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Tome cinquième.
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biere est une boistòn fort ancienne. Voye\Biere.

Quelque origine qu’on donne à la biere ,que ce soit Cérès ou Osiris qui en aient étéles inventeurs , son usage est très-ancien ,& il y a lieu de croire que les peuplesprives de la vigne chercherent dans la

{ réparation des grains une boision qui tintieu de vin, & qu’ils en tirèrent la biere.L’histoire nous apprend que cette liqueura passé de l’Egypte dans tous les autrespays du monde ; qu'elle fut d’abord connuefous le nom de boistòn Pelu/ienne, du nomde Pe'luse , ville près de. l’embouchure duNil , où l’on faisoit la meilleure biere^.X)u temps de Strabon , cette boistòn étoitcommune dans les provinces du Nord , enFlandre & en Angleterre. Elle passa mêmechez les Grecs, au rapport à'Aristote &de The'ophrafle , quoiqu’ils euíïènt des vinsexcellons ; & du temps de Polybe , lesEspagnols en íaifoient auílì usage.

La biere est une liqueur spiritueuse qu’onpeut faire avec toutes graines farineuses,mais pour laquelle on préféré communé-ment forge: c’est , à proprement parler ,un vin de grain. En France , & particu-lièrement à Paris , on n’y emploie queforge : certains brastèurs y mêlent feule-ment un peu de bled , & d’autres.un peud’avoine.

Une brastèrie forme un bâtiment très-considérable : le nombre des agrêts ne Testpas moins ; les principaux font le germoir,la touraille } le moulin , les cuves , leschaudières , &c.

Pour brasier suivant notre façon deParis , il faut avoir de bonne orge , quel’on met tremper plus ou moins de tempsdans seau, suivant la dureté ou la sécheressedu grain : ordinairement on la laisse trem-per l’espace de trente à quarante heures.Quand elle. cede facilement à la pressionen la ferrant entre les doigts, on la retirede la cuve où elle a trempé , & on la transiporte dans le germoir.

II y a deux efpeces de germoirs : lesuns font de grandes caves voûtées j: onles regarde comme les meilleurs : les au-tres ne font que de grandes salles au raiz-de-chaussée.

Le grain reste dans le germoir, en tas

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ou en mottes, communément vingt-quatre?heures, au bout duquel temps on le meten couche ; c’est-à-dire qu’on étend lesmottes ©u tas , &• qu’on les réduit à lahauteur de huit à neuf pouces d’épaisteur ,plus ou moins , selon que le germoir estplus ou moins échauffé. Quand on voit legerme pointer hors du corps du grain ,pour lors il faut rompre , c’est - à - dire ,remuer la couche de grain avec une pelle ,jeter le grain, d’une place dans une autre,&; le remettre en couche comme aupa-ravant , en donnant cependant moins dehauteur a la couche.

Au bout de quinze ou seize heures, onredonne encore un coup de pelle au grain,en observant de f éventer plus que la pre-mière fois, ce qui s’appelle donner le se-cond coup de pelle. On finit le secondcoup de pelle par remettre le grain encouche ; & après qu’il y a r esté encorequinze ou seize heures , il est dans ladisposition convenable pour passer sur latouraille..

La touraille est une des portions princi-pales d’une brastèrie. Sa partie supérieurea la forme d’une pyramide équilatérale ,creuse , dont le sommet seroit tronqué ,& la base en haut. Le corps ou les facesfont composées de pieces de bois assem-blées , & revêtues en dedans d’une maçon-nerie de brique , faite fur un latis tel quecelui des plafonds ; & , pour préserver lesbois d’un incendie presque inévitable , lamaçonnerie de brique est enduite de bonnescouches de plâtre. II y a à une des facesde la pyramide de la touraille , une portepour pouvoir y entrer, en cas de besoin-La base de cette pyramide renversée estun plancher sait de tringles de bois de.trois pouces d’équarrisiàge. On étend furces tringles- de bois une grande toile decrin que l’on^ nomme la haire. Sous le corpsde la touraille, en eft un autre de maçon—nene , dans l’intérieur duquel est construitle fourneau de la touraille.

Le grain au sortir du germoir , se chargefur le plancher de la touraille : on fy étenden forme de couche d’environ cinq à sixpouces d’épaistèur , & on fait du feu dans:le fourneau , jufqu’à ce qu’on s’apperçoive.que la grande humidité- que le grain a*