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perpétuelle dans les formes : ou nous lesabandonnons pour d’autres, ou nous dis-putons fans fin fur celles que nous con-servons. D’ailleurs ce point n’est pas par-tout au même endroit ; ce maximum adans mille occasions des limites plus éten-dues ou plus étroites : quelques exemplessuffiront pour éclaircir sa pensée. Tousles hommes , ajoutera-t-il , ne font pascapables de la même attention , n’ont pasla même force d’efprit ; ils font tous plusou moins patiéns , plus ou moins ins-truits , &c. Que produira cette diversité ?c’est qu’un spectacle composé d’académi-ciens trouvera l’intrigue d’Héraclius admi-rable , & que le peuple la traitera d’em-brouillée ; c’est que les uns restreindrontl’étendue d’une comédie à trois actes , &les autres prétendront qu'on peut l’étendreà sept ; & ainsi du reste. Avec quelquevraisemblance que ce système soit exposé,il ne m’est pas possible de l’admettre.
J e conviens avec fauteur , qu’il se mêledans tous nos jugemens un coup d’œildélicat íùr ce que nous sommes, un retourimperceptible vers nous-mêmes , & qu’ily a mille occasions ou nous croyons n êtreenchantés que par les belles formes , &où elles font en effet la cause principale,mais non la feule , de notre admiration ;je conviens que cette admiration n’est pastoujours aussi pure que nous l’imaginons :mais comme il ne faut qu’un fait pour ren-verser un système, nous sommes contraintsd’abandonner celui de fauteur que nousvenons de citer , quelque attachement quenous ayions eu jadis pour ses idées ; & voicinos raisons.
Il n’est personne qui n’ait éprouvé quenotre attention se porte principalement surîa similitude des parties, dans les chosesmêmes où cette similitude ne contribuepoint à futilité : pourvu que les piés d’unechaiie soient égaux & solides, qu’importequ’ils aient la même figure ? ils peuventdifférer en ce point , fans en être moinsutiles. L’un pourra donc être droit , &fautre en pié de biche ; f un courbe endehors, & fautre en dedans. Si l’on faitune porte en forme de biere , fa formeparoîtra peut-être mieux astòrtie à la figurede l’homme qu’aucune des formes qu’onTome IV <
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fuit. De quelle utilité font en Architec-ture les imitations de la nature & de sesproductions ? A quelle fin placer une co-lonne & des guirlandes où il ne faudroitqu’un poteau de bois, ou qu’un massif depierre ? A quoi bon ces cariatides ? Unecolonne est-elle destinée à faire la fonctiond’un homme , ou un homme a-r-il jamaisété destiné à faire f office d’une colonnedans sangle d’un vestibule ? Pourquoiimite-t-on dans les entablemens, des objetsnaturels ? qu’importe que dans cette imi-tation les proportions soient bien ou malobservées ? Si futilité est le seul fonde-ment de la beauté, les bas - reliefs , lescannelures , les vases, & en général tousles ornemens , deviennent ridicules &superflus.
Mais le goût de f imitation se fait sentirdans les choses dont le but unique est deplaire ; & nous admirons souvent des for-mes , fans que la notion de futile nous yporte. Quand le propriétaire d’un chevalne le trouveroit jamais beau que quand ilcompare la forme de cet animal au servicequ’il prétend en tirer ; il n’en est pas demême du pastànt à qui il n’appartient pas.Enfin on discerne tous les jours de la beautédans des fleurs , des plantes , & mille ou-vrages de la nature dont l’usage nous estinconnu.
Je fais qu’il n’y a aucune des difficultésque je viens de proposer contre le systèmeque je combats, à laquelle on ne puisièrépondre : mais je pense que ces réponsesseroient plus subtiles que solides.
II fuit de ce qui précede , que Platons’étant moins proposé d’enseigner la véritéà ses disciples , que de désabuser ses con-citoyens fur le compte des sophistes , nousoffi-e dans ses ouvrages à chaque lignedes exemples du beau , nous montre très-bien ce que ce n’est point, mais ae nousdit rien de ce que c’est.
Que S. Augustin a réduit toute beautéà f unité ou au rapport exact d s partiesd’un tout entr’elles , & au rapport exactdes parties d’une partie considérée commetout, & ainsi à l’infini ; ce qui me sembleconstituer plu tût f essence du parfait quedu beau.
Que M. Wolf a confondu le beau avec
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