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pouces d’équarrifiage. II en est de mêmepour la longueur : il semble qu’une piecede huit pie's , & de même grosseur qu’unepiece de seize pies , doit par les réglés dela Me'chanique porter juste le double \ &cependant elle porte beaucoup plus dudouble. M. de Buffon qui auroit pu donnerdes raisons physiques de tous ces faits, seborne à donner des faits : le bois qui dansle mêrtie terrain croît le plus vîte , est leplus fort ; celui qui a crû lentement , &dont les cercles annuels , autrement lescouches ligneuses font minces , est moinsfort que l’autre.
M. de Buffon a trouvé que la force dubois est proportionnelle à fa pesanteur ; desorte qu’une piece de même longueur &grosseur, mais plus pesante qu’une autrepiece , sera aussi plus forte à peu-près enmême raison. Cette remarque donne lesmoyens de comparer la force du bois quivient de différons pays & de différons ter-rains & étend infiniment futilité desexpériences de M. de Buffon : car lorsqu’ils’agira d’une construction importante oud’un ouvrage de conséquence , on pourraaisément au moyen de sa table , & enpesant les pieces, ou feulement des échan-tillons de ces pieces, s’assurer de la forcedu bois qu'on emploie ; & on évitera ledouble inconvénient d’empîoyer trop outrop peu de cette matière , que souvent onprodigue mal-à-propos, Lt que quelquefois,on ménage avec encore moins de raison.
Pour eílàyer de comparer les effets dutemps fur la résistance du bois , & pourreconnoître combien il diminue de faforce, M. de Buffon a choisi quatre piecesde dix-huit piés de longueur fur sept pon-tes de grosseur ; il en a fait rompre deux ,qui en nombre rond ont porté neuf millierschacune pendant une heure ; il a fait char-ger les deux autres de six milliers seule-
ment , c’est-à-dire des deux tiers , & il lesa laisse ainsi chargées , résolu d’attendreP événement : l’une de ces pieces a casséau bout de trois mois & vingt-six jours :Pautre au bout de six mois & dix-septjours. Après cette expérience il fit travaillerdeux autres pieces toutes pareilles , & ilne les fit charger que de la moitié, c’est-à-dire de quatre mille cinq cents ; M. deTome V.
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Buffon les a tenues plus de deux ans ainsichargées ; elles n’ont pas rompu , maiselles ont plié assez considérablement. Ainsidans des bâtimens qui doivent durer long-temps , il ne faut donner au bois tout auau plus que la moitié de la charge qui peutle faire rompre ; & il n’y a que dans descas preslàns , & dans des constructions quine doivent pas durer , comme lorsqu’ilfaut faire un pont pour passer une armée ,ou un échafaud pour secourir ou assaillirune ville , qu’on peut hasarder de donnerau bois les deux tiers d ; fa charge.
Tous les auteurs qui ont écrit fur larésistance des solides en général, & dubois en particulier , ont donné commefondamentale la réglé suivante : La résis-tance ejl en raison inverse de la longueur ,en raison direcle de la laigeur , & enraison doublée de la hauteur. Cette régléest celle de Galilée , adoptée par tous lesMathématiciens ; & elle feroit vraie pourtous les solides qui feroient absolumentinflexibles, & qui rompraient tout-à-coup :mais dans les solides élastiques, tels quele bois 3 il est aisé d’appercevoir que cetteréglé doit être modifiée à plusieurs égards.M. Bernoulli a fort bien observé que dansla rupture des corps élastiques une partiedes fibres s’alonge , tandis que l’autre partiefe raccourcit, pour ainsi dire, en refoulantfur elle-même. Voye £ son mémoire dansceux de VAcadémie } année z 7 05. On voitpar les expériences précédentes , que dansles pieces de la même grosseur , la régléde la résistance en raison inverse de la lon-gueur s’observe d’autant moins , que lespieces font plus courtes. II en est toutautrement de la réglé de la résistance enraison directe de la largeur & du quartéde la hauteur. M. de Buffon a calculé latable septième , à dessein de s assurer dela variation de cette réglé ; on volt danscette table les résultats des expériences ,& au dessous les produits que donne cetteréglé ; il a pris pour unités les expériencesfaites fur les pieces de cinq pouces d’équar-rissage , parce qu’il en a fait un plus grandnombre fur cette dimension que sur lesautres. On peut observer fur cette table ,que plus les pieces font courtes , & plusla réglé approche de la vérité • & q ye