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Tome cinquième.
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cuiseur forme-t.-il légèrement , & le plusvite qu’il peut , la premiere charbonnée dechaque matinée. Quant à renfourneur quilui íliccede , comme il ne peut pas couriren posant ses briques , il ne tient guerequ’un quart d’heure à cet exercice fansêtre relevé par son camarade , malgré sachaussure de mauvais souliers , & l’habi-tude qui rend ces gens durs à cette cha-leur : quelquefois même après cinq ou sixminutes, il est obligé de se retirer. Commeles entre - deux sont toujours placés furles briques qui viennent d’être nouvel-lement posées , ils ne font pas dans lemême cas.

Les charbonne'es générales se font régu-lièrement de trois en trois tas fur toute lahauteur du fourneau, & d’environ un demi-pouce d’épaislèur fur toute fa surface, plusou moins, suivant la qualité du charbon. IIs’en fait d’autres petites à chaque tas , quine fe conduisent pas de même. La fuméequi fort par tous les joints du lit supérieur,indique , par son plus ou moins de densité ,les endroits du fourneau où le feu a fait leplus de progrès : comme il faut une con-tinuelle attention à l’entretenir par-toutisochrone , les petites charbonnées doiventêtre réglées fur des indices.

On feroit peut-être tenté de croire queles points où le feu va plus vite , font ceuxauxquels il faudroit fournir le moins dematières combustibles à consumer : c’estprécisément le contraire. Le cuiseur se pro-mené sur le fourneau, la manelette dansles mains, & ne la vuide cju’aux endroitsoù il voir le feu plus prés de gagner lasurface. S’il apperçoit des briques qui com-mencent a blanchir ou à jaunir par l'exal-tation des soufres ou bitumes du charboninférieur, c’est-là où il répand le plus denouveau charbon ; il en jette moins fur lesjoints qui rendent une fumée moins épaisse,& point du tout aux endroits qui ne don-nent encore aucun signe d’inflammation.

Pour procurer au fourneau une chaleurégale dans toutes les parties de fa surface,une chaleur qui puisse opérer la cuissonde toutes les briques le plus uniformémentpossible, il est indispensable de retarderfaction du feu dans les parties de cettesurface , où il dénote une extension trop

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précipitée. Le charbon qu’on ajoute de nou-veau opéré cet effet , en bouchant unepartie des joints entre les briques qui nefont pas fort serrées.

Je conçois l’opération du feu de ce four-neau , comme l’effet d’un corps élastiqueen tout sens , tendant toujours à fe déve-lopper & à s’échapper , principalement parla verticale ; & je pense que le talent ducuiseur est de ne laisser débander ce rcílòrtvers la surface supérieure , qu’après avoirfait séjourner sufEíamment cette masse defeu dans le fourneau, fous une forme peut-être continuellement parallélipipédale ,c’est-à-dire , semblable au corps quarré dufourneau fur une certaine épaisseur. Nousverrons plus bas comment le cuiseur par-vient à contenir le feu sur les quatre paroisou paremens du fourneau.

Ce qui m’a fait prendre cette idée , c’estla remarque que j’ai toujours faite lorsquele temps étoit calme , que je pouvois tenirla main contre les paremens tout autourdu sommet du fourneau, sur environ quatrepiés de hauteur ; plus bas , fur environquatre autres piés , la main ne pouvoit yrester : la chaleur étoit tempérée, & décrois-soit toujours jusqu’au pié du fourneau. Entout , la chaleur n’étoit guere sensible auxparemens que fur environ sept piés de hau-teur totale. C’est donc cette zone de cha-leur qui doit petit - à - petit parcouriren s’élevant toute la hauteur du corpsquarré, pour en pousser successivementtoutes les briques au point de cuisson quileur convient.

Cette masse de feu monteroit beaucouptrop vite , si on laissòit à l’air la liberté decirculer par les foyers du pié de four. Désque le cuiseur y a posé quelques tas debriques crues , il maçonne les embouchuresdes foyers avec des briques cuites & deI argile ; & s’il a besoin pendant la cons-truction du fourneau , de pousser un peule feu vers quelque partie où il ne se portepas assez, i] rouvre plus ou moins f uneou plusieurs de ces embouchures.

L’activité du feu de ce fourneau dépenden grande partie des qualités de la terre& du charbon qui le composent. 11 n’estpas possible d’éclaircir dans un mémoirece point important. Les meilleurs ouvriers