Band 
Tome cinquième.
Seite
321
JPEG-Download
 

B ° T

chimérique ; i! me suffira de faire observer ,qu’autant la nature est indépendante denos conventions , autant les propriétés desplantes font indépendantes de leur nomen-clature. Peut-être que les descriptions com-plétés des plantes pourroient donner quel-ques indices de leurs propriétés : mais quepeut-on attendre d’une description impar-faite de quelques parties ? On conçoit quela description exacte d’un animal, tant àPextérieur qu’à l’intérieur , peut donnerquelque idée de ses qualités. Mais si l'onn’observoit que les parties de la génération,comme on prétend le faire dans les plan-tes , que pourroit-on conclure de cetanima! ? A peine pourroit-on savoir s’ilest plus ou moins fécond qu’un autre. S’ilest vrai que certaines plantes , dont lesparties de la fleur & du fruit font sem-blables à quelques égards , aient les mêmespropriétés , c’est un fait de hasard quin’est point constant dans les autres plantes.Ces combinaisons fortuites peuvent arriverdans tous les systèmes des nomenclateurs :mais je pense qu’il n’est pas plus possiblede trouver leur prétendu système naturel,que de juger de la qualité des fruits fansles avoir goûtés.

Non seulement la nomenclature desplantes ne peut contribuer en rien à laconnoistance de leur culture , ni de leurspropriétés , mais el!e y est très-préjudi-ciable en ce quelle retarde l’avancementde ces deux parties de la Botanique. Laplupart de ceux qui fe font occupés decette science depuis le renouvellement desLettres, fe font appliqués par préférenceà la nomenclature. Que de méthodes fefont détruites en fe succédant les unesaux autfes ! que de vains efforts pour par-venir à un but imaginaire ! Mais toutesces tentatives ont marqué beaucoup defoin , dp sineífe , & de sagacité dans leplus grand nombre des méthodistes. Ilsauroient pu s’épargner bien des fatigues ,ou en faire un meilleur emploi , en Rap-pliquant a la culture ou aux propriétés desplantes. Une feule méthode fuffisoit pourla nomenclature ; il ne s’agit que de fe sbireune forte de mémoire artificielle pour re-tenir I’idée «St le nom de chaque plante,parce que leur nombre est trpp grand pourTome V

BOT 321

fe passer de ce secours : pour cela tmtèméthode est bonne. A présent qu’il y ena plusieurs, & c;ue les noms des plantesfe font multipliés avec les méthodes , ilferoit à souhaiter qu’on pût effacer à jamaisle souvenir de tous ces noms superflus ,qui font la nomenclature des plantes unescience vaine & préjudiciable aux avanta-ges réels que nous pouvons espérer de laBotanique par la culture & par les pro-priétés des plantes.

Au lieu de nous occuper d’une fuitede noms vains & surabondans , appli-quons-nous à multiplier un bien réel &nécessaire ; tâchons de l’accroître au pointd’en tirer astèz de superflu pour en faireun objet de commerce. Tel est le but quenous présente la Botanique dans la secondepartie , qui est la culture des plantes. IIne dépend pas toujours de nous de décou-vrit leurs propriétés ; nous ne pouvonsjamais les modifier â notre gré : mais il esten notre pouvoir de multiplier le nombredes plantes utiles , & par conséquent d’ac-croître la source de nos biens, & de iarendre intarissable par nos foins. Les an-ciens nous en ont donné l’exemple : aulieu de paster tout leur temps & d’em-ployer tous leurs soins à des recherchesvaines fur les caractères distinctifs du fro-ment , du seigle , de forge , du riz, del’avoine , du millet, du panic , du chien-dent , & de nombreuses suites d’espeecsque l’on prétend rapporter à chacun deces genres , ils fe font uniquement appli-qués à cultiver celles de toutes ces plantesdont ils connoissoient futilité. Ils sontparvenus, à force de travail & de cons-tance , á *les rendre aslez abondantes pourfournir aux besoins des hommes & desanimaux domestiques. C’est en perfection-nant fart de la culture des plantes, qu ilsont trouvé le moyen de les distribuer furla surface de la terre dans f ordre le plusconvenable â leur multiplication & a leuraccroissement. On a semé les terres quipouvoient produire d’abondantes mois-sons ; on a planté des vignobles dans leslieux propres à la maturité du raisin • ona fait des pâturages p on a tleve des fo-rêts , £>c. enfin on a su aider la nature ,en rassemblant les plantes uti’es dans les