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Tome quatrième.
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BEA

c’est une phrase complété ou un fragment,& appercevant à peine entre ces trois ter-mes quelque rapport grammatical, me ré-pondra que c .la ne lui paroît ni beau nilaid. Mais si je lui dis que c’est la réponsed’un homme consulté sur ce qu’un autredoit faire dans un combat, il commence àappercevoir dans le répondant une forte decourage, qui ne lui permet pas de croirequ’il soit toujours meilleur de vivre que demourir ; & le qu’il mourût commence àl’intéreflèr. Si j’ajoute qu’il s’agit dans cecombat de l’honneur de la patrie ; que lecombattant est fils de celui qu’on interroge ;que c est le seul qui lui reste ; que le jeunehomme avoit à faire à trois ennemis quiavoient déja ôté la vie à deux de ses freres ;que le vieillard parle à fa fille ; que c’estun romain: alors la réponse qu’il mouiût,qui n’étoit ni belle ni laide , s’embelht àmesure que je dé «stoppe ses rapports avecles circonstances, & finit par être sublime.

Changez les circonstances & les rap-ports , & faites passer le qu’il mourût duthéâtre françois fur la scene Italienne , &de la bouche du vieil Horace dans cellede Scapin , !e qu’il mourût deviendra bur-lesque.

Changez encore les circonstances , &supposez que Scapin soit au service d’unmaître dur, avare & bourru, & qu’ilssoient attaquis fur un grand chemin partrois ou quatre brigands. Scapin s’enfmt ;son maître se défend ; mais pressé par lenombre , il est obligé de s’enfuir austì ; &l’on vient «apprendre à Scapin que son maîtrea échappé au danger. Comment, dira Sca-pin trompé dans son attente ; il s'cst doncenfui : ah le lâche ! Mais luirépondra-t-on,seul contre trois que voulois-tu qu’it fit ?qu'il mourût , répondra-t-st ; & ce quilmourût , deviendra plaisant. II est doncconstant que la beauté s’accroît, varie ,décline & disparaît avec les rapports , ainsique nous lavons dit plus haut.

Mais qu’entendez-vous par un rapport ,me demandera-t-on ? n’est-ce pas chan-ger l’acception des termes , que de donnerle non de beau à ce qu’on n’a jamaisregardé comme tel ? 11 sornble que dansnotre langue , ,1’idée de beau soit toujoursjointe à celle de grandeur, & que ce ne

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soit pas définir le beau que de placer fadifférence ^ spécifique dans une quahté quiconvient à une infinité d'êtres, qui n’ontni grandeur ni sublimité. M- Crouzas apéché, sans doute , lorsqu’il a chargé íadéfinition du beau d’un íi grand nombrede caractères, qu’elle s’est trouvée res-treinte à un très-petit nombre d’êtres.Mais n’est-ce pas tomber dans le défautj contraire , que de la rendre si, générale,

J qu’elle semble les embrastèr tous , fans enexcepter un amas de pierres informes ,jetées au hasard fur le bord d une carrière ?Tous les objets , ajoutera-t-on , sont sus-ceptibles de rapports entr’eux , entreleurs parties, & avec d’autres êtres ; iln ’j en a point qui ne puistènt etre arran-ges , ordonnés , symmétrifés. La perfectionest une qualité qui peut convenir à tous :mais il nV-n est pas de même de la beauté ;

! elle est d’un petit nombre d’objets.

I Voilà, ce me semble, sinon la feule,

J du moins la plus forte objection qu’onpuisse me faire , & je vais tâcher d’y ré*i pondre.

j Le rapport en généra! est une opération, de l’entendement , qui considéré soit un.j être., soit une qualité en tant que cet êtrei ou cette qualité supposé l’existenc-e d’unautre être ou d’une autre qualité. Exemple :quand je dis que Piere est un bon peie , jeconsidéré en lui une qualité qui supposel’existence d’une autre , celle du fils ; &ainsi des autres rapports tels qu’ils puistèntêtre. D’ou il s’ensuit, que, quoique le rap-port ne soit que dans notre entendementquant à la perception , il n’en a pas moinsson fondement dans les choses ; & je diraiqu’une chose contient en Ile des rapportsré.ls, toutes les sois qu’elle fera revêtuede qualités qu’un être constitué de corps& d’esprit comme moi , ne pourroit con-sidérer sans supposer sexistence ou d’autresêtres , ou d’autres qualités , soit dans lachose même , soit hors d’elle ; & je dis-tribuerai les rapports en rt'els & en apper-çus. Mais il y a une troisième sorte de rap-ports ; ce sont les rapports intellectuels oufictifs ; ceux que l’entendement humainsemble mettre dans ks choses. Un sta-tuaire jette l’œil fur un bloc de marbre ;son imagination plus prompte que son