième branche du beau arti-ficiel } & que leur raisonnement n’atta-quoit ni les deux autres branches de cebeau , ni le beau naturel , ni le beauejsentiel.

Le pere André passe ensuite à suppli-cation de ses principes aux mœurs , auxouvrages d’esprie & à la Musique ; & ildémontre qu’il y a dans ces trois objetsdu beau , un beau es'entiel , absolu & in-dépendant de toute institution , mëmedivine, qui fait qu’une chose est une ; unbeau naturel dépendant de l’institution duCréateur , mais indépendant de nous j unbeau arbitraire , dépendant de nous, maisfans préjudice du beau ejsentiel.

Un beau es'entiel dans les mœurs , dansles ouvrages d’esprit & dans la Musique ,fondé fur l’ordonnance , la régularité , laproportion, la justesse , la décence, l’ac-cord , qui se remarquent dans une belleaction , une bonne piece , un beau con-cert, & qui font que les productions mo-rales , intellectuelles & harmoniques fontunes.

Un beau naturel, qui n’est autre chosedans les mœurs , que l’observation du beauejsentiel dans notre conduite , relative àce que nous sommes entre les êtres de lanature ; dans les ouvrages d’esprit, quelimitation & la peinture fidele des pro-ductions de la nature en tout genre ; dansl’harmonie , qu’une soumission aux loixque la nature a introduites dans les corpssonores , leiir résonance & la conforma-tion de l’oreille.

Un beau artificiel , qui consiste dansles mœurs à se conformer aux usages defa nation , au génie de ses concitoyens ,à leurs loix ; dans les ouvrages d’esprit,à respecter les réglés du discours , à con-noître la langue & à suivre le goût do-minant ; dans la Musique , à insérer àpropos la disionnance, à conformer sesproductions aux mouvemens & aux inter-valles reçus.

D’où il s’enfuit que , selon le P. André,

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le beau ejsentiel & la vérité ne se mon-trent nulle part avec tant de profusionque dans l’univers ; le beau moial } quedans le philosophe chrétien ; & le beauintellectuel , que dans une tragédie accom-pagnée de musique & de décorations.

, L’auteur qui nous a donné Y es ai sur lemérite & la vertu , rejette toutes ces dis-tinctions du beau , & prétend , avec beau-coup d’autres , qu’ií n’y a qu’un beau ,dont l’utile est le fondement : ainsi toutce qui est ordonné de maniéré à produirele plus parfaitement Peffet qu’on fe pro-pose , est suprêmement beau. Si vous luidemandez qu’est-ce qu’un bel homme , ilvous répondra que c’est celui dont lesmembres bien proportionnés conspirent dela façon la plus avantageuse à Paccomplislè-ment des fonctions animales de l’homme.V. Essai sur le mérites? la vertu , pag. tj.8.L’homme , la femme , le cheval , & lesautres animaux , continuera -1 - il, occu-pent un rang dans la nature : or dans lanature ce rang détermine les devoirs àremplir ; les devoirs déterminent l’orga-nifation ; & l’organisation est plus oumoins parfaite ou belle , selon le plus oule moins de facilité que Panimal en reçoitpour vaquer à ses fonctions. Mais cettefacilité n’est pas arbitraire , ni par consé-quent les formes qui la constituent , ni labeauté q«i dépend de ces formes. Puisdescendant delà aux objets les plus com-muns , aux chaises , aux tables , aux por-tes , ùc. il tâchera de vous prouver quela forme de ces objets ne nous plaît qu’àproportion de ce qu’elle convient mieux àl’usage auquel on les destine ; & íi nouschangeons si souvent de mode , c’est-à-dire , si nous sommes si peu constans dansle goût pour les formes que nous lerrdonnons , c’est , dira-t-il , que cette con-formation la plus parfaite relativement àl’usage , est très - difficile à rencontrer ;c'est qu’il y a là une eí'pece de maximumqui échappe à toutes les .finesses de laGéométrie naturelle & artificielle , & au-tour duquel nous tournons fans cestè :nous nous appercevons à merveille quandnous en approchons & quand nous savonspassé, mais nous ne sommes jamais sûrsde savoir atteint. Delà cette révolution

perpétuelle