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Les ouvriers cjui enfournent & font cuirela brique au charbon de terre , sont ceuxque l’on appelle proprement briqueteurs ;apparemment parce que tout le succès del’entreprise dépend d’eux. Quand on parled’un bon briqueteur dans toutes les pro-vinces du nord de la France ou 1 on fabriqueune grande quantité de briques , on entendun bon conducteur de fourneaux.
Un attelier de ces ouvriers ou une maind cbriqueteuis , comme ils parlent entr’eux,consiste en une troupe de treize hommes,qui construisent en quinze à seize jours , file temps est favorable , un fourneau decinq cens milliers de briques. Les rangsentr’eux font le cuiseur ou chauffeur , quicommande les autres & conduit le feu;deux enfourneurs qui arrangent les briquesfur le fourneau ; trois entre deux qui ferventles premiers dans leurs opérations fur lefourneau , & font passer les briques & lecharbon de main en main : enfin , septrechercheurs ou brouetteurs , qui voiturentau fourneau tout ce qui entre dans fa cons-truction. L’entrepreneur leur fournit unou deux journaliers surnuméraires , pourécraser le charbon, s’il en est besoin.
Les différentes manœuvres de tous cesouvriers font continuellement entremêlées,parce que tous contribuent également à laconstruction du fourneau. Cependant ,comme le travail des enfourneurs & celuidu cuiseur demandent des attentions par-ticulières , je considérerai séparément leursfonctions , en indiquant la liaison qui setrouve entre celles du cuiseur & desenfourneurs.
Les briqueteurs ayant reconnu que lesbriques font mches & prêtes à être cuites ,ce qu’ils apperçoivent en en c allant quel-ques-unes , & en jugeant à la couleur qu’iln’y a plus d’humidité , ils établissent lepié de leur fourneau- Dans les, grandesmanufactures , telles que celles d Armen-tieres , d où il sort neuf à dix millions debriques par an , destinées pour Lille, Douay,Tournay , Gand, & toutes les villes quifont fur la Lys & l’Efcaut , les pies desfours font faits d’une maçonnerie tres-folide de briques & d’argile , qui sert atoutes les fournées. Pour les particuliersHui ne travaillent point tant en grand 3 on
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construit, fans argile , un pié de fousexprès pour chaque fournée , qui s’établittantôt dans un canton , tantôt dans unautre , selon que l’on peut rencontrer lesveines d’argile.
On choisit, pour asseoir le fourneau ,un terrain uni pr,ès des haies des briques ,avec la feule attention que les eaux nepuissent y séjourner, ni y former de courantquand il pleut. Sans peller ce terrain , &fans aucune autre préparation , on y décritau cordeau un quarté de trente-six à trente-huit pies de côtés , ou environ , pour labase du fourneau.
Les briqueteurs précautionnés font auxquatre angles du fourneau , saillir de neufà dix pouces les côtés du corps quarté, futenviron cinqpiés de longueur , en y formantà chaque angle une efpece de contre-fortpour le rendre plus solide. Ils élèvent cescontre-forts en talut, en forte qu’ils seperdent & fini fient dans le corps quarté dufourneau , d cinq ou six pies au defíùs dela base.
Sur-ce tracé, on décrit encore au cordeaul’emplacement des foyers destinés à rece-voir le bois qui doit allumer le fourneau ;ce sont de petites voûtes de quatorze poucesde large , & environ dix-huit de hauteur,espacées à trois piés de milieu en milieu ,dont la cavité régné d’tin côté du fourneauj.ufqu’à l’autre, & dont les figures fontassez connoître la construction.
Aussi-tót que les cordeaux sont placés ,les enfourneurs commencent leur travail ;on leur fournit pour le pié de four , desbriques cuites & des meilleures ; si l’on yen employoit de médiocrement cuites , lefeu pourroit les faire éclater , ou la chargepourroìtles écraser: le pié de four ne seroitpoint solide. Ils bordent les cordeaux enarrangeant les premieres briques avec soin ,ssf ffç 0 ! 1 qu’elles soient jointives & bienafijíes fur leur plat le long des foyers :eníuite ils rempliflènt les intervalles, avecun peu moins de précaution.
Toutes les briques du fourneau, depuisp premiere affise de ces briques cuitesjusqu’au sommet , sont placées fur lechamp , excepté celles qui se trouventautrement posées aux paremens des foyersaux anglçs des contre-forts, & quelquefois