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de Part , de se pénétrer avec tant deforce des sentimens d’un malheureux ,qu’en l’exposant aux yeux de l’imagina-tion, on produise le même effet que s’ilétoit présent lui - même , & que par laforce, de l’illuíìon , on émeuve les cœurs ,on arrache des larmes , on remplistè tousles esprits de compassion ou de terreur.
Ainsi , soit dans la nature , soit dans lesartssoit dans les effets qui résultent dePalliance & de Paccord de l’art avec lanature , rien n’est beau que ce qui an-nonce , dans un degré qui nous étonne ,l>a force , la richefe ou Y intelligence , dePune ou Pautre de ces deux causes , oude toutes deux à la fois.
On peut dire qu’il y a du vague dans lescaractères que nous donnons au beau. Maisil y a aussi du vague dans Popinion qu’ony attache : l’idée en est souvent factice , &je sentiment relatif à l'habitude & au pré-jugé. Par exemple , la même couleur quiest riche & belle aux yeux d’une clasièd’hommes, n’est pas telle aux yeux d’uneautre classe , par la feule raison que lateinture en est commune & de vil prix.Pourquoi ne dit-on pas du lever du soleilou de son coucher , qu’il est beau quand leciel est pur & serein ? & pourquoi le dit-on lorsque sur l’horizon , il se rencontredes nuages fur lesquels il semble répandrela pourpre & l’or ? C’est que l’or & lapourpre sont dans nos mains des choses !précieuses ; qu’à leur richesse, nous avonsattaché le sentiment du beau par excel-lence ; & qu’en les voyant briller d’un éclatmerveilleux fur les nuages que le soleil co-lore , nous les comparons à ce que l’indus-trie, le luxe & la magnificence offrent deplus riche à nos yeux. A des idées invaria-bles , il faut des caractères fixes ; mais àdes idées changeantes , il faut des carac-tères susceptibles , comme elles , des va-riations de la mode & des caprices de Po-pinion. f M. IfARMONTJEL.)
* Beau, Joli , (Gramm.) le beauopposé à joli , est grand, noble & régulier ;on Padmire : le joli est fin , délicat; il plaît.Le beau dans les ouvrages d’esprit, supposede la vérité dans le sujet , de Pélévationdans les pensées, de la justesse dans l’expres-sion, de la nouveauté dans le tour, & de
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la régularité dans la conduite: Pécîat & lasingularité suffisent pour les rendre jolis. IIy a des choses qui peuvent être jolies oubelles , telle est la comédie ; il y en a d’au-tres qui ne peuvent être que belles , telleest la tragédie. 11 y a quelquefois plus demérite à avoir trouvé une jolie chose qu’unebelle ; dans ces occasions, une chose nemérite le nom de belle , que par Pimpor-tance de son objet ; & une chose n’est ap-pellée jolie , que par le peu de consé-quence du sien. On ne fait attention alorsqu’aux avantages , & l’on perd de vue ladifficulté de l’invention. II est si vrai que lebeau emporte souvent une idée de grand ,que le même objet que nous avons appellebeau , ne nous paroîtroit plus que joli ,s’il étoit exécuté en petit. L’efprit est unfaiseur des jolies choses ; mais c’est Pâmequi produit les grandes. Les traits ingénieuxne font ordinairement que jolis ; il y a dela beauté par-tout où l’on remarque du sen-timent. Un homme qui dit d’une bellechose qu’elle est belle , ne donne pas unegrande preuve de discernement ; celui quidit qu’elle est jolie , est un sot, ou ne s’en-tend pas. C’est Pimpertinent de Boileau »qui dit que le Corneille efl joli quelquefois.
* BEAUX, adj. pris subst. ÇHifl. modjLes Anglois ont fait un substantif de cetadjectif François ; & c’est ainsi qu’ils ap-pellent les hommes occupés de toutes les
! minuties qui semblent être du seul ressortdes femmes, comme les habillemens re-cherchés , le goût des modes & de la pa-rure ; ceux, en un mot, à qui le foin im-portant de l’extérieur fait oublier tout lereste. Les beaux font en Angleterre , ceque nos petits-maîtres font ici ; mais lespetits-maîtres de France possedent l’espritde frivolité , & Part des bagatelles & desjolis riens, dans un degré bien supérieuraux beaux de PAngleterre. Pour corrigerun petit-maître Anglois, il n’y auroit peut-être qu’à lui montrer un petit-maître Fran-çois : quant à nos petits-maîtres François,je ne crois pas que tout le phlegme de PAn-gleterre puisiè en venir à bout.
* BEAUCAIRE , (Géog. ) ville dubas Languedoc, fur le bord du Rhône,renommée par une foire fameuse qui s’y tientle 2 . 2 . de juillet, & où se rendent une infinité