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Tome cinquième.
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les lire, ni d’y toucher; le giand prêtreseul avoit droit d’entrer dans ce lieu sacré ,& cela seulement une fois par an ; ainsi ceslivres sacrés furent à l’abri des corruptionsdes interprétations, auffi étoient-ils dansla fuite la pierre de touche de tous les au-tres, comme Moyse le prédit au xxxijchapitre du Deutéronome , où il ordonnaaux Lévites de placer ses livres au dedansde l’arche.

Quelques auteurs croient que Moyfe étantprêt à mourir, ordonna qu’on fit douzecopies de la loi, qu’il distribua aux douzetribus : mais Maimonides assure qu’il en fitfaire treize copies, c’est-à-dire douze pourles douze tribus , & une pour les Lévites,&; qu’il leur dit à tous, en les leur donnant,recevt\ le livre de la loi que Dieu lui-mêmencus a dorme. Les interprètes ne sont pasd’accord si ce volume sacré fut déposé dansl’arche avec les tables de pierre, ou biendans un petit cabinet séparé.

Quoi qu’il en soit, Josué écrivit un livrequ’il ajouta ensuite à ceux de Moyfe. JosuéXIV. Tous les prophètes firent auffi descopies de leurs sermons & de leurs exhor-tations , comme on peut !e voir au chapitrexv de Jérémie, & dans plusieurs autres en-droits de l’Ecriture : ces sermons & cesexhortations furenrconfervés dans le templepour l’instruction de la postérité.

Tous ces ouvrages composoient une bi-bliothèque plus estimable par fa valeur in-trinsèque, que par le nombre des volumes.

Voilà tout ce qu’on fait de la bibliothèquesacrée qu’on gardoit dans le temple : maisil faut remarquer qu’après le retour desJuifs de la captivité de Babylone, Néemierassembla les livres de Moyfe, & ceux desRois & des Prophètes, dont il forma unebibliothèque ; il fut aidé dans cette entre-prise par Efdras, qui, au sentiment de queloues-uns, rétablit le Pentateuque , & ton-

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tes 'es anciennes écritures saintes qui avoientété dispersées lorsque les Babyloniens pri-rent Jérusalem, & brûlèrent le temple avecla bibliothèque qui y étoit renrermee maisc’est fur quoi les fa vans ne sont pas d accord.En effet , c’est un point trcs-difhcile àdécider.

Quelques auteurs prétendent que cettebibliothèque fut de nouveau rétablie par

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Judas Macchabée, parce que îa plus grandepartie en avoit été brûlée par Antiochus,comme on lit chap. j du premier Uvre desMacchabées. Quand même on conviendrottqu’elle eût subsisté jufqu’à la destruction dusecond temple, on ne sauroit cependant dé-terminer le lieu où elle étoit déposée : maisil est probable qu’elle eut le même sort quela ville. Car quoique Rabbi Benjamin af-firme que le tombeau du prophète Ezéchielavec la bibliothèque du premier Sc du se-cond temple, se voyoient encore de sontemps dans un lieu situé fur les bords del’Euphrate : cependant Manafsès de Gro-ningue, & plusieurs autres personnes, donton ne sauroit révoquer en doute le témoi-gnage , qui ont fait exprès le voyage deMésopotamie, assurent qu’il ne reste aucunvestige de ce que prétend avoir vu RabbiBenjamin , & que dans tout le pays, il n’ya ni tombeau ni bibliothèque hébraïque.

Outre la grande bibliothèque , qui étoitconservée religieusement dans le temple , ily en avoit encore une dans chaque syna-gogue. Acles des apôtres , xv. Luc iv. 16.17. Les auteurs conviennent presque unani-mement, que l’académie de Jérusalem étoitcomposée de quatre cents cinquante syna-gogues ou colleges, dont chacune avoit fabibliothèque . où l’on alloit publiquementlire les écritures saintes.

Après ces bibliothèques publiques quiétoient dans le temple & dans les synago-gues , il y avoit encore des bibliothèquessacrées particulières. Chaque Juif en avoitune, puifqu’ils étoient tous obligés d’avoirles livres qui regardoient leur religion , 6 cmême de transcrire chacun de íà propremain une copie de la loi.

On voyoit encore des bibliothèques dansles célébrés universités ou écoles des Juifs.Ils avoient auffi plusieurs villes fameuses parles sciences qu’on y cultivoit,» entr’autrescelle que Josué nomme laville des Lettres ,

& qu’on croit avoir été Cariatsepher, situéesur les confins de la tribu de Juda. Dans lafuite celle de Tibériade ne fut pas moins fa-meuse par son école; Sc il est probable queces sortes d’académies n’étorent point dé-pourvues de bibliothèques.

Depuis l’entiere dispersion des Juifs à laruine de Jérusalem & du temple par Tire,