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pour en calmer les douleurs , & suppli-que en topique fur les yeux, pour endissiper les rougeurs. L’huile dans laquelleon Fa fait bouillir, ou bien l’écorce deFarbre , fe donne à boire aux enfans ,pour guérir les ulcérés & pustules deleur bouche. Le suc de ses feuilles &de ses fruits fe distille dans les yeux pouren diílip'-” les nuages , & cette pelliculequi obscurcit la vue. La fumée , ou lavapeur de la décoction de ses feuilles , fereçoit fur les parties extérieures , pouren appaifer les douleurs. Jean Commelin ,dans fes notes , dit que les Indiens man-gent les feuilles blanches de la fleur dela belilla , auífi fréquemment que nousmangeons la poirée en Europe.
Deuxieme espece. DAUN.
Les Malays , habitans de Batavia , ap-pellent du nom de daun , qui veut direla jeuille par excellence } une secondeespece de belilla , que d’autres Malaysappellent daun p u tri , c’est-à-dire feuillede princesse , folium principijjbe ; c’estfous ce dernier nom que Rumplie en afait graver une très-bonne figure , danspresque tous fes détails , au volume IVde son Herbarium ximboinicum , ch. $6,pag. z n , planche LI. \
Le daun est un arbrisseau un peu plusgrand que la belilla ■> & de même forme ,cependant à cime un peu plus obtuse , &à branches plus ouvertes , plus évasées.Ses feuilles ont un certain rapport aveccelles du chou , quoique molles , laineu-ses , & de mémo forme que celles de labelilla j elles ont sept à neuf pouces delongueur , fur une largeur de moitié moin-dre , & font opposées deux à deux encroix , excepté vers le bout des branches,où elles font alternes , & portées horizon-talement , ou pendantes fur un pédiculeun peu plus long que dans la belilla.
Le panicule de fes fleurs est austi dif-férent : il est ramifié dès son origine, enquatre ou cinq paires de branches oppo-sées , qui portent chacune trois fleursfestiles , de forte que chaque panicule estcomposé de trente fleurs velues par-tout,même au dedans de la corolle, comme
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dans la belilla. Le calice est d’un verd-bleu au dehors, & la corolle est rougeextérieurement, jaune-foncé au dedans ,& partagée au delà du milieu de son pa-villon , en cinq divisions triangulaires ,une fois plus longues que larges, mar-quées chacune de trois ou quatre veines.
L’ovaire qui est fous la fleur, devient,en mûristànt , une baie ovoïde, longued’un pouce , deux fois moins large ,verte , pointillée de tubercules cendrés,qui lui donnent une certaine rudestè , unecertaine âpreté au toucher.
L’une des cinq divisions du calice croîtdans certaines fleurs avec le fruit, &s’e'tend fous la forme d’une feuille blan-che , velue & molle , comme dans labelilla , mais une fois plus petite que lesfeuilles des branches , longue seulementde quatre à cinq pouces, large de trois ,veinée de verd.
Culture. Le daun croît aux iíles Mo-luques, au pié des montagnes , au borddes forêts , le long des rivières.
Qualités. La feuille blanche qui fe formefur les fruits , a une odeur aromatique ,très-agréable, & qui fe fait sentir parti-culièrement le soir, fur-tout après lespluies , dans les jours chauds. Ces feuillesmêmes séparées de leurs fruits , conser-vent pendant plusieurs jours cette bonneodeur , quoiqu’elle s’afFoiblisse peu-à-peu ;il est cependant des temps où cette odeurn’est pas bien sensible, par exemple , dansles jours chauds & secs , & après de lon-gues pluies.
Usages. Les Macastàrs coupent lesbranches chargées de ces feuilles odori-férantes , pour procurer à leurs apparte-mens, une odeur suave qu’elles répandentpendant les trois premiers jours : ils enmettent austi dans leurs armoires, parmileurs vêtemens & leurs linges , pour leurcommuniquer cette odeur. Leurs femmesles emploient austi dans leurs bains pource même effet. Les Macastàrs broient cesfeuilles avec un peu de gingembre , qu’ilsappellent alua padi, & en répandent lesuc dans les yeux de leurs enfans, pourles rendre plus vigilans, plus clair-voyans,plus audacieux & menaçans dans les com-bats, Broyées avec un peu de racine ds