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a ménagés entre les difFérens êtres. Usfont plus ou moins immédiats , suivant leplus ou moins de variété de ces êtres. 11en est d’eux comme des vérités, qui tien-nent toutes les unes aux autres, moyennantles vérités intermédiaires qui servent à lesréunir. La bonté de cet univers consistedans la gradation des difserens êtres quile composent. Ils ne sont séparés que pardes nuances, comme nous savons déja re-marqué j il ne se trouve aucun vuide dansle pastàge du régné minerai au régné végé-tal , ni dans le pastàge de celui-ci au régnéanimal ; autrement, pour me servir de lapensée de f illustre Pope , il y aurait unvuide clans 3a création , ou , un degré étantôté , la grande échelle seroit détruite.Qu’un chaînon soit rompu , la chaîne dela nature l’est , & Test également, soit audixieme , soit au dix-millième chaînon.C’est alors qu’on verroit, pour continuerla pensée du poète Anglois, la terre perdreson équilibre & s’écarter de son orbite,les planètes & le soleil courir sans réglé autravers des cieux , un être s’abymer fur unautre être , un monde fur un autre monde,toute la masse des cieux s’ébranler jusquesdans son centre , la nature frémir jusqu’autrône de Dieu, en un mot tout Tordre decet univers se détruire & se confondre.
II faudroit être stupide & insensible ,pour ne pas appercevoir la dépendance &la subordination de tous les êtres qui en-trent dans la composition de ce tout admi-rable : mais il faudroit être encore pis quetout cela pour Tattribuer à un hasard aveu-gle. Voyei Hasard & Epicuréisme.L’esprit ne peut être frappé sans admira-tion de cette multiplicité de rapports , deces combinaisons infinies , de cet ordre ,de cet arrangement qui lie toutes les par-ties de I’univers ; & l’on peut dire que plusil saisira de rapports, plus la bonté des êtresle manifestera à lui d’une maniéré sensible& frappante. Dieu seul connoît toute labonté qu’il a mise dans ses ouvrages , parcequ il est lui seul capable de connoître par-faitement la justesse qui brille dans ses ou-vrages , le rapport mutuel qui se trouveentr’eux , l’harmonie qui fait d’eux un toutrégulier & sagement ordonné, en un motTordre établi pour les conserver. La chaîne
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qui attire & réhnit toutes les parties estentre les mains de Dieu , & non entrecelles de Tiiomme. Petites parties de cetout, comment pourrions - nous le com-prendre? " Tout ce que nous voyons du» monde ( dit dans son style énergique le» sublime Pascal ) n’est qu’un trait im-n perceptible dans T ample sein de la nature:o nulle idée n’approche de Tétendue dev ses espaces : nous avons beau enfler nos» conceptions , nous n’enfantons que desn atomes au prix de la réalité des choses :
„ c’est un cercle infini dont se centre estn par-tout , la circonférence nulle part :
enfin c’est un des plus grands caraóleres» sensibles de la toute-puissance de Dieu,n que notre imagination fe perde dans
» cette pensée. Inintelligence de
» l’homme tient , dans Tordre des chosesm intelligibles , le même rang que Ion’> corps dans Tétendue de la nature : &
» touc ce qu’elle peut faire , est d’apper-» cevoir quelque apparence du milieu des» choses , dans un désespoir éternel d’enn connoître ni le principe ni la fin. Tontes>, choses sont sorties du néant, & portées,, jusqu’à Tinfini : qui peut suivre ces éton-» nantes démarches ? fauteur de ces mer-» veilles les comprend , nul autre ne se» peut faire. » Pensées de Pascal ch. xxij .
Nous sommes forcés de joindre le té-moignage de notre raison , au témoignageaveugle des créatures inanimées & maté-rielles , dont la beauté , la disposition &Téconomie annoncent si hautement la gran-deur de celui qui les a faites. Un spectacledigne de Dieu, peut bien être digne denous. Moyse rapporte que lorsque Dieueut achevé Touvrage des six jours, il con-sidéra tous les êtres d’une feule vue , &que les ayant comparés entr’eux & avec lemodelé éternel dont ils étoíent Texpreísion*il en trouva la beauté & la perfection excel-lente. L’univers parut à ses yeux commeun tableau qu il venoit de finir, & anquelil avoir donné la derniere main. II trouvaque chaque partie avoit son uíage , chaquetrait fa grâce & fa beauté : que chaquefigure étoit bien située & faisoit un belefset : que chaque couleur étoit appliq ueeà propos , mais sur-tout que Tensemble enétoit merveilleux : que les ombres mêmes