zi8 BOT
indiques par le nom ou par fapparenceextérieure d’aucune plante ; c’est par uncoup heureux du hasard , que l'on a étéinstruit de futilité que l’on pouvoit tirerdu riz ou du froment , du café & de lavigne. Enfin il y a tout lieu de croire queles plantes usuelles dans la Médecine &dans les Arts , n’ont été nommées qu’a-près que leur efficacité a été connue : il yen a plusieurs qui ont encore aujourd’huides noms relatifs à leurs propriétés.
La nomenclature des plantes n’est doncpas nécestâire pour la découverte de leurspropriétés ; cela est si vrai qu’il feroitridicule de savoir mis en question , s’iln’étoit prouvé par Y état présent de la Bo-tanique & par sexpérience du passé , quel’on s’est appliqué à la nomenclature parpréférence aux autres parties de cettescience. On íàit plus d’observations & ontente .plus de combinaisons pour parvenirà réduire la nomenclature des plantes ensystème , qu’il ne faudroit peut-être taired’expériences & acquérir de faits pourdécouvrir quantité de nouvelles propriétésutiles dans ces mêmes planées. Ce défautde conduite dans l’étude de la Botanique ,est un obstacle à l’avancement de cettescience, parce qu’il nous éloigne de sonprincipal objet. II est même à craindreque si on continuoit à marcher dans cettefausse route , on ne vînt à le,perdre devue. Pour s’en convaincre il faut examinerquelle est futilité que l’on a retirée de lanomenclature des plantes , pousserait pointde perfection que les Botanistes se sontefforcés de lui donner ; à quoi cette no-menclature peut servir dans la Botanique ;& à quoi elle, peut nuire , en supposantque cette connoiíîance soit réduite ensystème constant & même infaillible.
On est parvenu par le moyen de lanomenclature, à distinguer environ vingtmille especes de plantes , selon 1 estime desBotanijìes , en comptant toutes celles quiont été observées tant dans le nouveaumonde , que dans l’ancien. S’il y avoir euun plus grand nombre d’observateurs, &s’ilsavoient parcouru toute la terre , ils auroientdoublé ou triplé le nombre des especes deplantes ; ils en auroient peut-être trouvecent mille dc plus , conformément aux
BOT
principes de leur calcul. Mais quel casdoit-on faire de ce calcul ? Le résultat n’estpas le même pour tous les observateurs ;chacun compte à fa mode ; les uns multi-plient fans nécessité , en séparant sousdifférentes especes des individus qui fontsemblables; les autres mêlent ensemble desindividus différons, & diminuent par cetteconfusion le nombre des especes. On n’adonc pu convenir julqu’ici d’un principecertain pour constater ce nombre : cepen-dant on y a employé beaucoup d’art, onn’a épargne ni soins ni fatigues , maistoujours infructueusement. 11 ne faut pasen être surpris , car il est ailé de remonterà la source de cette erreur. On a voulufaire une science de la nomenclature desplantes, tandis que ce ne peut être qu’unart, & seulement un art de mémoire.
11 s’agissoit d’imaginer un moyen de seretracer, sans confusion, l’idée & le nomde chaque plante que l’on auroit vue réel-lement existante dans la nature, ou décrite& figurée dans les livres. 11 y a cent façonsdifférentes de parvenir à ce but : dès qu’ona bien vu un objet & qu’on fe l’est rendufamilier , on le reconnoît toujours , on lenomme , & on le distingue de tout autre,avec une facilité qui ne doit surprendreque ceux qui ne sont pas dans fhabituded’exercer leurs yeux ni leur mémoire. IIest vrai que le nombre des plantes étant,pour ainsi dire , excessif, le moyen de lesnommer & de les distinguer toutes lesunes des autres , en étoit d’autant plusdifficile à trouver ; c’étoit un art qu’ilfalloit inventer ; art qui auroit été d’au-tant plus ingénieux , qu’il auroit éré plusfacile à être retenu de mémoire. Par cetart une fois établi , on auroit pu fe rap-pelîer le nom d’une plante que l’on voyoit,ou fe rappelles l’idée de celle dont onfavoit le nom mais toujours en supposantdans 1 un & 1 autre cas , que la plantememe fut bien connue de celui qui auroitemployé cet art de nomenclature ; car lanomenclature ne peut être constante quepour les choses donc la connoiísitnce n’estpoint équivoque.
La connoissance en général est absolu-ment indépendante du nom. Pour le prou-ver , examinons ce que doit faire un homme