Band 
Tome cinquième.
Seite
19
JPEG-Download
 

DIZ

leurs docteurs particuliers ou rabbins ont'écrit prodigieusement, & comme l’on fait,un amas de rêveries & de contes ridicules :mais dans les pays où ils sont tolérés, &ou ils ont des synagogues, on ne volt pointdans ces lieux d’assemblées, d’autres livresque ceux de la loi : le talmud & les para-phrases, non plus que les recueils de tra-ditions rabbiniques , ne forment point deCorps de bibliothèque.

Les Chaldéens & les Egyptiens étant lesp’us proches voisins de la Judée , furentprobablement les premiers que les Juifs inf-tru.sirent de leurs sciences ; à ceux-là nousjoindrons les Phéniciens & les Arabes.

, L est certain que les sciences furent por-tées à une grande perfection par toutes cesnations, ík lut-tout par les Egyptiens, quequelques auteurs regardent comme la na-tion la plus savante du monde, tant dansla théologie païenne que dans la physique.

11 est donc probable que leur grandamour pour les Lettres avoit produit deíavans ouvrages ík de nombreuses collec-tions de livres,

Les auteurs ne parlent point des biblio-thèques de la Chaklée ; tout ce qu’on enpeut dire , c’est qu’il y avoit dans ce paydes íavans en plusieurs genres , & fur-tOï< ;dans 1 Astronomie, comme il par où par uneuiîe d observations de 1900 ans que Ca-mtnenes envoya à Aristote après la prise de

3 ?yione par Alexandre. P oyez ASTRO-NOMIE. J 1

Eusehe, de prœp. evaugcL dit que lesPhéniciens etoient tres-curieux dans leur'collections de livres, mais que les biblio-thèques les plus nombreuses & les mienschoisies étoient celles des Egyptiens, qu :surpassaient toutes les autres nations en bi-bliothèques aussi bien qu’en savoir.

Selon Diodore de Sicile , le premier quonda une uibliotheque en Egypte , fut Osyniandias, successeur de Prothée ík con-temporain de Priam , roi de Troie. Pierimcnt q U e ce ponce aimoit tant l’étude, qu’il fiides fì-Lf 12 U ! le bibliothèque magnifique ornéefur se ^ àx de l’Egypte, Le

CCS mots : il Tr U^ , lac I uelie d ht écriremais ni Diodorede J s .^ m ^ es Parue:tnripnc np Hispnt ;>lCile m ses autres hiftonens ne disent nen du nombre de va

B I fí ip

ium.es qu'elle contenoit ; autant qu’on enpeut juger, elle ne pouvoir pas être fort nom-breuse , vu le peu de livres qui existoientpour lors , qui étoient tous écrits par lesprêtres ; car pour ceux de leurs deux mer-cures qu’on regardoit comme des ouvragesdivins, on ne les connoît que de nom, & •ceux de Manethon sont bien postérieursau temps dont nous parlons. 11 y avoit unetrès-belie bibliothèque à Memphis, aujour-d’hui le Grand Caire, qui étoit déposée dans; ìe temple de Vulcain: c’est de cette biblio-thèque que Naucrates accuse HGmere d’a-: voir volé l’Iliade ík l’Odistée, & de les avoir| ensuite donnés comme ses propres pro-! ductions.

Mais la plus grande & la plus magnifique[bibliothèque de l’Egvpte ,& peut-être du1 monde entier, éíoit celle des Ptoiomées àAlexandrie ; elle fut commencée par Pto-iornée Soter , ík composée par îes soins deDemetrius de Phalere, qui fit rechercherà grands frais des livres chez toutes les na-: rions , &en forma , selon S. Epiphane, unecollection de 54800 volumes. Joseph ditqu’ii y en avoit xoo mille , & que Deme-rius espéroit en avoir dans peu 500 mille ;cependant Eusehe assure qu’à la mort der'hiladelphe , successeur de Soter, cette bi-bliothèque n’étoit composée que de 100 millevolumes. U est vrai que fous ses successeurselle s'augmenta par degrés, & qu’ensin ony compta jufqu’à 700 mille volumes : maispar le terme de volumes , il faut entendredes rouleaux beaucoup moins chargés que nesont nos volumes.

II acheta de Nelée à des prix exorbitans ,une partie des ouvrages d’Aristoíe, & ungrand nombre d’autres volumes qu’il sir cher-cher à Rome & à Athènes, en Perse, enEthiopie.

Un des plus précieux morceaux de fa bi-bliothèque étoit l'Ecriture íàínte, qu’ií 6t dé-poser dans le principal appartement, âpresi’avoir fait traduire en grec par les soixante& douze interprétés, que le grand prêtreEîéazar avoit envoyés pour cet effet à Pto-lomée, qui les avoit fait demander par Arif-tée , homme très-favant, ík capitaine deses gardes Voye1 Septante,

Un de ses successeurs , nommé PtolotnéePUscon , prince d’aiileurs cruel, ne té-

C r