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autant dans cette partie de Phygíene & dela thérapeutique, que dans les autres partiesde la médecine.
Quoique la plupart des plantes pharma-copoles n’agistênt guere que comme lesalimens , avec beaucoup de lenteur , onne peut refuser à un certain nombre desqualités altérantes & d’un prompt effet. Etquand même on ne fauroit pas que le boisdu gayac , & les bourgeons du pin & lequina font des spécifiques contre troismaux cruels , feroit-il possible de douterque la nature eût refusé à l’humanité desremedes actifs & efficaces dans un régnéoù la fureur homicide a trouvé des poisons ?
Autrefois peut-être on connoiíïòit plusde plantes douées de vertus singulières ,qu’on n’en connoìt à présent. Un heureuxhasard en avoit sans doute indiqué quel- !ques-unes, & la voie de l'épreuve en avoitfait découvrir d’autres. Les remedes éprouvésformaient toute la médecine des anciens.En Egypte , à Babylone , on expoíbit lesmalades devant les portes, asm que lespaíïàns puííènt leur indiquer des remedes.La pharmacie n’employoit encore que leslotions & décoctions. Long-temps la méde-cine des Arabes ne consista guere quedans l’usage de certaines plantes, & c’cst àquoi celle des jongleurs de l’Amérique seborne aujourd hui : quoi qu’il en soit lesSauvages ont trouvé de bons remedes dansle régné végétal , & fur-tout des contre-poisons infaillibles.
A l'égard des peuples policés, ils n’eurentpas plutôt renoué le fil des connoifl'ancesqu’on devoit à Hippocrate, qu’ils ne vou-lurent plus abandonner au hasard, ou andanger d’une épreuve aveugle , la décou-verte des vertus des plantes ; ils se flattè-rent de trouver dans la chymie qui venoitde naître en Orient, un moyen sûr de lesreconnoître. Ils crurent pouvoir, enchaînerles plantes par Panalyse forcée , & lesobliger à déclarer , pour ainsi dire , leurssecrets ; mais plus souples que Protee,elles ont échappé à la curiosité des chy-mistes, dans le nombre des principes végé-taux mis en désordre par faction du feu ,les plus subtils ont disparu , & d’autres ontquitté leur base, pour former de nouveauxcomposés : il n’y a guere que les plus fixes
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qu’on ait pu dégager dans cette efpeced’analyfe. Comme on dut être déconcerté,lorsqu on obtint les mêmes réíiilcats desplantes très-différentes ! loríqu’on retira ,par exemple , comme l’attestent les Mé-moires de l’académie 'des sciences , desprincipes semblables & dans k memequantité du stramonium vénéneux & duchoux salutaire.
Rebuté par ce mauvais succès , &n’espérant plus rien d’un élément fêioce &destructeur , on eut recours à un menstrue! tout opposé. On espéra que Peau dontfaction est lente & modérée obtiendroitce qui avoit échappé au feu ; mais les macé-rations & triturations n’ont souvent tiré deplantes différentes que les mêmes sels quise sont trouvés quelquefois semblables auxsels minéraux. Si cette analyse en a décou-vert dans plusieurs qui tenoient à Ikslèncemême de k plante, parmi ces sels essen-tiels , il n’en est que très-peu dont l’effi-cacité soit bien constatée.
Cependant on a éprouvé que , si lessubstances animales sont trop analogues ànos humeurs pour y produite quelquechangement notable , les minéraux au con-traire en diffèrent trop pour ne pas ycauser dans plusieurs cas une funeste révo-lution. Quoique les plantes par leur com-merce avec le régné minéral ne puissent quese pénétrer de ses principes , ils y sonttellement atténués , modifiés , édulcoréspar k filtration , qu’elles semblent avoirété spécialement destinées par k nature à kcuratíon de nos maux.
Combien donc n’est-il pas déplorable quenous ayions si peu de connoístìnces fur kvertu des simples : le nombre de ceux aux-quels on en a reconnu est si petit en com-paraison d’une foule dont les propriétés nefont pas même soupconnées : on en attribuede si diverses aux mêmes plantes , & desi semblables à des plantes différentes, qu’ilfaut regarder la thérapeutique végétalecomme très-défectueuso. Ainsi , à l’égarddes plantes usuelles , que l’on consulteplutôt 1’ey.péricnce des plus grands méde-cins que l’étalage fastueux des pharma-copées , afin de n’annoncer dans leursarticles particuliers que leurs vertus lesmoins équivoques.