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Il y a une bibliothèque à Damas, oùFrançois Rofa cle Ravenne trouva la phi-losophie mystique d’Aristote en arabe,qu’il publia dans la fuite.
On a vu, par ce que nous avons deja dit,que la bibliothèque des empereurs grecs n’apoint été conservée, & que celle des sultansest très-peu de chose; ainsi ce qu on trouveà cet égard dans Baudier & d autres auteursqui en racontent des merveilles, ne doit pointprévaloir fur le récit simple & sincere qu’ontfait fur le même sujet les favans judicieuxqu’on avoit envoyés à Constantinople, pourtenter s’il ne feroit pas possible de recueillirquelques lambeaux de ces précieuses biblio-thèques -, D’ailleurs, le mépris que les Turcsen général ont toujours témoigné pour lessciences des Européens, prouve assez le peude cas qu’ils feroient des autres grecs &latins; mais s’ils les avoient eus en leur pos-session, on ne voit pas pourquoi ilsauroientrefusé de les communiquer à la réquisition
du premier prince de l’Europe.
II y avoit anciennement une très-belle jbibliothèque dans la ville d’Ardwil en Perse, íoù résidèrent les Mages, au rapport d’O- jléarius dans son itinéraire. La Boulaye leGoux dit que les habitans de Sabea ne fescrvent que de trois livres , qui font le livred’Adam, celui du Divan, ôtl’Alcoran. Unécrivain jésuite assure aussi avoir vu une bi-bliothèque superbe à Alger.
L’ígnorance des Turcs n’est pas plusgrande que n’est aujourd’hui celle des chré-tiens grecs, qui ont oublié jufqu’à la languecle leurs peres, l’ancien grec. Leurs évêquesleur défendent la lecture des auteurs païens,comme si c’étoit un crime d’être savant; desorte que toute leur étude est bornée à lalecture des actes des sept synodes delaGrece,& des œuvres de S. Bafyle,de S. Chrysos-tôme, & de S. Jean de Dqmas. Ils ont ce-pendant nombre de bibliothèques , mais quine contiennent que des manuscrits , l’irn-preísion n’étant point en usage chez eux. Ilsont une bibliothèque sur le mont Athos , &plusieurs autres où il y a quantité de ma-nuscrits, mais très-peu de livres imprimés.Ceux qui voudront savoir quels scnt les ma-nuscrits qu’on a apportés de chez les Grecsen France, en Italie &t en Allemagne, &ceux qui restent encore à Constantinople
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entre les mains des particuliers, & dans Pistede Pathinos &c les autres isles de l’Archipel,dans le monastère de Saint Basile à Cassa ,anciennement Théodosia , dans la TartarieCrimée , & dans les autres états du grandTurc , peuvent s'instruire à fond dans l’ex-cellent traité du P. Poffevin , intitulé : Ap-paratussacer ; & dans la relation du voyageque fit M. l’abbéSevin à Constantinople eni 1719 : elle est insérée dans les mémoires deI V académie des B elles-Lettres , tome VII.
Le grand nombre des bibliothèques , tant: publiques que particulières, qui font aujour-d’hui un des principaux orneinens de l’Eu-j rope, nous entraîneroit dans un détail que| ne nous permettent pas les bornes que nousj nous sommes prescrites dans cet ouvrage,j Nous nous contenterons donc d’indiquer lesí plus considérables , soit par la quantité, soitj par le choix des livres qui les composent,t De ce nombre sont à Copenhague lai bibliothèque de l’umversité , & celle qu’ya fondé Henri Rantzau, gentilhommeDanois.
Celle que Christine , reine de Suede ,fonda à Stockolm, dans laquelle on voit,entr’autres curiosités, une des premières co-pies de l’Alcoran : quelques-uns veulentmême que ce soit l’original qu’un des sul-tans Turcs ait envoyé à l’empereur des Ro-mains ; mais. cela ne paroît guere probable.
. La Pologne ne manque pas de biblio-thèques ; il y en a deux très-considérables;l’une à Vilna , fondée par plusieurs rois dePologne, scion Cromer ík Bozuis, & Tau-; tre à Cracovie.
Quant à la Russie, il est certain qu’àl’exception de quelques traités fur la reli-gion en langue esclavonne, il n’y avoit au-cun livre de sciences,& même presque passombre de littérature avant le Czar Pierre I,qui au milieu des armes faisoit fleurir lesArts & les Sciences, fonda plusieursacadémies en différentes parties de sonempire. Ce grand prince sit un fonds trés-considérable pour la bibliothèque de sonacadémie de Pétersbourg , qui est très-fournie de livres dans toutes sortes desciences.
La bibliothèque royale de Petershof estune des plus belles de l’Europe, & le cabi-net de bijoux ÔC de curiosités est inestimable