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Tome cinquième.
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* BÍBLIO , ( Geog. ) ville & châteaude Portugal, à peu de distance de Bra-gance.

BIBLIOGRAPHE, s. m. ce mot vientdu grec, & signifie une personne verseedans la coimoiííance 6c le déchiffrement desanciens manuscrits sor l’écorce des arbres,fur le papier, & fur le parchemin. Scaliger,Saumaife, Casaubon, Sirmond, Petau, &Mabillon, étoient habiles dans cette fortede science, à laquelle on donne le nom debibliographie.

* BIBLIOGRAPHIE , f. f. ( Littérature )M. Debure, Libraire de Paris, habile dansla connoissance du mérite & du prix deslivres, par rapport auxéditions, additions,corrections, anecdotes, &c. a publié uneBibliographie infini clive , ou Traité des li-vres rares &Jïnguliers, en 7 vol. in- 8°. 1773& suiv. ouvrage qui remplit bien le but deFauteur, quoiqu’il s’y soit glissé des méprises.considérables.

BIBLIOMANE , f. m. ç’est un hommepossédé de la fureur des livres. Ce caractèreoriginal n’a pas échappé à la Bruyere. Voicide quelle maniéré il le peint dans le chap.xiij. de son livre des Caractères , où il passeen revue bien d’autres originaux. II feint defe trouver avec un de ces hommes qui ontla manie des livres ; & fur ce qu’il lui a faitcomprendre qu’il a une bibliothèque, notreauteur témoigne quelque envie de la voir.„ Je vais trouver, ditril, cet homme, qui„ me reqoit dans une maison , où dès l’es-,, calier je tombe en foiblesse d’nne odeurde marroquin nojr dont ses livres sonttous couverts. II a beau me crier auxoreilles, pour me ranimer, qu’ils font„ dorés fur tranche , ornés de filets d’or ,& de la bonne édition ; me nommer les„ meilleurs l’un après l’autre ; dire que fa, galerie est remplie à quelques endroitsprès, qui font peints de maniéré, qu’onles prend pour de vrais livres arrangés fur

,, des tablettes, & que l’œil s'y trompe;

ajouter qu’il ne lit jamais, qu il ne metw pas le pié dans cette galerie; qu’il y„ viendra pour me faire plaisir : je le re-,, mcrcie de s a complaisance, & neveux,9 > n01ì là que lui, visiter fa tannerie, qu’ilappelle bibliothèque „. Un bibliomanen’est donc pas un homme qui fe procure des,

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; livres pour s’instruire : il est bien éloignéd’une telle pensée , lui qui ne les lit pasfeulement. II a des livres pour les avoir,pour en repaître fa vue ; toute fa science soborne à connoître s’ils font de la bonneédition, s’ils font bien reliés : pour leschoses qu’ils contiennent, c est un mystèreauquel il ne prétend pas être initié ; celaest bon pour ceux qui auront du temps àperdre. Cette possession qu’on appelle bì-bliornanie , est souvent auffi dispendieuseque l’ambition St la volupté. Tel hommen’a de bien que pour vivre dans une honnêtemédiocrité, qui fe refusera le simple néces-saire pour satisfaire cette passion.

BIBLIOMANIE, f. f. fureur d’avoir deslivres, àc d’en ramasser.

AI. Defcartes difoit que la lecture étoitune conversation qu’on avoit avec les grandshommes des siécles passés, mais une con-versation choisie, dans laquelle ils ne nousdécouvrent que les meilleures de leurs pen-sées. Cela peut être vrai des grands hommes'.mais comme les grands hommes sont enpetit nombre,on auroittortd’étendrecettemaxime à toutes sortes de livres 6c à toutessortes de lectures. Tant de gens médiocres& tant de sots même ont écrit, que l’onpeut en général regarder une grande collec-tion de livres, dans quelque genre que cesoit, comme un recueil de mémoires pourservir à l’histoire de l’aveuglement & de lafolie des hommes ; & on pourroit mettreau dessus de toutes les grandes bibliothè-ques , cette inscription philosophique : Lespetites maisons de L esprit humain.

II s’en fuit delà que l’amout des livres,quand il ssest pas guidé par la Philosophie& par un esprit éclairé, est une des passionsles plus ridicules. Ce seroit à peu-près lafolie d’»m homme qui entasseroit cinq ou sixdiamans fous un monceau de cailloux.

L’amour des livres n’est estimable quedans deux cas; I 4 ’. sorsqu’on fait les estimerce qu’ils valent, qu on les lit en philosophe,pour profiter de ce qu’il peut y avoir debon, & rire de ce qu’ils çontiennent demauvais; 2'A lorsqu on les poffede pour lesautres autant que pour soi, & qu’on leur enfait part avec plaisir & iàns réserve. Onpeut , fur ces deux points, proposer M.Falconet pour models à tous ceux qui

possedent