504 BRI
II faut après cela que le rouleur menecette quantité de terre auprès de la tabledu mouleur , qui change de place , àmesure qu’il remplit les places entre leshaies , & qui s’éloigne par conséquentdu tas.
II faut enfin que cette quantité de neufà dix milliers de briques patient successi-vement par les mains du porteur & dumetteur en haie, dont nous allons parler.
II est estentiel que le mouleur ait la mainformée à son exercice , afìn que la matièresoit d’une égale densité dans toutes lesbriques , & qu’il ne s’y rencontre pas devu ides ou des inégalités de compressionqui se feroient remarquer au fourneau.
Lorsque le mouleur a travaillé tout lelong de lune des places , le porteur trans-porte sa table dans la place suivante ; &il les parcourt successivement toutes. Lemouleur auroit fini fa tâche de cinq centsmilliers en deux mois , fans les pluies quifont assez fréquentes dans les mois de mai& de juin, saison de fabriquer la brique,en sorte que ce travail dure ordinairementtrois mois. Nous observerons ici, quantau temps de mouler , soit brique , soittuile , qu’il ne faut pas commencer troptôt au printemps , ni finir trop tard enautomne , afin que la brique ait encorele temps de sécher avant qu’il gele. Carsi la gelée la surprend avant qu’elle soitfeche , elle tombe par feuille & la façonest perdue.
Le metteur en haie est l’ouvrier qui a.foin de la brique , lorsqu’elle a été unefois couchée fur le fable. Si le temps estbeau & qu’il faste du soleil , il ne faut pasplus de dix à douze heures à ces briquesrangées dans les places , pour fe ressuyerà prendre consistance au point de pouvoirêtre maniées fans fe déformer. Si le tempsest couvert & qu’il survienne des coupsde soleil vifs , ils peuvent précipiter ladéification des briques à leur surface íu-périeure , les faire gercer & casser. Alorsle metteur en haie doit les saupoudrer desable pour ralentir l’évaporation de leurhumidité ; il doit même les couvrir quel-quefois de paillassons , fur-tout s’il survientune grosse pluie.
Lorsque les doigts ne s’impriment plus
B R I
dans la brique, & qu’elle a déja acquisassez de fblidité , le metteur en haie com-mence alors son travail, & s’en va d’abordparer la brique ; voici en quoi ce travailconsiste.
On conçoit qu’en retirant le moulechargé de dessus la table , L en posantensuite les briques fur le fable , cette terreencore tendre , peut ramasser quelque or-dure , qui en s’attachant autour , peutaltérer la figure parallélipípédale qu’ellesdoivent avoir. Pour leur rendre exactementleur forme, ce qui s’appelle les parer , lemetteur en haie fe présente fur le flancdes rangées , tenant a ía main un couteauordinaire. II passe le couteau le long dubout des briques qui font le plus près delui, & coupe par ce mouvement les ba-vures de Pun des bouts ; puis il met del’autre main chaque brique fur son champ ,fans lui faire perdre terre j en même tempsil passe légèrement le couteau fur le boutle plus éloigné & fur le flanc qui fe pré-sente en haut : ainsi les quatre côtés fetrouvent parés. II est clair que les bordsdu plan supérieur n’ont pas besoin decette opération , parce qu’ils se trouventparfaitement parés & arrangés par le mou-vement du moule lorsqu’il abandonne labrique.
On peut en parer une quinzaine sansbouger de la place , c’est - à - dire , autantque le bras d’un homme peut en atteindredans l’attitude où il est. Alors en relevantce premier rang fur son champ , le metteuren haie en dérange deux qu’il restèrre unpeu contre les autres , pour pouvoir placerson pié dans leur intervalle, & paslèr ausecond rang ; il met ainsi successivementtous les rangs fur leur champ.
Si le temps est beau & ne menace pasde pluie , le metteur en haie continue cetravail tant qu il a des briques à relever.Mais si le temps est douteux , il va lesarranger fur les haies dès qu’il y en a centde relevées. Cette attention est fondée furce que la brique crue qui reçoit la pluiefur le champ , fe déforme très-facilement& fe réduit en morceaux ; au lieu quemouillée par ses grandes surfaces , elle ré-siste davantage , & n’est pas sitôt hors deservice.
Le