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c’est lc nom qu’on a donné à quelques pie- !ces de poésie & de musique d’un goûtchampêtre.
Avant qu’on eût en France Fidée de îabonne comédie , on donnoit au théâtre ,fous le nom de paftorales, des romanscompliqués , insipides & froids , & pen-dant quarante ans , on ne fit que traduirefur la scene en méchans vers la fade proiede Durfé. Racan , à l’exemple de Hardi,composa un de ces drames , lequel d’abordeut pour titre Artenice, & qui depuis aété. connu fous le nom des bergeries deRacan. L’intrigue de ce poème , chargéed’incidens & dénuée de vraisemblance ,réunit tous les moyens de produire le pa-thétique , & annonce les situations de latragédie la plus terrible ; avec tout celarien n’est plus froid. Ce font les mœurs desbergers que Racan a voulu y peindre , &on y voir des noirceurs dignes de la courla plus rafinée & la plus corrompue ; unamant qui , pour rendre son rival odieux ,fe rend plus odieux lui même ; un devinfourbe & scélérat pour le plaisir de Fêtre ;un druide fanatique & impitoyable : en unmot rien de plus tragique, & rien de moinsintéressant. Cependant, à la faveur d’unpeu d'élégance , mérite rare dans ce temps-là , & que Racan devoir aux leçons deMalherbe , ce poème eut le plus grand suc-cès , & fit la gloire de son auteur.
Les bergeries , ou pastorales , peuventêtre intéressantes, mais par d’autres moyens.Ces moyens font dans la nature : par-toutoù il y a des peres , des meres, des enfans ,des amis , des amans, des époux , exposésaux accidens de la vie , aux dangers , auxinquiétudes , aux malheurs attachés à leurcondition , leur sensibilité peut être miseaux épreuves de la crainte & de la douleur.Ainsi le genre pastoral peut être touchant ;mais il fera lisiblement comique, parce quele comique porte fur le ridicule & fur lestravers de la vanité , & que ce n’est paschez les bergers que la vanité domine. Leurignorance même & leur sottise n’a rien debien risible , parce qu’elle est naturelle &naïve , & qu’elle n’est point en contrasteavec de fausses prétentions. II est donc pos-sible , comme on l’a dit dans \ article PAS-TORALE , que les bergers aient des tragé-
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dies dans leur genre ; mais non pas qrfiîsaient des comédies ; & les bergeries deRacan , que l’on donne pour exemple dela comédie pastorale , ne font rien moins,comme on vient de le voir. Le pastoralqui n’est point pathétique , ne se peut sou-tenir qu’autant qu’íl est gracieux & riant,ou d’une aménité touchante ; mais fa foi-blesse alors ne comporte pas une longueaction : l 'Aminte & le Pafior fido, oùtoutes les grâces de la poésie & son colorisle plus brillant font employés , prouventeux-mêmes que ce genre n’est pas astèzthéâtral pour occuper long-temps la scene :il manque de chaleur, & la chaleur est l’amede la poésie dramatique. Les Italiens dansla pastorale ont employé les chœurs à lamaniéré des anciens ; & c’est là qu’ils fontnaturellement placés , par la raison quedans les assemblées , les jeux , les fêtes desbergers, le chant fut toujours en usage , &qu’il y vient comme de lui-même. Le chœurdu premier acte de l’Aminte,
O bella età de l’oro !
est un modele dans ce genre. Vojei Eglo-GUE. (M. Marmontel.J
BERGERONETTE, f. f. motacillafiat'a (Hijl. nat. Ornith. ) Cet oiseau estde la grosseur & de la figure de la lavan-dière ; il pese 5 gros ; il a environ 6 poucesde longueur , depuis la pointe du bec juf-qu’à l’extrêmité de la queue. Le destòus ducorps de cet oiseau est de couleur jaune ;le dessus est d’un verd obscur , à Fex-ception du milieu du dos qui est noirâtre.Le sommet de la tête est d’un verd jaunâtre.II y a au dessus des yeux une ligne jaune quis’étend jusques derriere la tête. La queuea environ deux pouces & demi de longueur;elle est composée de douze plumes, les deuxdu milieu font plus pointues que les autres ;l’extérieure de chaque côté est blanche furla moitié de fa longueur & plus ; les autresfont noires , elles font toutes d’égale lon-gueur. Les ailes ressemblent à celles de lalavandière pour la forme. 11 y a dix-huitgrandes plumes dans chacune ; la seizièmeest plus longue que celles qui font auprès,& son bord est blanchâtre. La pointe despetites plumes du milieu est d’un verdblanchâtre ; le reste des ailes est brun. Le