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formée, fut le dernier de ses crimes. On pré-tend cjue des seigneurs Polonois, indignésde tant de perfidies , le mastâcrerent Fan1108.
Délivré d’un ennemi, d’autant plus dan-gereux qu’il lui étoit cher, Boleslas en eutbientôt un autre fur les bras , c’étoit l'em-pereur Henri V , qui vouloir rendre laPologne une seconde fois tributaire del’Empire ; la royauté & Findépendance dessouverains ayant été , disoit-il , anéantispar la bulle , qui excommunioit Boleslas II,assassin de l’évêque Stanislas. Arrêté devantLubuz par la vigoureuse résistance de cetteplace , il pénétra plus avant , toujourscotoyé par Farinée de Boleslas , qui sentant^infériorité de ses forces , harceloit sonennemi , le détruisoit en détail , & luicoupoit les vivres.
Malgré ces obstacles , Henri alla mettrele siégé devant Glogow fur 1 Oder ; lesefforts des astàillans , le courage féroce ,& la constance inépuisable des Glogoviens,rendront ce siégé à jamais mémorable.
Boleslas songeoit à rassembler des trou-pes pour les secourir, lorsque des députésvinrent lui annoncer une capitulation, parlaquelle les habitans confentoient à se ren-dre , si dans l’espace de cinq jours ils n’é-toient secourus par une armée ; ils ajoute-ront qu’ils avoient donné la plupart de leursenfans en otage ; que ces victimes de lapatrie alloient périr fous le fer d’un bour-reau , s’il ne fecouroit les assiégés , ou neleur permettoit de livrer la place à Fem-pereur. L’armée de Boleslas n’étoit pointencore assemblée. Le. délai étoit court :»> retournez vers vos compatriotes , leur» répondit le duc , dites-leur que je vaisme mettre en marche pour les délivrer;,5 mais que si f arrive trop tard, ils ne balan-cent point à sacrifier leurs enfans ; que” f® sang de ces victimes , dont je plains,5 1 innocence , appartient à l’état , & que>5 la nature perd ses droits quand ils ssontopposés a ceux de la patrie. » Les dépu-tes rentrerent dans Glogow. Les habitansranimes par leurs discours résolurent de sedétendre jusqu’au dernier soupir. L'empe-teur fit donner Fassaut, & plaça les otagespremier rang , croyant que leurs peres11 oseroient lancer leurs traits fur de si chersTome Fi
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, ennemis : il se trompa ; leur patriotisme ,! qu’on ne peut admirer fans horreur, les! avoir rendus impitoyables ; ils égorgèrentj leurs enfans , & lavèrent dans le sang desj Allemands , celui dont ils venoient desouiller leurs mains paternelles. Boleslassentit ce qu’il devoit à de tels sujets , atta-qua l’armée impériale , la tailla en pieces,& força Fempereur à demander la paix.Une double alliance en fù t le sceau. Boleslasépousa la sœur de Henri ; & Christine, fillede ce prince, fut destinée au jeune Uladiílas,prince de Pologne.
Ce royaume , après tant de secousses,auroit joui d’un calme profond, si la fureurdes croisades ne lui avoit enlevé , vers1110 , ses plus fermes appuis. La noblessevendit ses biens , abandonna fa patrie ,pour aller tuer des Sarrasins , & gagnerdes indulgences. Un prince Danois qui vintapporter en Pologne la mauvaise fortunequi le suivoit, ralluma les feux de la guerre ;c’étoit Pierre , chasse du Danemarck parl’ufurpateur Abel, qui avoit fait périrHenri son frété & son roi. Boleslas fit: équiper une flotte , la commanda en per-: sonne , & descendit sur les côtes de Dane-j match.. L’horreur qu’inspiroit la tyrannied’Abeî, ouvrit au duc des conquêtes faciles,il n’eut qu’à fe montrer pour tout soumet-tre. Abel détrôné , banni, méprisé , allacacher sa honte & fes crimes loin de sesétats. Boleslas pouvoit alors se faire cou-ronner roi de Danemarck , il avoit le pou-voir en main ; le seul titre de vengeur deHenri suffisoit pour réunir les lustrages ensa faveur ; mais satisfait d’avoir délivré lesDanois, il dédaigna de régner fur eux,rendit à la noblesse les places dont il s’étoiremparé , & la liberté de se cho sir un roi;& retourna en Pologne Fan 112.9 , couvertde gloire, adoré dans fes conquêtes commedans ses états.
Ce prince fut la victime du penchant quile rendort sensible aux larmes des malheu-reux ; un Russe vint s. jeter dans ses bras ,j & lui dit qu’il avoit été chafìé par fes com-j patriotes , que son attachement au roi deHongrie étoit la cause de fa proscription ;Bolejlas le crut , le combla de bienfaits ,& lui donna le gouvernement de Wlílica.
Le perfide ne fut pas plutôt maître de cette
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