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Tome quatrième.
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Rumphe ne nous en apprend pas davan-tage , mais ces deux caractères peuventabsolument suffire pour la faire regardercomme une autre espece.

Quatrième espece. CARBAU.

Les Malays appellent du nom de carbauou bilak-carbou , une quatrième espece debelou que Rumphe décrit sans aucune figurefous le nom de bilacus taurinus dans sonHerbarium AmboinicUm , volume I , p.2 99- Les Javanois rappellent encore madjaçarbou , c’est-à-dire , madja de vaches ,madja vaccina feu bubalina.

Le carbau forme un arbre moins haut,mais à cime plus large , plus dense , plusramifiée , à branches plus grostès , pluschargées de feuilles que le belou.

Ses feuilles sont plus petites, plus lar-ges , comme entieres , à dentelures , fifines qu’elles sont comme insensibles, lon-gues de deux à quatre pouces, une foismoins larges & flasques. Ces feuilles seplient la nuit avec leur pédicule & pendentappliquées contre les branches comme dansle belou. Après leur chute , il reste fur lesbranches un tubercule greffier , & ellesfont accompagnées de deux épines très-courtes,

Rumphe n’en a point vu les fleurs. Aprèsla chute de ces fleurs , les fruits pendentsolitairement d’un pédoncule épais à court,lis sont sphéroïdes , irréguliers , obliques ,tubéreuses, de la grosseur du limon , pa-peda , ou même un peu plus gros, c’est-à-dire , de trois pouces environ de dia-mètre , verd jaune extérieurement, à écorcemince d’une ligne environ, à chair jaunedouce & sucrée , mais très-pâteuse , con-tenant à son centre quatre ou cinq pépinsécartés les uns des autres , & couvertsde laine blanche comme les graines ducoton.

Culture. Le carbau croît communémentaux illes Xulaíses , fur la côte orientalede l’ifle Célebe , dans quelques endroitsde Manipa & à Java.

Usages. Ses fruits ne se mangent point,parce qu’ils font trop pâteux ; les Malaysemploient seulement l’écorce de son troncgui est gluante , pour donner de la viscosité

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aux pâtes qu’ils composent pour empoison-ner les poissons.

Cinquième espece. GOELA.

Les habitans d’Amboine appellent góelaou le mon goela la cinquième & derniereespece de belou dont Rumphe a fait graverune bonne figure avec presque tous sesdétails , sous le nom de bilacus Amboi-neufs filvefiris , dans son HerbariumAmboinicum , volume J, p. zoo , plan.LXXXII.

Cet arbre a à-peu-près la forme & lagrandeur du carbau , mais ses feuilles sontentieres fans dentelures , semblables à cellesdu manipela , mais plus petites. Ses fleursforment un panicule au nombre de huità neuf, portées chacune fur un pédunculeun peu plus long qu’elles. Son fruit est dela grosseur d’un petit œuf de casoar , c’est-à-dire , ovoïde de quatre pouces de lon-gueur , ridé & tubéreuse , brun de cuir àl’extérieur , épais de trois lignes , d’unechair jaunâtre muqueuse, à odeur forte ,& d’une saveur âcre du raifort, contenantune vingtaine de pépins ovoïdes , de laforme & grandeur de petites amandes.

Culture. Le goela croît à Leytimorefur les bàrds du fleuve Alph.

Usages. Son bois est plein d’une moellefongueuse , comme le sureau , & si fragileque l’on en casse facilement les plus grosrameaux : on n’en fait aucun usage.

Remarques. Le belou a reçu dans l’Indetant de noms doux &: faciles à prononcer,que les gens lettrés verront fans douteavec peine que M. Linné ait voulu leschanger pour leur donner les noms , aumoins singuliers , de cratœva & de mar-melos } d’autant plus que comme l’ona pu voir , on n’a jamais fait aucune especede marmelade avec son fruit.

Une autre erreur de M. Linné , & queles botanistes ne lui passeront pas , c’estd’avoir réuni en 1767 , sons le nom géné-rique de cratceva , trois sortes de pkntesqui font trois genres totalement dissérensdans la famille des câpriers , où nous lesavons placés en 1763, Voye\ nos Famillesdes plantes , volume II, page /j.08.

C M, Adansqn.J

BELOUSES,