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fcfFeuille. Où fixer les yeux, lorsqu’ils errentéblouis & incertains fur cette foule émail-lée? Quelle sensation choisir, quand ellesfe confondent, se pressent & préviennentla pensée ? Peindrai-je les grappes citristesde ces cytises qui badinent autour des ai-grettes vermeilles dont ces gaîniers fontparés ? Ou bien , dois-je admirer davan-tage les tendres épis des liîas , & les pétaleslégers des pommiers qui rougissent commeAinnocence , lonqu’elle accorde un souristendre ? Combien la surprise ajoute auplaisir ! Ce temple de Flore est environnéde verdure ; je l’appercois & ne Pavois passoupçonné ; il est terminé par un théâtreen architecture végétale, dont le fond medécouvre une perspective champêtre à tra-vers un portique de chevre-feuiile. Oh !quelles délices d y jouer le Devin de villageune de ces belles soirées , ou un jourtendre caresse la vue, où les vapeurs odo-rantes ondoient mollement dans un airtiede, où le roíîlgnol ioule mieux les flotsde fa voix , cù l’on entend au loin lecoucou & la tourterelle , & lorsque lesoleil qui baisse , pénétré de sos rayonsrasons les pétales diaphanes , & qu’un ormobile se joue & se fond dans toutes lescouleurs !
Plusieurs arbustes encore , mais presqueplus d’arbres fleuris ; déja des fruits, unfeuillage plus riche , tels font Ics dons dumois suivant. Au centre du bosquet quiles réunit , s’élevent les, arbres dont levêtement est le plus étoffé ; à peine un jouradouci peut-il pénétrer & égayer leursombres : plus loin je surprends la fauvettesuspendue aax bouquets des cerises , oùbrillent le jais & le rubis : ici les fraisiersembellissent & embaument la terre ; là sedécele par son parfum le framboisier cachésous l’ombragc , & la rose s’incîine fur legroseiller.
Aux premicres heures du monde faparure éroit somptueuse , mais il lui man-ss'oit encore les grâces touchantes : leplaisir descendit du ciel for des flots lumi-neux , & vint y répandre les charmes : ilvit-, dit-on , s’épanouir la rose fo us fospremiers regards ; aussi il en couronne lefront du matin , il en colore les lis dela beauté , & quand il inspire flamant de
lá nature , il ne lui permet pas dé refuserson hommage à l’arbuíte adoré qui la porte :il fl a varié par une culture attentive ; sesfleurs différentes font paroître tour-à-tources nuances vives ou tendres qui passentcomme des éclairs fur les joues délicatesdes nymphes , & les odeurs qu’elles exha-lent , répondent à toutes les sensations dela volupté.
Gardez-vous d’enfermer d’un odieuxtreillage cette reine du printemps , & deAassujettir au ciseau dans des figures fym-métriques. Ah! qu’elle prenne plutôt l’eíïòrdu sein de la verte-ramée; car jusquesdans les sentiers jonchés de fleurs , l’ennuimarche fur les pas de Auniformité , lesgrâces fuient devant la gène. Un massifde roses étendu & isolé étonne plus qu’iln’attache ; faute d’ombres & de fonds, lescouleurs absorbées par une clarté tropvive , voilées par cette gaze blanchâtrequi flotte dans le vague de flair, perdentleur plus grand éclat. Voyez au contraireces grouppes variés de rosiers se peindrefur un lambris de feuillage. Quelle fraî-cheur ! c’eít la magie du clair-obscur.
Nombre d'arbrisseaux ornent encore cemois, qui sc préfèrent à ceux-ci par leurforme élégante & leur taille légere; maisleurs couleurs modestes craignent florgueilde la rose : je les aimerois assez pour leséloigner d’elle. Là se distingueroit ce ceri-sier , dont les fossiles rameaux laissenttomber des grappes d’un blanc pur ; lesépis violets de Aamorpha semés de pail-lettes d’or s’agiteroient au dessus desspineas variés ; les plumets éclatans deschionanthes ; les tuyaux incarnats de flaza-léa ; les corymbes des ledons allumés dedeux rouges les trompes des chèvre-feuilles qu’anime un bel aurore ; les fais-ceaux jonquilles de genestrolles brigueroienttour-à-tour les fofixages : les mignai dises& les juliennes , semées fur les bords ,embaumeroient la rosee : avec quelle vo-lupté je respirerois cet encens de la nature !hélas ! je le vais perdre ; il est prés de s’en-voìer sor les ailes du printemps : la saisonqui suit , ne nourrit qu en petit nombreles plantes parfumées ; si elle accorde en-core des arbres fleuris , ce n est que d’unemain économe ; ils ne suffiroient pas à