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Tome cinquième.
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reuses, qu’on peut les mener aux champsen tout temps.

Le pays Teísin a ses brebis : elles fontaufïï vigoureuses que les bressanes , maiselles portent moins de laine. En récom-pense , elles font belles , grosses , & don-nent de beaux agneaux. Les bâtardes duBrestàn font estimées ; cependant elles fontmoins fortes que les naturelles , quoiqueplus fortes que les teísines. On dit que c’estaux brebis de Barbarie que l’Angleterredoit la beauté de ses draps : ce qu’il y ade certain , c’est qu’elles donnent trois foisplus de lait que les brebis du pays ; que lalaine en est plus fine , & qu’on en tiredeux fois davantage.

Choisistèz entre ces brebis les meilleu-res , & formez-en votre troupeau. Ayezde bonnes bergeries ; voye\ F article Ber-gerie. Ne négligez pas le choix du berger ;voyei les articles BERGER & CHIEN DE

Berger.

Les brebis font timides , douces , sensi-bles au chaud & au froid , & fort sujettesà maladies : elles ne passent guere neuf ans.

Nourriture des brebis■ II faut les nourrird’herbes , de foin , de paille , & de sondans la bergerie : on peut auíîì leur donnerdes raves , des navets , & des joncs marinshachés, de la vefce , du sainfoin , & dela luserne : dans le temps de disette , desfeuilles d’onneau , de frêne , & de bou-leau , du cytise , des cosses & feuillesde légumes, des choux, ùc. C’est prin-cipalement en hiver qu’on use de cessecours , au défaut des pâturages.

Lorsque le temps du pacage est venu ,au printemps, en automne, & en hiver ,on les y mene une fois par jour : ellessortent sur les neuf heures, & on les ra-mené avant le soleil couché. En été , ellesy vont deux fois le jour. Elles partent dèsle grand matin , & rentrent fur les dixheures : on les fait boire ; on les renfermedans la bergerie ; elles y reposent jul-qu’à trois heures cju’elîes retournent auxchamps , où elles paillent jusqu’au coucherdu soleil , qu’on les fait boire une secondefois avant que de les renfermer. On neles fait boire qu’une fois dans les autresfaisons.

II ne faut pas mener paître au loin les

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brebis qui ont des agneaux ; il faut mêmealors leur donner le matin de bon foin.Tirez leur lait le matin , avant qu’ellessortent , &c le íoir quand elles reviennent.

Recommandez à votre berger d’éviterles pâturages épais & marécageux ; qu’ilchoisisse les lieux secs , aérés , élevés ,ceux qui abondent en plantes odoriféran-tes , & les collines : les chardons & lesépines gâtent la laine , & donnent la galleaux brebis. Mais il n’y a point de meil-leurs pâturages que les bords de la mer& les environs des marais falans. Qu’il lesfasse paître à l’ombre dans les grandeschaleurs.

II faut tenir le belier séparé des brebis ,soit aux champs , soit dans la bergerie ,à moins qu’elles ne soient en chaleur ; &pour augmenter son troupeau , il en fautséparer toutes les vieilles biebis. Ce triagese fera sur la fin d’Avril.

La paille qu’on donne aux brebis seremet en gerbe , qu’on vend ; car les bêtesà laine n’en rongent que l’épi. On parqueles brebis ; voye\l’article PARCAGE. Onles tond vers le mois de mai ; voye\Tonte. On les engraisse quand on veucs’en défaire ; voye\ Engrais. Quant àla propagation , voici comment on y pro-cédé.

Multiplication des brebis. Les brebisfont en chaleur depuis la Toussaint jusqu’aumois d’avril ; elles agnelent donc aussipendant six mois : elles portent pendantcinq. Comme le froid feroit périr lesagneaux qui naîtraient avant décembre ,on ne laisse approcher le belier des brebisque vers la fin de juillet ou au moisd’août.

Ne laifïèz le belier avec vos brebis quele temps qu’il faut pour qu’elles conçoivent.Vos agneaux vous viendront au temps oùvous les attendrez , & vous ménagerezvotre belier. Nourrissez bien votre belierpendant qu il travaille, & faites prendre del’eau salée à la brebis.

H faut veiller sur les brebis , quand letemps de I’agnation approche. L’agneau &la mere périront souvent si on ne les aide.Voye\ l’article Agneau. Vous enfermerezles brebis qui auront agnelé, pendant quatrejours, avec du bon foin , du son mêlé