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soi ; alors la bête seroit proportionnée aunombre de jetons fixé.
On volt que dans les onze jetons dontnous venons de parler plus haut, nous necomprenons pas celui qui est destiné pourle roi de triomphe , qu’il laisseroit cepen-dant , si faisant jouer il perdoit le coup :mais quand le roi les tire , chaque joueuren met de nouveaux pour le coup suivant.Toute bête simple doit aller sur le coupoù elle a été faite ; & s’il y en avoit plu-sieurs simples faites d’un même coup, ellesiraient toutes ensemble. Mais les bêtesdoubles doivent aller les unes après lesautres dans les coups suivans , & toujoursles plus groílbs les premieres.
Lorfqu’il y a une bête fur le jeu , lesautres joueurs ne mettent point de jetons ,excepté celui qui mêle , qui donne le sienà l’ordinaire. Celui qui gagne lorqu’ii y aune bête double au jeu , leve outre la bêteune fiche , & tous les jetons qui font aujeu ; & fait la bête proportionnellement augain , lorfqu’il perd. Quand nous avons ditque pour gagner il falloit au moins faireles deux premieres mains , c’est bien en-tendu qu’aucun des joueurs n’en fait trois ;puifqu’alors on perd comme si on les eûtfaites le dernier.
11 arrive assez souvent dans ce jeu que deuxjoueurs fe disputent le gain du coup , parceque celui qui a fait jouer d’abord , n’em-pêche point de jouer austì quiconque fetrouve un astèz beau jeu pour l’emporterfur lui & fur tous les joueurs qui fe liguentcontre lui en faveur du premier joueur ;parce que le second risque de perdre ledouble de ce qui est au jeu : ce qui faitvci: qu’on ne dit point contre , sans untrès-beau jeu. On n’ert plus reçu à le dire ,quand une fois la premiere carte est jetée.Toute l’habileté des joueurs consiste àforcer celui qui fait jouer à surcouper,ou à fe défaire de leurs bonnes cartesà propos , pour donner plus de forceà ceux qui font en état de le faire perdre ;ce qui cependant n’est de loi que dans lecas où il n’y a point de vole à craindre.On doit au contraire garder tout ce quipeut Pempêcher , lorfqu’on en est menacé.On doit encore fournir de la couleur jouée ;couper si l’on n’en a point ; & si quelqu’au-
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tre avoit déja coupé , il faudrait le faired’une triomphe plus haute que la premiere,si 1 on pouvoit.
Lorsque tous les joueurs ont vu leur jeu& pastè , chacun peut aller en curieuse ,en mettant un jeton au jeu. V. CURIEUSE& Aller en curieuse. La curieuse estégalement avantageuse pour tous lesjoueurs , & n’est pas un moindre agrémentdu jeu de bête : mais on doit fe contenterd’en avoir une. Nous avons déja dit, quecelui qui avoit le roi de triomphe retiraitles jetons qui lui font destinés ; celui quiretourne ce roi a le même privilège , pourvutoutefois, en l’un & l'autre cas , que lejeu fe joue : celui qui fait la dévoie , doubletout ce qui est au jeu ; fait autant de bêtesqu’il auroit pu en gagner, & donne un. jetonà chaque joueur.
Pour faire jouer au jeu , il faut avoiren main un jeu dont on puisie faire troismains , ou deux tout au moins, que l’ondoit fe hâter de faire le premier pour gagner.L expérience apprendra bientôt quels fontles jeux qu’on peut jouer.
Celui qui renonce fait la bête ; celui quidonne mal en est quitte pour un jeton àchacun , & refait : lorsque le jeu de cartesest taux , le coup où il est trouvé tel estnul , mais les précédens font bons.
BÊTE Ç au jeu de J , La bête désigne laperte que fait un joueur qui ne fait pastrois mains ou les deux premieres, quandun autre joueur en fait trois.
BÊTE fimple ; c’est une bête faite enpremier lieu , simplement fur l’enjeu dechaque joueur.
BÊTE double , fe dit d’une bête faitefur une autre bête , non seulement de l’en-jeu de chaque joueur, mais encore de labête qui étoit au jeu, & qu’on fe propofoitde tirer.
BÊTE de renonce ; c’est le double paie-ment qu’on est obligé de faire de tout cequi s’enleve du jeu dans un coup ordinaire,pour n avoir pas fourni de la couleur qu’ondemandoit.
* BETEL , betela - codi , Hort. Malab.BETRE ou TEMBOUL ; plante quigrimpe & qui rampe comme le lierre. Sesfeuilles font assez semblables à celles d,ucitronnier , quoique plus longues Hc plus»