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& ceux des tuileries de Suisse. La plusgrande partie des fours de ce pays fontplutôt petits que grands ; il n’y en a aucunoù l’on puiste cuire cent milliers de bri-ques à la fois, comme à celui du Havre ;d’ailleurs on n’y cuit jamais des briquesseules ; mais la plus grande partie du fourest pleine de tuiles , car la consommationde celles-ci est beaucoup plus grande quedes premieres, parce que la pierre propreà bâtir abonde dans ce pays ; elle estd’ailleurs de bonne qualité , & ne coûtepas à beaucoup près autant que les bri-ques ; c’eíl pourquoi on la préféré.
La différence, dis - je, qu’il y a entreles petits fours de Suisse & ceux de Francedont nous venons de parler , consiste ence que ceux de Suisse n’ont pas cettegrande gueule que Ton nomme bombarde.Les deux files d’arcades ont chacune leurbouche séparée , comme dans les grandsfours dont nous avons donné d’abord ladescription , cependant avec cette diffé-rence , que celles-ci sont formées par unevoûte astèz longue. On établit au dessusdu four fur les murs , des colonnes quidoivent avoir une certaine hauteur, afinque le toit qu’elles soutiennent & qui cou-vre le destus du four , soir astèz éloignédes briques ou tuiles , pour que le feu n’yprenne pas ; car on ne Tête jamais , &tous les fours en ont. Les bouches fontrenfermées dans un hangard où se tiennentles ouvriers qui veillent à la cuisson de labrique : tout le reste d’ailleurs est tout-à-fait semblable dans les uns & dans lesautres , hormis qu’on ne carrelle jamais& que l’on. ne pratique point de lumières ;mais on arrange d’abord les briques furl’àrrasement des banquettes.
Les fours de France ont aussi quelque-fois un plus grand nombre d’ouverturespour les charger , que ceux-ci. On com-mence à charger les premiers par les ou-vertures qui íont au niveau des banquet-tes ; on. enfourne ensuite par la porte ,& on finit de les emplir , quand ils sontdécouverts , par le dessus. Mais s’ils fontvoûtés , on ménage, tout au haut unefenêtre par où on acheve de les remplir.Ceux de Suisse n’ont qu’une feule ouver-ture pour les charger j çlle est au milieu
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du côté du four qui est opposé aux bot!--ches : elle commence à quatre ou cinq,piés au destus de Tarrasement des ban-quettes & s’étend j usqu’au destus du four.Lorsque le four est plein , on a soin defermer , comme nous l’avons déja dit ,toutes ces ouvertures.
Mais avant que de quitter ce sujetnous remarquerons que Ton ne doit em-ployer que les briques les plus réfractaires,c’est-a-dire j, qui peuvent résister le pluslong-temps a faction du feu fans se fendre ;pour faire les arches & tout ce qu1 estexpose, a la grande action du feu : car ilest aise a comprendre que si quelques-unesde ces arcades venoient à manquer pen-dant la cuistòn , cela causeroit imman-quablement beaucoup de désordre dansTarrangement des briques au grand pré-judice de Pouvrier.
Voilà ce qui regarde les différentes es-peces de four où Ton brûle du bois ; nousallons voir maintenant comment on yarrange, la brique pour la cuire , en con-sidérant d’abord ce qui se pratique dansles grands.
Le premier rang s’arrange de maniéréque les briques croisent les banquettesformées par les arcades , & qu’elles dé-passent Tépaislèur de ces arcades ouarches, qui est plus petite que la longueurde la brique.
Le second rang au destus qui répondau vuide qui est entre les arches , est posésur Textrêmité des briques dont nous ve-nons de parler , qui forment une especed’ençorbellement ; les briques , qui onthuit'pouces de longueur, ont un pouce& demi de portée par chaque extrémité.Cette position s’obferve dans toute I éten-due du four , de maniéré que les briqueslaistènt entr’elles astèz d’espace pour quela chaleur prníTè pénétrer dans l’intérieurdu four.
Les briques du troisième rang croisentcelles du second: celles-là font croiséespar celles du quatrième ; les briques ainsirangées dans toute Têtendue du four ,.se nomment un champ de brique ; & lors-qu’il y en a dix , on forme ce qu’on ap-pelle un lacet , c’est-à-dire , qu’on arrangeun rang de briques, en forte que le jour -