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oonnoient du relief au reste : que le lointainen s’attendrissant faisoit paraître ce quietoit plus proche avec une force nouvelle ;& que les objets les plus remarquablesreçevoient une nouvelle beauté par le loin-tain , dont ils n’étoient séparés que pyune diminution imperceptible de teintes& de couleurs. Qui considéreroit ce tableaude plus p r ès , pourroit appercevoir dans lep|an de la création, celui de la rédemption.
quelques défauts nous frappent dans cetimmense tableau , souvenons-nous que cefont des ombres que la main de l’éternelX a jetées exprès pour en faire sortir lesfigures ; que leur ordre & leur situationcontribuent à lui donner une beauté qu’iln’auroit pas ; & que prendre occasion deces défauts pour critiquer l’univers & sonauteur , ce l'eroit ressembler à un ciron ,dont les yeux feroient fixés fur les ombresd’un tableau , & qui prononcerait que cetableau est défectueux , qu’il n’y reconnoîtaucune ordonnance , ni le vrai ton descouleurs^
La bonté animale est une économie dansles passions , que toute créature sensible i& bien constituée reçoit de la nature.C’est en ce sens qu’on dit d’un chien dechasse , qu’il est bon , lorsqu’il n’est nilâche ni opiniâtre : c’est aussi en ce sensqu’on dit d’un homme , qu’il est bien cons-titué , lorscju’iî régné dans ses membres laproportion qui s’ajuste le mieux avec lesfonctions auxquelles l’a destiné la provi-dence. La bonté animale fera d’autant plusparfaite , que les membres bien proportion-nes conspireront d’une façon plus avan-tageuse à l’accomplissement des fonctionsanimales. Par une fuite des loix que Dieua etablies , il doit s’exciter dans l’ametelles oú telles sensations à l’occasion detelles ou telles impressions qui auront étéfaites fur les organes de nos sens. Si doncelles ne s’y excitoient pas , il y auroitalors un défaut d’économie animale. Onen peut voir un exemple bien sensible dansles personnes paralytiques. Le défautd’économie animale fe trouve aulsi dansceux qui ont des mouvemens convulsifsqu’ils ne peuvent arrêter ni suspendre. OnPeut dire la même chose de ceux qui sont*dus & stupides. Les uns ont trop d’idées,
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les autres n’en ont pas astèz , par unâut de conformation dans le cerveau.
II est des personnes qui font nées fans aucungoût pour la musique , & d’autres pourqui les vers les mieux faits ne sont qu’unvain bruit. Ce défaut d’organes dans cessortes de personnes est, comme i on voit,un défaut d’économie animale. On peutdire en général , que c’est-là le granddéfaut de ces esprits stupides & grossiers ,•dont la portée ne saurait atteindre auraisonnement le plus simple. Les organesdu corps qui les voile &: les enveloppe,font si épais & si massifs , qu’il ne leur estpresque pas possible de déployer leurs fa-cultés ni de faire leurs opérations. Plusles organes font délicats , plus les sensa-tions qu’ils occasionent font vives. 11 ya des animaux qui nous surpassent par ladélicatesse de leurs organes : le lynx a lavue plus perçante que nous ; l’aigle fixele soleil qui nous éblouit ; le chien a plusde sagacité que nous dans l’odorat ; letoucher, de l’araignée est plus subtil quele nôtre , & le sentiment de l’abeiìle plusexquis & plus sûr que celui que nous éprou-vons : mais n’envions point aux animauxl’avantage qu’ils ont fur nous en cettepartie. Si nous avions l’œil microscopiquedu lynx , nous verrions le ciron ; maisnotre vue ne pourroit s’étendre jufqu’auxcieux. Si le toucher étoit plus sensible &plus délicat, nous serions blessés par tousles enrps envirormans , les douleurs &les maladies s’introduiroient par chaquepore. Si nous avions l’odorat plus vif,nous serions incommodés des parties vola-tiles d’une rose ; & leur action fur lecerveau en ébranlerait trop violemmentles fibres. Avec une oreille plus fine , lanature fe ferait toujours entendre à nousavec un bruit de tonnerre , & nous noustrouverions étourdis par le plus leger íouffiede vent. Croyons que les organes dont lanature nous a cloués , sont proportionnesau rang que nous tenons dans Punivers.S’ils étoient plus grossiers ou plus délicats,nous ne nous trouverions plus si propresaux fonctions animales, qui íont une fuitede notre constitution. Apres qu on a pesétoutes les choses dans la balance de laraison, on est forcé de reconnokre la bonté