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Tome quatrième.
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6i§ BEA

le plaisir qu’il occaíione , & avec îa per-fection ; quoiqu’il y ait des êtres qui plai-sent fans être beaux , d’autres qui fontbeaux fans plaire ; que tout être soit sus-ceptible de la derniere perfection , & qu’ily en ait qui ne font pas susceptibles de]a moindre beauté : tels font tous les objetsde l’odorat & du goût, considères relati-vemeiv à ces sens.

Que M. Crcuzas en chargeant fa défi-nition du beau , ne s’est pas apperçu queplus il multiplioit les caractères du beau ,_ plus il le particularisent ; & que s'e'tantproposé de traiter du beau en général, ila commencé par en donner une notion,qui n’est applicable qu’à quelques efpecesde beaux particuliers.

Que Hutchefon qui s’est proposé deuxobjets ; le premier, d’expliquer l’origine duplaisir que nous éprouvons à la présencedu beau ; & le second , de rechercher lesqualités que doit avoir un être pour occa-fioner en nous ce plaisir individuel, & parconséquent nous paroître beau , a moinsprouvé la réalité de son sixième sens , quefait sentir la difficulté de développer sans cesecours la source du plaisir que nous donnele beau ; & que son principe de Y unifor-mité dans la variété n’est pas général ;qu’il en fait aux figures de la Géométrieune application plus subtile que vraie , &que ce principe ne s’applique point du toutà une autre forte de beau , celui des dé-monstrations des vérités abstraites & uni-verselles.

Que le système proposé dans Y essai furle mérite ù sur la venu , où l’on prendFutile pour le seul & unique fondementdu beau , est plus défectueux encore qu’au-cun des précédens.

Enfin que le pere André jésuite , ouFauteur de Y essai sur le beau , est celui quijufqu’â présent a le mieux approfondi cettematière , en a le mieux connu l’étendue& la difficulté , en a posé les principes lesplus vrais & les plus solides , & mérite leplus d’être lu.

La feule chose qu’on pût desirer peut-

B E A

être dans son ouvrage , c’est de développerl’origine des notions qui fe trouvent ennous de rapport, d’ordre , de fymmétne :car du ton sublime dont il parle de cesnotions , on ne lait s’il les cicit acquises& factices , ou s’il les croit innées : maisil faut ajouter en fa faveur que îa matièrede son ouvrage , plus oratoire encoreque philosophique , l’éloignoit de cettediscussion , dans laquelle nous allonsentrer.

Nous naissons avec la faculté de sentir& de penser : le premier pas de la facultéde penser, c’eft d’examiner ses perceptions,de les unir , de les comparer , de les com-biner , d’appercevoir entr elles des rapportsde convenance & difconvenance, L?c. Nousnaissons avec des besoins qui nous contrai-gnent de recourir à différens expédions,entre lesquels nous avons souvent été con-vaincus par Fessier que nous en attendions ,& par celui qu’iis produiseient qu’il y ena de bons, de mauvais , de prompts , decourts , de complets , d’incomplets , Laplupart de ces expédions croient un outil ,une machine , ou quelqu’aurre inventionde ce genre : mais toute machine supposecombinaison , arrangement de parties ten-dantes à un même but, £?c. Voilà doncnos besoins, & l’exercice le plus immé-diat de nos facultés , qui conspirent aussi-tôt que nous naistons à nous donner desidées d’ordre , d’arrangement, de siymmé-trie , de méchanifme , de proportion,d’unité : toutes ces idées vienm.nt dessens , & font factices ; & nous avons passéde la notion d une multitude d’étres arti-ficiels & naturels, arranges, proportionnés,combinés , íymmétrisés , à la notion posi-tive & abstraite d’ordre , d’anangement,de proportion , de combinaison , de rap-ports, de fy mmétrie , & à îa notion abstraite& négative de disproportion , de désordre& de chaos.

Ces notions font expérimentales commetoutes les autres : elles nous font auílîvenues par les sens (a) ; il n’y auroit pointde Dieu , que nous ne les aurions pas

\a) On lit ì faitide AXIOME, " lorsque nous découvrons, une idée par l* intervention de laquelle nous découvrons Ict■» liaison de deux autres idées , c'e/i une révélation qui nous vient de la part de Dieu , par la voix de let raison , Oïl^ Amande 4 fauteur si «fud^uc chose exUtoit indépendamment de foiitencç d* pieu.?