Band 
Tome cinquième.
Seite
514
JPEG-Download
 

514 BRI

panneaux, soit leur lit, soit un de leurslongs côtés.

Comme la brique panneresse du pare-ment ne peut avoir beaucoup d’assietteou de solidité, ne portant que de deuxpouces de large fur le fourneau, & qu’elleseroit facilement renversée par les briquesboutiíses qui doivent la rencontrer , l’en-fourrteur place d’abord les briques boutiíïesde derriere à deux pouces de distance duparement, & dépose sur leur champ lapanneresse , avec laquelle il vient formerle parement lorsqu’il a fini le reste de satâche : il laisse de méme quatre pouces deretraite au parement pour en asseoir deuxpanneresses.

Sans examiner encore ici les effets dufeu fur ce fourneau , il est nécessaire d’ob-server en paslànt , que les bordures ouparemens ne cuisent pas au même pointque le reste. Les briques de l’intérieur dimi-nuent plus de volume par la cuisson, &perdent davantage fur les dimensions dumoule que celles de la bordure. D’ailleursle charbon se réduit totalement en cendresdans l’intérieur du fourneau : au lieu queprès des bords , il n’est pas toujours par-faitement consumé. II arrive delà que lefourneau reçoit un affaissement plus consi-dérable dans son corps qu’aux paremens,& qu’il prendroit à fa surface supérieurela forme d’un baff n quarré à bords en talut,si l’enfourneur n’avoit foin d’y pourvoir ;il en résulteroit un grand inconvénient. Lesbriques de bordure ne conservant plus leurparallélisme ni leur assiette horizontale ,puisqu’elles seroient forcées & inclinées parcelles de derriere , bientôt les paremensse détacheraient du corps quarré : l’édifices’écrouleroit.

Pour prévenir cet accident , dès quel’assaissement commence à paraître , l’en-fourneur forme un des tas de la bordureun peu moins élevé qu’à l’ordinaire , cequ’il appelle faire un faux tas , c’est-a-dire,qu’au lieu d’y placer la brique boutiffe ver-ticale fur son champ , il l’incline plus oumoins fur lune des arêtes ; en forte qu’ilabaisse cette bordure de six , douze oudix-huit lignes , suivant que l’exige saisis-sement du fourneau. Si l’affaiílèment alloità deux pouces, ce qui arrive rarement,

B R I

l’enfourneur formerait le tas de la bordured’une brique mise à plat au lieu d’une dechamp. Toutes les fois qu’il abaislè ainsila bordure , il est obligé d’incliner à pro-portion les premieres rangées de briquesqui la rencontrent fur le même tas. C’estpar ce moyen que se rétablit & s’entretientle niveau de la surface supérieure du fourneau.

Les briques du corps quarré , au delàdes dix-huit à vingt pouces de la bordure,n’exigent pas tant de foin. II suffit de re-marquer que , comme de trois en trois tason répand un lit général de charbon furle fourneau , les briques du tas qui doitrecevoir cette charbonnée , doivent êtreà-peu-prás jointives, & beaucoup plus ser-rées les unes près des autres que celles desdeux autres tas , afin que leurs joints nelaissent pas tomber le charbon fur les tasinférieurs- : les briques de ceux-ci peuventêtre espacées d’un pouce entr’elles , fansinconvénient.

C’est une manœuvre très - animée quecelle de l’enfournage ; l’enfourneur est celuidont le travail est le plus fatigant. J’aidit qu’il ne charge que la moitié de. lasurface du fourneau. II entre ordinairementprès de' dix milliers de briques à chaquetas complet ; & les cinq milliers de la tâched’un des enfourneurs lui font fournis deuxà deux par les entre-deux , en cinq quartsd heure de temps ; il les met en place ,tantôt quatre , tantôt moins , à la fois ,selon que l’efpace le lui permet : il fe baiííè& fe releve treize à quatorze cents foisen cinq quarts d’heure , & cela fur un atte-ster où il fait chaud. Les entre-deux ontbien moins de peine : ils tiennent à leursfonctions tout le long du jour.

Au commencement de la constructiondu fourneau , les rechercheurs font occupéstous sept à aller chercher le s briques , &ijs commencent par transporter les pluséloignées. La longueur du roulage dimi-nuant donc à mesure que le fourneau s’éle-ve , & qu’il y faut élever des échafaudspour le transport de main en main ; ceque le roulage exige de moins des recher-cheurs , fe place en relais fur les échafauds-,& ils gardent entr’eux tous un ordre pro-portionné à la fatigue des distérens postes,qu’ils occupent.