Band 
Tome cinquième.
Seite
319
JPEG-Download
 

B O T

qui veut connoître une plante qu’il voitpour la premiere fois , & dont il ne faitpas le nom. S’il commence par s’infor-mer du nom de cette plante , il n’en tireraaucune lumière , parce que le nom d’unechose que l’on ne connoît pas , n’en peutrappeller aucune idée. II faudra donc qu’ilobserve la plante, qu’il l’examine, & qu’ils’cn forme une idée distincte : il y parvien-dra en la voyant ; & s’il expose , s’il décrittout ce qu’il aura vu , il communiqueraauk autres la connoissance qu il aura acquise.Alors le nom servira de stgne pour luirappeller l’idée de cette plante à lui-même& à ceux qui auront lu la description : maisil est impossible qu’un nom tienne jamaislieu de description ; ce signe peut rappellerl’idée d’une chose connue , mais il ne peutpas donner l’idée d’une chose inconnue.

Cependant on a fait des tentatives in-finies pour parvenir à étendre les nomsdes plantes , à les compliquer & les com-biner , de façon qu’ils pustbnt donner uneidée distincte des plantes , fans qu’il fûtnécestàire de les avoir vues , ou d’en avoirlu la description entiere. Ce projet netendoit a rien moins qu’à former une sciencede la nomenclature des plantes, s’il eûtréussi : mais on a échoué dans l’exécutionautant de fois qu’on l’a entreprise , parceque les descriptions ne peuvent pas êtreréduites en nomenclature , & que par con-séquent les noms ni les phrases ne peu-vent pas être équivalons aux descriptions.

Les nomenclateurs ont entrevu la véritéde cette objection , &poursurmonter cettedifficulté , ils ont joint au nom une petitepartie de la description. C’est ce composéqu’ils appellent phrase. Ils ont tâché d»yfaire entrer les caractères spécifiques : maiscomme ils n’ont pu comprendre dans cesphrases , c’est-à-dire dans les noms desespeces , qu’une partie de la descriptionqui ne pouvoit pas donner une idée de laplante , ils ont prétendu suppléer à cedéfaut , en attribuant au nom génériqueune autre partie de la description. Ces deuxparties etant designees par les noms dugenre, & la phrase de 1 efpece estant encoretrop imparfaite' pour faire reconnoître laplante, ils ont compris dans l’énoncé deî’ordre & de la classe d’autres parties de

la description : mais quelque art qu’ils aientemployé pour combiner toutes ces parti-tions , ils n’ont pu parvenir à donner uneidée distincte de la plante , parce qu’ilsn’ont pas rapporté la description en entier.

Cette description complété est absolu-ment nécestàire pour caractériser une plante,de façon qu’on la puisse distinguer de touteautre plante : c’est une loi constante pourtous les objets de l’histoire naturelle , &principalement pour ceux qui font aussinombreux que les plantes. Cependant ona tâché deluder cette difficulté insurmon-table dans la nomenclature , en se persua-dant que l’on trouveroit dans les plantes,des parties dont la description pourroitsuppléer à la description de la plante en-tiere , & que ces parties seroíent asterconstantes pour ne manquer à aucuneplante , assez variées pour fournir des ca-ractères à chaque espece , & assez évidentespour être facilement reconnues. Ç’a étépar le moyen de ces attributs imaginaires ,que l’on a prétendu réduire la nomen-clature en système, en méthode , en dis-tribution méthodique j & fi l’on en croitles plus enthousiastes des nomenclateurs ,ce système est le système de la nature ;cependant la nature dément à chaque ins-tant de pareils systèmes. 11 n’y a dans lesplantes aucunes parties qui íe manifestentdans toutes les especes : les fleurs & lessemences, qui paroissent être les partiesles plus estentielles , & par conséquent lesplus constantes , ne font pas reconnoistà-bles dans plusieurs eïpeces. C’est pourtantfur les parties de la fructification , que lessystèmes les plus vantés font établis. Maiscomme leur fondement n’est pas plus sûrque les fondemens des autres íystêmes denomenclature , ils ne se soutiennent pasmieux , & ils ne font pas moins éloignésles uns que les autres du système de lanature. Voye\ Méthode. ,

En effet, comment peut-on elperer desoumettre la nature à des loix arbitraires ?sommes-nous capables de distinguer dansun individu qu’elle nous presente , les par-ties principales & les parties accessoires >Nous voyons des especes de p.antes, c’est-à-dire des individus qui font parfaitementressemblans ; nous les reconnoissons avec