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Tome quatrième.
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je ne puis croire qu’íl fût suspendu ; carpour le suspendre , il eût fallu élever lecomble de la tortue à une hauteur prodi-gieuse , ce qui ne peut s’accorder avec lesproportions que les anciens donnent à cestortues , qui font trop basses pour que lehelier pût être balancé de maniéré à pro-duire quelque effet. Il fuit delà que cessortes de tortues , outre qu’elles étoientfermées pardevant, à la réserve de Cou-verture où paíïòit la tête du bélier , neservoient que pour les poutres non sus-pendues.

Ce qui démontre plus particulièrementque les béliers des tours & des tortuesn’étoient pas suspendus , c’est qu’ellesétoient fermées pardevant, & cela nepouvoit être autrement ; c’est ce qu’onremarque dans les monumens de pierre ,où l’on ne voit qu’une ouverture en long ,avec un auvent pardessus pour le jeu duhelier , au lieu qu’il auroit fallu laistèr ledevant tout ouvert de bas en haut commepar derriere > st la poutre avoir été suspen-due en équilibre , pour laisser de l’espace&c ses vibrations libres.

Vitruve parle d’une tortue dans laquelle,dit-il, on plaçoit la machine à belier quiest appellée en Grec criodoche'e , dans la-quelle on mettoit un rouleau arrondi par-faitement autour , fur lequel le belier étantposé , il alloit & venoit étant tiré par lescables , & faisoit un très-grand effet. Pureimagination : il faut que ce paslage paroisseainíi ; il y avoir fur le milieu de la ma-chine , fur des montans , un canal pareilà celui des catapultes & des balistes quiavoient cinquante coudées de long, &•une coudée de large. Au travers de cecanal on mettoit un moulinet ; en devant,d droit & à gauche , il y avoir des pouliespar le moyen desquelles on faisoit coulerune poutre ferrée par le bout , laquelleétoit passée dans le canal, & fous cettepoutre il y avoir des rouleaux qui servoientà faire en sorte qu’elle fût poussée avec beau-coup de force & de promptitude. Au destùsde la poutre , on faisoit comme une voûtequi la couvroit, & qui soutenoit les peauxcrues dont la machine étoit couverte.Vitruve ne dit pas comment ces cylindresétoient disposés & retenus pour rouler tous

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également & fans s’écarter fur une mêmeparallèle : M. d’Hermand , mestre de campd’infanterie, a cru être le premier inven-teur de ces sortes de cylindres retenusparallèles par leurs axes ; mais il n’y a riende moins nouveau que cette machine. Lebelier non suspendu ( dont on peut voir lafigure Planche III, Art Milit. armes &machines de guerre, ) a cela d’admirable,qu’avec une puiíïànce très-simple , il agitavec plus de force & de violence que lesuspendu, dont les coups font obliques 5au lieu que ceux de l’autre font directs &plus souvent redoublés ; il faut même unemoindre force pour le pousser en avant &en arriéré, que la poutre suspendue. J’ajou-terai que la pesanteur de la poutre sur descylindres augmente fa force & son mou-vement ; au lieu que la force de l’autren’est que dans son balancement & dansson. propre poids , qui fait plus ou moinsd’effet, selon l’étendue de ses vibrations,ce qui rend les coups plus obliques. Ceuxqui la font jouer ne la poussent point dansson choc , & n’emploient leurs forces quedans son mouvement de retraite ; au lieuque la poutre non suspendue ajoute à cepoids la force des hommes , outre qu’il enfaut beaucoup moins pour la ramener.Ceux qui la poussent en avant, & qui latirent en arriéré par le moyen des cor-dages & des poulies, ne tirent pas lapoutre, mais la chaîne des cylindres,où les cordes font attachées aux deuxextrémités.

Explication de la figure qui représentele belier non suspendu -, Planche IIIde VArt militaire 3 armes & machines »

A. Tortue à belier des anci .ns.

B. Belier sortant des deux côtés de latortue qui coule posée sur une chaîne deroulettes.

C. Canal ou auge pratiquée dans lapoutre.

D. Soldats qui fervent le belier & lefont jouer dans la tortue , par le moyende deux cordages E.

F. Cordage attaché au belier & à lapoutre de travers G pour arrêter lehelier 3 & l’empêcher de sortir de son