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Tome cinquième.
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2/6 BON

Dans le gracieux , choisissez ce que lanature a de plus riant , dans le na if cequ’elle a de plus fimple , dans le pathéti-que ce qu’elle a de plus terrible & de"plus touchant. Voilà ce qu’on aopelle labonté poétique. Ainíi ce qui seroit excellentà sa place devient mauvais quand il estdéplacé.

Mais la bonté morale doit fe concilieravec la bonté poétique ; & la bonté moralen'est pas la bonté des mœurs qu’on sepropose d’imiter. La peinture des plusmauvaises mœurs peut avoir íà bonté mo-rale , si elle attache à ces mœurs la honte,J’aversion & le mépris. De même limita-tion des mœurs les plus innocentes & lesplus vertueuses seroit mauvaise , si on yjetoit du ridicule , «St si en les avilissant onvouloir nous en dégoûter.

La bonté morale en poésie est dans futi-lité attachée à limitation, comme dansFéloquence elle est dans la justice de lacause que l’on embrastè , & dans la légi-timité des moyens qu’on emploie à per-suader.

Ainsi quand on parle des mœurs théâ-trales , par exemple , on ne doit pas con-fondre les mœurs bonnes en elles-mêmes ,& les mœurs bonnes dans leur rapportavec l’eíFet salutaire qu’on veut produire.Narcisse & Mahomet sont des personnagesaussi utilement employés que Burrhus &Zopire, par la raison qu’ils contribuentde même à l’impression salutaire qui résultede Faction à laquelle ils ont concouru.Tout ce qu’on doit exiger du poète pourque limitation ait sa bonté morale , c’eftqu il fasse craindre de ressembler aux mé-dians qu il met fur la scene , & souhaiterde ressembler aux gens de bien qu’il oppose

aux médians. . .

II y a cependant certains vices qu il n estpas permis d’exposer fur le theatre , paiceque leur image blestèroit la pudeur , maisen cela même on peut quelquefois etretrop sévere : en les voilant avec toute ladécence convenable, peut-être seroit-ilpossible de rendre utile, & non dange-reux , l’exemple des égaremens & desmalheurs dont ils sent la cause ; & entreFexcès ou donnent nos voisins à cet égard,& Fexcès opposé, Ú y auroit un milieu

BON

à prendre, qui rendroit la peinture denos mœurs plus utile, en conservant à lascene francoise sa décence & sa pureté.V . Décence , Mœurs & Moralité.f M. Marmoniel.JBONTE CAFFER , s m. ÇHifi. nat.

Ichtiiyologie. J petit poissen d’Amboine,gravé passablement sous ce nom par Ruysch,dans fa Coliecl'on nouvelle des poijsonsd’Amboine , planche II , n°. z j , pagez i . Coyett en avoit fait graver avant lui,& enluminer une figure un peu meilleure,c’est celle du mâle sous le nom de cafferd’Amboine , au n°. «9 z de la secondepartie de son Recueil des poijjòns d’Am*boine.

II a le corps d’un pie de longueur , maistrês-court ìelativement à fa largeur ouprofondeur , car il est extrêmement applatiou comprimé par les ct 'és ; la tête & lesyeux petits ; le museau petit, courbé enbas en bec de perroquet.

Ses nageoires sent au nombre de sept,savoir , deux ventrales menues longues,placées au dessous des deux pectorales quisont aussi menues plus longues, atteignantau delà de la moitié de la longueur dacorps ; une dorsale régnant tout le long.du dos , plus haute au milieu qu’aux extré-mités ; une à Fanas très-longue ; enfin uneà la queue qui est fourchue juíqu’aux troisquarts en deux branches menues fort lon-gues. De ces nageoires deux font épineusesdans tous leurs rayons , savoir, la dorsale-qui en a douze , & celle de F anus qui ena six.

Le corps du mâle , figuré par Coyetr,est verd-clair , marqué de taches d’un verd.plus foncé. Les nageoires font vertes,,excepté la dorsale & l’anale dont la mem-brane est jaune avec les rayons verds. Satête est entourée d’un cercle bleu , & onvoit une tache bleue de chaque côté àForigine de fa queue. Le reste de la têteest verd, Lt le museau incarnat ou rougepale..

LaTemelîe figurée par Ruysoh, di stèredu mâle en ce qu’elle a de chaque côté du-corps une ligne, blanche qui s’étend des-yeux jusqu’à la queue. Elle a auffi six tachesblanches, rondes de chaque côté fur ban-neau bleu qui l’entoure par derriere soc