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Tome quatrième.
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ciseau , en ervleve toutes les parties super- !flues, & y discerne u^e figure : mais cettefigure est proprement imaginaire & fitíive ;il pourroit taire fur une portion d’efpaceterminée par des lignes intellectuelles , cequ’il vient d’exécuter d imagination dansun bloc informe de marbre. C n philosophejette l'œil sur un amas de pierres jetéesau hasard ; il anéantit par la pensée toutesles parties de cet amas qui produisent I’ir-régularité, & il parvient à en faire sortir unglobe, un cube, une figure régulière. Qu’esi-ce que cela signifie ? Que, quoique la mainde l’artiste ne puifîè tracer un destin quesur d.s surfaces résistantes, il en peut trans-porter Pimage par la pensée sur tout corps;que dis-je , fur tout corps } dans Pelpace&. le vuide. L’image, ou transportée parla pensée dans les airs , ou extraite parimagination des corps les plus informes ,peut être belle ou laide : mais non la toileidéale à laquelle on P a attachée, ou le corpsinforme dont on l’a fait sortir.

Quand je dis donc qu’un être est beaupar les rapports qu’on y remarque , je neparle point des rapports iniel’ectuels oufictifs que notre imagination y transporte,mais des rapports réels qui y font, & quenotre entendement y remarque par le se-cours de nos sens.

En revanche, je prétends que, quels quesoient les rapports, ce font eux qui consti-tueront la beauté , non dans ce sens étroitoù le joli est P opposé du beau , mais dansun sens , j’ose le dire , plus philosophique& plus conforme à la notion du beau engénéral , & à la nature des langues & deschoses.

Si quelqu’un a la patience de rastèmhlertous les êtres auxquels nous donnons lenom de beau , il s’appercevra hi-mtdt quedans cette foule il y en a une infinité oùl’on n’a nul égard à la petiteslê ou à la gran-deur : !a petitesse & la grandeur sontcomptées pour rien toutes les fois quel’ètre est solitaire , ou qu’étant individudune espece nombreuse, on le considérésolitairement. Quand on prononça de lapremiere horloge ou de la premierê montrequ’elle étoit belle , faisoit-on attention àautre chose qu’à son méchanisme, ou aurapport de ses parties entr’elles ? Quand

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on prononce aujourd’hui que la montre estbelle , fait-on attention à autre cl ose qu’àson usage & à son méchanisme ? Si donc ladéfinition générale du beau doit convenirà tous les êtres auxquels on donne cetteépithète , Pidée de grandeur en est exclue.Je me fuis attaché à écarter de la notiondu beau , la notion de grandeur, parcequ’il m’a semblé tue c’étoit celle qu’onlui attachoit plus ordinairement. En mathé-matique , on entend par un beauprobUme yun problème difficile à résoudre ; par unebelte solution , la solution simple & faciled’un problème difficile & compliqué. Lanotion de grand, de sublime , d ’éievé, n’aaucun lieu dans ces occasions où on nelaistè pas d’employer le nom de beau. Qu’onparcoure de cette maniéré tous les êtresqu’on nomme beaux : l’un exclura la gran-deur , l'autre exclura futilité; un troisièmela symm trie ; quelques-uns même l’appa-rence marquée d’ordre & de íymmerrie :telle seroit !a peinture d’un orage, d’unetempête , d’un chaos ; & l’on fera forcé deconvenir que la feule qualité commune ,selon laquelle ces êtres conviennent tous ,est la notion des rapports.

Mais quand on demande que la notiongénérale de beau convienne à tous lesêtres qu’on nomme tels , ne parle-t-onque de fa langue , ou parle-t-on de toutesles langues ? Faut-il que cette définitionconvienne seulement aux êtres que nousappelions beaux en ffançois, ou à tous lesêtres qu’on appelleroit beaux en hébreu »en syriaque , en arabe, en chaldéen , engrec, en latin , en anglois , en Italien »& dan s toutes les langues qui ont existé ,qui existent ou qui existeront ?& pour prou-ver que la notion de rapports est la feulequi resteroit après l’emploi d’une régléd’exclusion auíîx étendue , le philosophesera-t-i! forcé de les apprendre routes ?ne lui soffit-il pas d’avoir examiné que^acception du terme beau varie dans tou-tes les langues ; qu’on le trouve appliqué làà une forte d’êtres, à laquelle il ne sup-plique point ici, mais qu’en quclrue idiomequ’on en faste usage , il suppose percep-tion de rapports? Les Ang’ois disent à J merslavour y à i ne woman , une belle femme,,une belle odeur. Où en seroit un philoso-