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n appartenu , la grande conformité qu’am la bélemnite avec les dents d’autres ani-33 maux , & particulièrement avec les dents33 droites du crocodile , met cette con-33 jecture dans une fort grande vraisem-,3 blance. La cavité de figure conique que» les bélemnites entieres ont à leur base ,33 est en effet semblable à celle qu’on volt33 aux dents du crocodile & du phyfeter ,33 aux défenses de l’éléphant, & du poiílòn33 nahrwal. La cannelure de la niéme pierre33 a beaucoup de rapport avec celles des33 dents de la scie du fpadon , qui sont33 enchâssées dans cette longue défense ,33 comme dans une mâchoire. Enfin ses33 petits filets font de même nature que33 ceux de la structure intérieure de l’émail33 des dents de presque tous les autres ani-33 . maux. Quant à Valvéole , ses coupes33 répondent aux couches de la bélemnite33 par le moyen des lignes longitudinales,33 qui forment d’eípace en espace de petits33 cônes qui marquent peut-être les divers33 temps de son accroissement. M. Bour-33 guet répond ensuite aux difficultés de M.33 Scheuch\er, & de quelques autres Phy-33 ficiens. Enfin il explique la formation33 & le méchanisme organique de la bélem-33 nite d’une maniéré fort plausible. Comme» les animaux auxquels ces dents appar-33 tiennent, croistènt pendant toute leur33 vie , il n’est pas étonnant qu’il y ait des33 bélemnites si différentes en grosièur &33 en longueur. 33
Nous ajouterons feulement à cet articlel’opinion de M. Woodward & celle de M.le Monnier le Médecin , de l’académieroyale des Sciences. M. Woodward rap-porte dans fa lettre fur Vorigine , la natureÙ la constitution de la bélemnite , que M.Lhwyd prétendoit qu’elle se forme dans lepinceau de mer ou dans le coquillage ap-pelîé dentale. Notre auteur réfute ce sen-timent par la raison qu’on ne voit jamaisaucunes traces du moule dans lequel labélemnite se seroit formée, comme on voitcelle du moule des autres pétrifications ;que le prétendu moule de la bélemnite de-vroit être bien apparent autour de cellesqui ont près de deux piés de longueur, &environ deux pouces de diamètre à Pen-drait le plus gros; & que cependant il n’en
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a apperçu aucun vestige dans des bélem-nites de cette grandeur qu’il a observées.
M. Woodward répond ensuite à ceuxqui croient que les bélemnites sont des cor-nes d’animaux ou des dents de poissons : ilsoutient que ce ne sont pas des cornes ,parce que la plupart n’en ont pas la figure ;& pour le prouver , il fait mention de troisprincipales especes de bélemnites, qui sontla bélemnite conoïde , qui est la plus com-mune ; la bélemnite en forme de fuseau , &la bélemnite cylindrique terminée en pointepar les deux bouts ; & il conclut que sitoutes ces bélemnites ressemblent à descornes , il n’y a rien qui ne puiíse y res-sembler. Le même auteur ne croit pas qu’ilsoit à présumer que la bélemnite soit unecorne , parce qu’on la trouve dans la terreavec des coquilles, des dents & d’autresparties d’animaux ; puisqu’il s’y trouveauffi-bien d’autres choses qui ne sont cer-tainement pas des cornes. II nie que toutesles bélemnites aient une odeur de cornebrûlée , c’est à-dire une odeur animale: ilastùre que les bélemnites d’Angleterre n’ontordinairement aucune odeur, & que toutescelles qu’il a trouvées dans la craie n’enont point du tout ; & il croit que les bélem-nites n’ont que l’odeur qui leur a été com-muniquée par des matières salines , sulfu-reuses ou bitumineuses avec lesquelles ellesont séjourné. Enfin M. Woodward soutientque les bélemnites ne sont ni des cornes nides dents ; parce que leur pesanteur spéci-fique est différente de celle des cornes &des dents : les raisons qu’il en donne sonttirées de ses principes fur l’Histoire natu-relle de la terre.
C’est en conséquence de ces mêmesprincipes que M. Woodward met la bélem-nite dans la classe des corps talqueux, parceque fa pesanteur est égale à celle de cescorps. La couleur jaune de certaines bélem-nites est semblable à celle de quelques talcs »sparts, & autres productions minérales..
La substance de la bélemnite , dit M.Woodward, n’est pas coriace & tenacecomme celle des animaux, mais friable &cassante comme celle du talc , &c. à lavue elle paraît minérale , & on en estconvaincu par les épreuves chymiques ; íatiílùre, ajoute le même auteur, est direc-