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Tome cinquième.
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possèdent des bibliothèques ou qui en pos-séderont à l’avenir.

J’ai oui dire à un des plus beaux espritsdecesiecle, qu’il étoit parvenu à se faire ,par un moyen assez singulier, une bibliothè-que très-choisie, assez nombreuse , & quipourtant n'occupé pas beaucoup de place.o>u achete, par exemple, un ouvrage endouze volumes, où il n’y ait que six pagesqui méritent d’être lues, il sépare ces sixpages du reste, &t jette l’ouvrage au feu.Cette maniéré de former une bibliothèqueaccommoderoit assez.

La passion d’avoir des livres est quelque-fois pouílée jusqu’à une avarice très-íordide.i ai connu un fou qui avoit conçu uneextrême passion pour tous les livres d’Astro-nomie, quoiqu’il ne sût pas un mot de cettefcience ; il les achetoit à un prix exorbitant ,ex les renfermoit proprement dans une cas-* et I e ,^ arîs ^ es regarder. II ne les eût pasPrêté ni même laissé voir à M. Halley ou àM. Monnier, s’ils en eussent eu besoin. Unautre faisoit relier les siens très-proprement ;ot de peur de les gâter, il les empruntoit àd autres quand il en avoit besoin , quoiqu’iles eut dans fa bibliothèque. II avoit mis fura porte de sa bibliothèque, res advendentes :aulh ne prêtoit-il de livres à personne,

Ln général, la bibliomanie , à quelques

P r ^ s > comme la passion desableaux, des curiosités, des maisons; ceuxqui es posledent n’en jouissent gueres. Ainsiwn philosophe en entrant dans une biblio-

îivrls' e nusí > ^ r0,t r d ‘ re de P^lqiie tous leslivres qu il y vott, ce qu’un philosophe di-

Joit autrefois en entrant dans une maison

tort ornee, quam multis non indigeo , que

de choses dont je n’ai que faire ! ( O )

* BIBLIOTHECAIRE, f. m. celui qui

«st préposé à la garde, au loin, au bon or-

kr 6 ’i a Accroissement des livres d’une bi- ,

iotheque. Il y a peu de fonctions littéraires j

qui demandent autant de talens. Celle de {

Mliothecaire d’une grande bibliothèque ,

suon«s PS î r exem P le > que celle du Roi,

ciSnS fc connotssance des langues an-

éditions ^"lodemes, celle des livres, des

toire des’fi t í: toutce qui a «pportàlssiis-

brairie,&l’Art tvnn C ° m u 1erCe de la Ll *BI 3 LlOTHEQUEf a s phl f que '

Tome V, ’ * * c

ce nom est

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formé de livre, £x dc í»is»i > theca , repo-Jïtorium ; ce dernier mot vient de r/Av-i,pono , & fe dit de tout ce qui sert à serrerquelque chose. Ainsi bibliothèque, Ion lesens littéral de ce mot, signifie un lieudestiné pour y mettre des livres. \Jnsbiblio~ehequeeìi un lieu plus ou moins vaste, avecdes tablettes ou des armoires où les liv essont rangés sous différentes classes : nousparlerons de cet ordre à Yarticle Cata-logue.

Outre ce premier sens littéral, on donneaussi le nom de bibliothèque à la collectionmême des livres. Quelques auteurs ontdonné, par extension & par métaphore, lenom d e bibliothèque à certains recueils qu’ilsont faits, 011 à certaines compilations d’ou-vrages. Telles sont la bibliothèque rabbini-que, la bibliothèque des auteurs ecclésiasti-ques , bibliotheca patrum , &c.

C’est en ce dernier sens que les auteursecclésiastiques ont donné par excellence lenom de bibliothèque au recueil des livresinspirés, que nous appelions encore aujour-d’hui la bible, c’est-à-dire, le livre parexcellence. En effet, selon le sentiment descritiques les plus judicieux, il n’y avoit pointde livres avant le temps de Moyse, & lesHébreux ne purent avoir de bibliothèquequ’aprèssa mort : pour lors ses écrits furentrecueillis & conservés avec beaucoup d’at-tention. Par la fuite on y ajouta plusieursautres ouvrages.

On peut distinguer les livres des Hé-breux, en livres sacrés, &c livres pro-fanes : le seul objet des premiers étoit lareligion; les derniers traitoient de la phi-losophie naturelle , & des connoissancesciviles ou politiques.

Les livres sacrés étoient conservés, 011dans des endroits publics, ou dans des lieuxparticuliers : par endroits publics, il fautentendre toutes les synagogues, &c princi-palement le temple de Jérusalem, où Iongardoit avec un respect infini les tables depierre fur lesquelles Dieu avoit écrit ses dixcommandemens, & qu’il ordonna aMoysede déposer dans l’arche d’alliance.

Outre les tables de la soi, les livres deMoyse & ceux des prophètes furent con-servés dans la partie la plus secrète du sanc-tuaire j où il n etoit permis à personne de