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lieux les pins convenables, & en écartantde ces mêmes lieux, autant qu’il étoitpossible , toutes les plantes inutiles. VoilàTordre le plus nécessaire , & i’arrangementle plus sage que Ton puisse mettre dans ladivision des plantes : aussi ç’a été le pre-mier que les hommes aient senti & re-cherché pour leur propre utilité. Voye\Agriculture.
La connoiílànce de la nature du terrain& de la température du climat, cil lepremier principe de TAgriculture. C’est deTintelligence de ce principe , & du détailde ses conséquences, que dépend le suc-cès de toutes les pratiques qui font enusage pour la culture des plantes. Cepen-dant on n’est guidé que par des expérien-ces grossières , pour reconnoître les diffé-rens terrains. Les gens de la campagneont fur ce sujet une sorte de tradition ,qu’ils ont reçue de leurs peres, & qu’ilstransmettent à leurs enfans. Ils supposentchacun dans leur canton , fans aucuneconnoissmce de cause , du moins, fansaucune connoissmce précité, que tel outel terrain convient on ne convient pasà telle ou telle plante. Ces préjugés bienou mal fondés , passent fans aucun exa-men ; on ne pense seulement pas à _ lesvérifier : Tobjet est cependant assez im-portant pour occuper les meilleurs physi-ciens. N’aurons-nous jamais des systèmesraisonnés , des distributions méthodi-ques des terrains , des climats , relative-ment à leurs productions ; je veux dire ,de ces systèmes fondés fur Texpérience ?
La convenance du climat est moinséquivoque que celle du terrain , parcequ’on la détermine aisément par la matu-rité des fruits , ou par les essets de lage'ée : mais on n’a pas assez observé com-b-en cette, convenance de température ade fréquentes vicissitudes dans un mêmeEcu. Les deux principales causes de cesehangemens font les coupes de forêts, oufeulement des arbres épars , ce qui dimi-nue la quantité des brouillards ; & 1 c le-va, ion des vallons,. ou seulement des bordsdes rivières & des ruisseaux , ce qiu cleííe-ehe le terrain & rend les inondationsmoins fréquentes. On conçoit aisémentquels ehangemens ces deux causes peu-
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I vent occaíioner dans la température duclimat par rapport aux plantes. II feroittrop long de suivre ce sujet dans les dé-tails. Je me contenterai de faire observerque l’on ne doit pas renoncer à cultivertelle plante dans tel lieu, parce qu’ellan’y a pas rciiffi pendant quelque temps.On ne doit pas craindre de multiplier lesexpériences en Agriculture ; le moindresuccès dédommage abondamment de tou-tes les tentatives inutiles.
On peut distinguer deux principauxobjets dans la culture des plantes. Le pre-mier est de les multiplier , & de leur faireprendre le plus d’accroistèment qu’il estpossible. Le second est de perfectionnerleur nature , & de changer leur qualité.
Le premier a dû être apperçu dès qu’ily a eu des hommes qui ont vécu en nom-breuse société. Les estais que Ton aura faitsdans ces premiers temps , éroient sans-doute fort grossiers : mais ils étoient sinécessaires, qu’on a lieu d’étre surprisqu’ils n’aient pas été suivis jusqu’à pré-sent de plus de progrès. Nous ne savonspas combien de moyens difíerens ont étéemployés pour labourer la terre depuis,que les hommes existent : mais nous nepouvons pas douter que ceux que nous.employons ne puissent encore devenirmeilleurs , & même qu’il n’y en ait d’au-tres à trouver qui vaudroient bien mieux.Cependant la charrue est toujours la mêmedepuis plusieurs siécles , tandis que lesmodes de n os ameublemens & de noséquipages changent en peu d’années , &que nous sommes parvenus à cet égard àun point de commodité qui ne nous laistèpresque rien à désirer. Que Ton compareune charrue à une chaise de poste , onverra que Tune est une machine grossièreabandonnée a des mains qui le font encoreplus ; Tautre au contraire est un chef-d’œu-vre auquel tous les Arts ont concouru.Notre charrue n’est pas meilleure que celledes Grecs & des Romains : mais il a fallubien plus d’industrie & d’invention pourfaire nos chaises de poste, qu’il n’y en a.jamais eu dans les chars de triomphe^Alexandre & d’Auguste. L’art de la cul-ture des terres a été négligé , parce qu’iln ii été exercé que par les gens de la cam-