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former tel ? Voye\ OPTIMISME. Maiscombien d’occaíìons où nous n’avons pas lemême droit d’inférer la perfection de l’ou-vrage du nom seul de l’ouvrier , & où nousne laiílòns pas que d’admirer ? Ce tableauest de Raphaël, cela suffit. Douzième source,sinon de diversité _, du moins d’erreur dansles jugemens.
Les êtres purement imaginaires , telsque le sphynx , la syrene, le faune , le mi-notaure , l’homme idéal, &c. sont ceux surla beauté desquels on semble moins partagé,& cela n’est pas surprenant : ces êtres ima-ginaires font à la vérité formés d’après lesrapports que nous voyons observés dans lesêtres réels ; mais le modele auquel ils doi-vent ressembler, épars entre toutes les pro-ductions de la nature , est proprement par-tout & nulle part.
Quoi qu’il en soit de toutes ces causesde diversité dans nos jugemens ; ce n’estpoint une raison de penser que le beauréel , celui qui consiste dans la perceptiondes rapports, soit une chimere ; supplica-tion de ce principe peut varier à l’innni, &ses modísications accidentelles occasionerdes dissertations & des guerres littéraires :mais le principe n’en est pas moins cons-tant. H n’y a peut-être pas deux hommesfur toute la terre , qui apperçoivent exac-tement les mêmes rapports dans un mêmeobjet, & qui.le jugent beau au même degré :mais s’il y en avoir un seul qui ne fût af-fecté des rapports dans aucun genre , ceferoit un stupide parfait ; & s’il y étoit in-sensible seulement dans quelques genres ,ce phénomène décélérois en lui un déíautd’économie animale , & nous serions tou-jours éloignés du scepticisme par la condi-tion générale du reste de l’espeee.
Le beau n’est pas toujours l’ouvrage d’unecause intelligente : le mouvement établitsouvent, soit dans un être considéré soli-tairement , soit entre plusieurs êtres com-parés entr’eux, une multitude prodigieusede rapports furprenans. Les, cabinets d’his-toire naturelle,en ofírent un grand nombred’exemples. Les rapports sont alors des ré-sultats de combinaisons fortuites, du moinspar rapport à nous. La nature imite , en sejouant , dans cent occasions, les produc-tions de fart ; & l’on pourroit demander,
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je ne dis pas si ce philosophe qui fut jetépar une tempête fur les bords d’une ifleinconnue , avoit raison de s’écrier , à lavue de quelques figures de Géométrie :courage , mes amis , voici des pas d’nom-mes ; mais combien il faudroit remarquerde rapports dans un être , pour avoir unecertitude complété qu’il est l’ouvrage d’unartiste ; en quelle occasion un seul défautde symmétrie prouveroit plus que toutesomme donnée de rapports ; comment sontentr’eux le temps de faction de la caulefortuite, & les rapports observés dans leseffets produits ; & si , à l’exception desœuvres du Tout-puiflant , il y a des cas oùle nombre des rapports ne puistè jamaisêtre compensé par celui des jets.
Les gens de lettres liront avec autantde plaisir que d’avantages les observa-tions que M. de Marmontel a faites furle beau.
Tout le monde convient que le beau >soit dans la nature ou dans Fart, est ce quinous donne une haute idée de í’une ou del’autre , & nous porte à les admirer. Mais.la difficulté est de déterminer dans les pro-ductions des arts , & dans celles de la.nature , à quelles qualités ce sentimentd’admiration & de plaisir est attaché.
La nature & Fart ont trois maniérés denous affecter vivement, ou par la penséeou par le sentiment, ou par la seule émo-tion des organes ; il doit donc y avoir aussi:trois especes de beau dans la nature & dans.les arts ; le beau intellectuel, le beau moral,le beau matériel ou sensible. Voyons à quoiFesprit, Famé & les sens peuvent le recon-noître. Ses qualités distinctes se réduisentà trois, h force, la richejj'e & F intelligence.
En attendant que par l’application , lesens que j'attache à ces mots soit biendéveloppé , j'appelle force } Fintensité d’ac-tion ; richesse {'abondance & la féconditédes moyens ; intelligence , la maniéré utile& sage de les appliquer.
La conséquence immédiate de cette défi-nition est, que si par tous les sens la nature.& Fart ne nous donnent pas également deleurs forces , de leur richesse & de leurintelligence , cette idée qui nous étonne ,,& qui nous fait admirer la cause dans les.effets qu’elle. produit, il ne doit pas être