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arbres ne portent des épines que fur lesjeunes branches.
Usages. Ses fruits se mangent crudslorsqu’ìls font bien mûrs ; mais il ne fautpas qu’ils aient mûri fur Parbre , car ilsprendraient une saveur & une odeur devinaigre insupportable. Pour leur sauverce défaut , on monte sur l’arbre avec deséchelles, on les cueille un peu avant leurmaturité , & on les conserve ainfi quelque-fois pendant un mois entier avant qu’ilssoient en état d’être mangés. Les Européensne les aiment pas autant que les Indiens , àcause de leur fade douceur & de leur forteodeur ; ils corrigent ces deux défauts enles faisant rôtir sur les cendres chaudes quifont sortir par les pores de leur écorce lagomme qui leur procure cette qualité. Enmangeant ce fruit, il faut sucer doucementla chair qui enveloppe ses pépins, & avoirattention de ne les pas écraser íous la dent,parce qu’ils font auíïï amers que ceux dulanfa. Les Indiens font souvent confire cesjeunes fruits au sucre & au vinaigre, & lesvont vendre au marché : les MacaíTars,habitans de Surate , en font des présens àleur roi.
Ses feuilles encore jeunes se mangentcomme d’autres verdures.
La décoction de ses racines & de Pécorcedans Peau commune , se donne dans lesdéfaillances , les palpitations de cœur & lamélancolie hypocondriaque. De cette mêmeécorce pulvérisée & unie au miel, on pré-pare un électuaire qui , pris le marin , aideà la digestion & à la fermentation des ali-mens dans le ventricule , & dissipe la mi-graine & les vertiges. La décoction de sesfeuilles fe boit dans Pasthme. Les feuillespilées avec un peu de riz & de curcuma ,forment une efpece d’onguent dont onfrotte le corps pour dissiper les démangeai-sons opiniâtres. De ses fleurs on distilleune eau cordiale & alexipharmaque. Sonfruit cueilli un peu avant fa maturité , fsmange crud ou rôti pour arrêter la diarrhée& la dyflenterie. Le soc de ce même fruitmûr fe donne pour guérir les aphtes & lesinflammations de la bouche. Rumphe dit,d’après le rapport de quelques Chinois ,qu’à Java on tire du belou une efpece d’o-pium peu différent du vrai par la substance,
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Podeur & la saveur ; pour le composer ilsprennent des feuilles & des fruits demi-múrs des deux premieres efpeces de belou rles pilent ensemble & en expriment le socqu’ils sont cuire jusqu’à la consistance del’opium; cet opium se vend à Java une sois
moins que le vrai opium.
Les Macasiàrs font, de Pécorce de cefruit , des bottes pour mettre la chaux quise mange avec le betel.
Deuxième efpece. BlLAK.
La seconde efpece de belou s’appellesimplement bilak à Baleya ou bilak-kitsjil,c’est-à-dire bilak petit ; ou à petit fruit.Rumphe en a donné la figure fous le nom.de bilacus minimus , au volume I de sonHerbarìum Amboinicum , p. iÇ)J ? plane.LXXXI, fig. C.
II diffère du belou en ce qu’il formaun arbre plus petit, haut de 15 à 20 piés ,à écorce cendrée , à feuilles longues dadeux à trois pouces feulement, moins den-tées , à épis de trois fleurs seulement, à fruitsphéroïde un peu alongé & plus étroitvers la queue, d’un pouce & demi à deuxpouces au plus de diamètre , â écorcejaunâtre mêlée de cendré , à chair doucemêlée d’une âcreté vineuse , à odeur defleurs du pandang ou du lys , & plusagréable à manger crud que le belou ,quoiqu’on ne le mange guere crud nonplus que lui.
II croît particulièrement dans la partieorientale de Pille de Java , mais en petitequantité : il est plus commun aux ifles deBaleya , Bima & dans les deux Célebes.
Troisième efpece. Madja.
Le madja ou maja des Javanoís, dontRumphe a rait graver le fruit à la plancheLXXXI de son Heibarium Amboinicum,fig. B , sous le nom de madja pijsang , quiveu<- dire madja ou belou bananier à causede la forme de son fruit qui est ovoïde ,alongé comme celui du bananier , ayantI trois pouces de longueur , & une fois moinsde largeur , diffère des précédens , non! seulement par cette particularité , mais1 encore parce qu’elle n’est point mangeable.