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Tome cinquième.
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faussement que cette sécrétion n’étoít pas lafeule fonction à quoi un viscère auílì con-sidérable que le foie, fût destiné. Le doc-teur Keil observe que dans un chien, dontle canal cholédoque étoit presque aussi grosque celui de l’homme, il se filtra environdeux dragmes de bile par heure : ainsi il està croire que dans un homme il s’en doitséparer une plus grande quantité.

II se trouve de la bile. dans tous les ani-maux , même dans les pigeons, &c. quin’ont point de vésicule du fiel ; puisque leurfoie est toujours très-amer. M. Tauvry re-marque que la bile devient une des causesprincipales de la soif, en se mêlant avec lasalive. Voye\ Soif.

Quelquefois la bile devient verdâtre, dejaune qu’elle étoit ; quelquefois de couleurde verd-de-gris pâle, semblable au jauned'oeuf, 8c cela sans aucune autre cause ap-parente, qu’une émotion, une convulsion,ou un mouvement violent des esprits. Cesémotions causent de grandes maladies,comme le vomissement , le dégoût , lamélancolie, les soupirs , les cardialgies ;des vents , la diarrhée, la dyssenterie , lesmaladies aiguës , 8c des fievres très-dange-reuses. Quelquefois la bile devient noire,Sc alors elle prend le nom de ckoler , 8c ellea le goût d’un vinaigre très-acide ; quelque-fois elle ressemble à du sang pourri, quicorrode , brûle , détruit, dissout, occa-sionne des inflammations, des gangrenés,des mortifications, des douleurs vives , 8cdes fermentations violentes. Boerhaavedistingue trois sortes de bile noire : lavoiri°. la plus douce, provenant d’un mouve-ment trop violent du sang, d’où elle prendson nom à’adujle , ou bile brûlée. La se-conde est dans un degré d’altération plusgrand que la premiere, 8c vient des mêmescauses qui agissent avec plus de force. Lav troisième est une bile corrompue Sc brûlée,qui si elle devient de couleur verdâtre oupâle, est la plus mauvaise de toutes.

La trop grande évacuation de bile, soitpar haut,ou par bas, ôte à la chylificationson principal instrument, Sc par-là empêchela digestion, la sécrétion Sc l’éjection desexcremens, occasionne des aigreurs, desfrissons, des faiblesses , la pâleur , l’éva-Houiílement; lorfcjue la bile eíì pré-Tome F,

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parée elle ne se décharge pas comme ilfaut dans les intestins, elle cause la jaunisse.Foye [ Jaunisse. (L)

On lira avec autant de fruit que d’intérêtles additions que M. Cadet a faites au Traitéde M. Tarin fur la bile.

La bile , dit cet Académicien , est moinspesante que le sang Sc que le sérum, maisconsidérablement plus pesante que ì’eau :le fiel de bœuf est à l’eau comme 10146à 10000. Elle est plus âcre dans les ani-maux carnivores , Sc celle du tigre passepour un violent poison. Celle des poissonsn’est pas amere , mais elle est entièrementâcre, Sc laisse une impression durable. 11est difficile de croire qu’elle ait jamais étévéritablement acide. 11 est vrai qu’elle aidela fermentation , mais la chair Sc plusieursautres matières l’aident de même fans êtreacides. Si jamais on a cru voir de la bileacide , c’étoit l’aigreur des alimens qui ena imposé. Abandonnée à elle-même , ellepourrit. Sc ne devient pas aigre. On a niéqu’elle fût sujette à la pourriture ; mais ilest sûr qu’elle pourrit de maniéré à deveniralkaline, 8c à entrer en effervescence avecles acides minéraux, Sc même avec le vi-naigre : on a vu même cette effervescencedans la bile de quelques cadavres. Les selsquelconques retardent fa putridité, aussi-bien que le quinquina ; mais les terres ab-sorbantes Sc calcaires l’augmentent ; aprèsune longue dissipation de fa mauvaiseodeur, elle devient grasse 8c se fondau feu;elle prend alors, du moins dans la plusgrande partie des expériences, une odeurd ambre.

Elle se mêle à l’eau 8c plus difficilementavec l’huile ; elle blanchit avec celle detérébenthine.

L’efprit de vin la coagule , les acidesminéraux y font naître des grumeaux verds,qui ne se fondent plus : ils la coagulentmême dans l’état de putridité. L’huile devitriol fait effervescence avec elle, avecchaleur, Sc la coagule plus fortement queles autres acides. II y surnage cependantune eau qui donne diffé sels , avec lesdifférens esprits acides minéraux. Les acidesfoibles la changent peu.

Réduite en extrait par l’exhalation. elledevient inflammable, (/)

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