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On couvre auíîi de terre le dessus dufourneau, du coté où le feu fe montre tropviolent : & l’on fait des ouvertures auxcôtés où Faction du feu paroît trop lente.
On finit par fermer toutes les bouches& toutes les ouvertures qui fe font faites ,tant aux côtés qu’au dessiis du fourneau ;l’ouvrage continue à fe cuire , lans qu’onjette de nouveau bois ; on ne tire l’ouyragedu four que lorfqu’il est refroidi.
Telle est , suivant M. Gallon , la ma-niéré de faire cuire la brique du Havre,dans les grands fours. D’autres briquetiersconduisent leur feu bien difléremment ,& avec beaucoup plus de ménagement.Nous croyons qu’il ne fera pas inutile derapporter ici ce que M. Duhamel dit à cesujet,* car il n’est guere possible de con-noître bien le fond de cet art, que parla connoistànce des pratiques différentes desouvriers.
D’abord , & pendant un ou deux jours,ils font un petit feu de gros bois vis-à-visle sommier ; ensuite ils séparent le feu endeux , & ils mettent chaque moitié vis-à-vis les arches , & l’entretiennent avecde gros bois.
On y met quelques petites bourrées avecquelques bûches bien loches. Quand la braisede ce bois est en partie consumée , on yajoute quelques autres bourrées & quel-ques bûches. On entretient ce feu modérépendant trente-six heures , en fournissimttoujours un peu de bois : on examine en-suite le dessus du four , pour connoître sila fumée fort également dans toute sonétendue, ou par tous les soupiraux, si on ena pratiqués : le quatrième jour on aug-mente un peu le nombre des bourréesqu’on fait entrer fous les arches , & oncontinue à en augmenter peu à peu lenombre jufqu’au feptieme ou huitièmejour : alors au lieu de ces bourrées , onemploie de bons fagots dont on augmentele nombre pendant deux jours pour établirle grand feu ; si on n’apperçoit plus sortirpar le haut du four une fumée très-noire& épaisse, mais seulement celle du bois,on juge que l’humidité des terres s’estdissipée , & l’ouvrage est en cuiston ; alorson augmente le feu de fagots pendant en-viron deux jours.
B R J
i 11 y a des briquetiers qui mettent leJ petit feu au fond des arches , & qui l’at-tirent peu-à-peu vers le devant : ils fontdurer ce petit feu quinze à seize jours ,en l'augmentant toujours peu-à-peu, deforte qu’ils consomment cinq à six cordesde bois avant que de mettre le grand feu.Alors ils ferment avec des briques & dela terre la moitié de la hauteur de la portequi communique de la chaufferie à la bom-barde.^ Le grand feu fe fait avec des fagotsallumes dans la bombarde ou fournaise ;on les porte sous les arches avec des four-ches de fer qui ont douze à quatorze pi ésde longueur : ce grand feu dure quatre àcinq jours & autant de nuits, & consommequatre à cinq milliers de fagots.
Si le feu paroistbit s’animer plus d’uncôté que d’un autre , on l’augmenteroitdans les arches du côté où il est le moinsvif, & on couvriroit de terre au dessiis dufour les endroits par où la chaleur s’échap-peroit en plus grande quantité ; car lavivacité du feu se porte toujours versl’endroit cù le courant de la chaleurs’établit.
Quand on ne voit plus sortir par le hautdu fourneau qu’une fumée claire , onaugmente vivement le feu ; & au bout dedeux ou trois jours, quand on voit le feus’élever fort au dessiis du four, on maçonneentièrement la porte qui communique dela chaufferie à la bombarde : on ferme aussiles soupiraux ou lumières du dessus, si cettepartie est voûtée ; ou bien si le four estdécouvert, on couvre l’ouvrage d’un piéd’épaisseur de terre & de gazon. La chaleurétant ainsi retenue , la terre continue à fecuire. II est important de laiííèr refroidirFourrage peu-à-peu : un refroidissementtrop précipité romproit toutes les briquesou toutes les tuiles; c’est pour cela qu’ilne faut ouvrir & vuider Je four que quand1 ouvrage a presque entièrement perdu fachaleur ; ce qui n’arrive dans les grandsfours qu’au bout de cinq à six semaines.
II est tròs-important que toute Fhumiditéde la terre soit dissipée , & que la chaleurait pénétré jufqu’au centre des briques ,avant de donner le grand feu * car ontrouve des briques vitrifiées à la superficie ,& dont la terre n’a pas perdu intérieure-