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Tome quatrième.
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expérience , & d’autres, après les chan-gements qui ont été faits dans ces machines.

Sur les deux côtés de cette base on éle-voit dix gros poteaux de à 30 pies dehaut, fans les tenons , dont quatre faisoientles encognures ; ces poteaux étoíent jointsen haut par quatre sablières pour recevoirles bouts des poteaux , de même qu’ilsl’étoient par en bas avec les poutres quifaisoient le premier châssis ou la base ; surcet assemblage de montans & de traver-sans , & les sablières qui alîoient de cha-cun des poteaux à l’autre opposé, on passoitia poutre de travers dont j’ai déja parlé,posée entre deux coins de bois de chaquecôté, traversées de fortes chevilles de fer ,& de puiísontes équerres , qui servoient àresserrer & tenir ferme les deux boutsde la poutre traversante qui soutenoit labcliere.

Toute cette charpente qui prenoit quel-quefois le nom de tortue beliere à combleplat, & le plus souvent à comble aigu ,étoit couverte de maniéré différente selonles forces des assiégés. On l’enveloppoitquelquefois d’un tissu d’ofier verd , enduitde terre grasse , & recouvert d’un rideaude peaux fraîchement écorchées , que l’ondoubloit d’autres peaux où l’on mettoit entredeux de l’herbe marine piquée comme nosmatelas, 011 de la mousse, le tout trempédans du vinaigre, aíìn que cette couver-ture fût à l’épreuve des pierres & des dards,dont les assiégés n’étoient pas chiches : carces rideaux matelassés étant suspendus à unpié de la charpente , rompoient la forcedes coups des machines ; & lorsque la placeen étoit abondamment fournie , on garnis-soit les côtés de charpente de forts madriers,indépendamment des mantelets.

Comme le comble souffroit le plus parles masses affreuses chassées par les grossescatapultes, qui faisoient autant de désor-dre que nos mortiers , on le couvroit demadriers revêtus de claies enduites de mor-tier ou d’argile , pétrie avec du crin &de la bourre. Traité de F attaque des placesdes anciens , par M. le chevalier Folard.Voye^ PI. XII de Fart militaire , unetour avec son pont & son belier renfermédedans. Voye\ aussi HELEPOLE. ÇQ)

Nos lecteurs nous sauront gré de joindreTome IV'.

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à cet arricle un nouveau mémoire sur lebelier non suspendu.

BELIER non suspendu. (Art militaire.Machines.) Les auteurs de l’antiquité quiont écrit des machines de guerre de leurtemps , l’ont soit à la maniéré des oracles ,où l’on ne comprend rien que la chose nesoit arrivée , ou que quelque habile hommene les explique. II y a peu de savans quin’aient traité de chimere le belier nortsuspendu ; les méchaniciens l’ont regardécomme une chose impoíììble , parce qu’ilsne l’ont pu comprendre.

Pour peu que l’on examine avec atten-tion le belier à tortue qu’on voit dans lesmarbres & dans les monumens antiquesqui nous ressent, on aura de la peine à sepersuader que cette machine fût suspendue.Végece prétend que la tortue a pris sonnom du belier dont la tête sort de cettemachine , & y rentre ensuite , comme latête de la tortue sort de son écaille , &s’y renferme après ; mais ce nom convientmieux à la tortue à belier non suspendu ,qu’à celui à vibrations. II paroît que lemême Végece distingue la tortue qu’il ap-' pelle à faux y de celle où l’on mettoit unI belier en batterie. Dans la premiere , il y■ avoir une poutre suspendue qu’on balan-| çoit en avant, au bout de laquelle étoitune espece de faux, 011 de fer courbé engrappin, avec lequel on tiroit à bas lespierres de la muraille que le belier avoirébranlées. Voye^ CORBEAU A GRIFFES.

La structure des tortues à belier sus-pendu étoit toute autre que celle du nonfuíjpendu , dans la longueur comme dansle comble. II étoit plat dans celles-ci quiétoíent encore três-longues , & en façonde galerie à comble aigu. Les auteurs di-sent bien qu’il y avoir un belier où I estsoldats qui le servoient étoíent à couvertdes traits & des machines des assièges.Cela se conçoit assez à l’égard du beliersuspendu, ou les hommes qui le balan-,coient agistbient au delà de la tortue , àí’abri des parallèles les plus proches dubord du fossé ; cette tortue devant êtretoute ouverte pardevant , pour donnerl’efpace nécessaire au cable auquel la pou-tre étoit suspendue. Mais à l’égard destortues à comble plat & à^contrçfìches,