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Méme pardelà vos enceintes , laissezéchapper quelques coups de pinceau ■ qu’uncoteau vous paroiílè trop nu , dispersezquelques haliers fur fa crête, dessinez lesprairies avec des frênes & des peupliers ,& que le platane fe mire dans les eaux.Offrez fur les chemins un ombrage salu-taire au pastànt ; qu’il puisse çueillir dansles haies la groseille & la cerise , & qu’ily amasse un jour des fleurs pour les ré-pandre fur votre tombe avec ses larmes.
Les endroits les plus reculés de mes jar-dins me rameneroient au milieu par desvoies commodes : nulle part je ne feroisarrêté ; & lorsque le soleil deviendroit tropactif, je m’enfuirois par la ligne la pluscourte vers sombre de mes bosquets. ..mais j’allois oublier ceux que l’industrie at-tache comme des festons fur le cercle del’année ; chacun réunira ce que chaquemois, chaque saison produit de richessesvégétales : je mettrai à contribution l’Amé-rique & l’Orient,& je commencerai Tannéecomme la nature , au moment qu’elie seranime au souffle du beîier.
Après les brumes & les glaces on jouiraplus agréablement des premiers regards dusoleil , s’ils éclairent dans un lieu choisiles premieres fleurs qifils font éclorre ,& les plus beaux d’entre les feuillages res-pectés par Thiver. Que les verges pur-purines de la Daphné s’y peignent fur lesfranges obscures du lauréole, & que l’orpâle^ du cornouiller ressorte fur le verdbleuâtre des pins. Faites-y éclater les per-ceneiges autour des buissons de buis :éparpilîez-y les primevères & les hépati-ques : que je puisse y guetter Tabeille quiviendra bientôt bourdonner parmi les chat-tons des saules , y suivre de t’œil le pre-mier papillon , y épier les premiers accensde la «mive , y ouvrir mon ame aux pre-miers rayons de Tesperance , & respirerenfin avec une joie douce & prorondele souffle créateur qui va refíùsciter lanature. f
Placez auprès de ces bosquets _ 1 arctriomphal du mois d’avril ; fa jeune fenilleeparoîtra plus fraîche encore, en'l opposaitaux nuance? graves des arbres toujoursverds : que le doux melefe s’y éleve enpyramide & me réjouisse par Taménité de
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ses nouveaux bourgeons parsemés de glandsde corail : que le peuplier de la Louisiane ydéveloppe ses feuilles transparentes, & exhaleTodeur salutaire du baume dont elles fontglacées. Avec quel plaisir j’y verrois lecalquer fur un fond verd , les cimes blan-ches des pruniers de Virginie, interrompuspar le rofe-pâle des amandiers , & le roseanimé des pêchers ! les nattes de la terreverdoient avant les lambris ; elles font lespremieres caressées par les vents doux , &par les ailes agiles des hirondelles qu’ilsramènent ; déja dans ce mois un émailplus varié les décore. Que je me plairoisà voir la pâquerette entourer le pié desarbres , les oreilles d’ours disputer auxprimevères leur éclat , à la violette sonparfum, & la jacynthe expirer fur Je seinentr’ouvert du narcisse ! Dans ce lieu pré-féré , la parure légere du printemps flot-terait déja dans un air adouci , lorsque lesombre manteau de Thiver enseveliraitencore les campagnes : c’est-là que j’aime-rois à enlacer les jonquilles dans les treílès.de la jeune Aminte ; c’est là aussi que jeviendrais souvent espérer le rossignol qu’in-viteroit une verdure si précoce. Quelcharme de le voir un matin secouer iarosée en se balançant fur un frêle rameau,& d’entendre ses premiers soupirs après-un si long silence, tandis que le chardon-neret chante fur la fléché d’un arbrecomme un bouquet harmonieux , & que'Talouette éprise d’une décoration si gaie rs’arrête au dessus dans les airs , en battantde Taile , & précipite les cadences de favoix perlée !
Les mois du printemps font , comme:les grâces , unis par de fraîches guirlandes ' rmais c’est le mois de mai gui porte la cou-ronne de la jeune année , & le dais nuptiafde l’hymen de la nature ; c’est ] u i f ur quiTaurore jette ses plus tendres regards, &répand ses pleurs les plus délicieux : ileveille f amour par une vive harmonie , &le conduit legerement fur les traces de labeauté qui íuit pour être atteinte : quel-quefois i] Tenivre cfune rosée odorante ,& lui offre I’asyle des berceaux fleurieoú un zéphyr langoureux le berce douce-ment , Tendort fur le sein de la voluptécontente , & le couvre des fleurs qu’4