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Tome cinquième.
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ne sacre point Jes e'vëques qu’ils n’aientleurs baltes. En Espagne on expédie desbulles pour toutes sortes de bénéfices :mais en France on n’a que de simplessignatures en papier , à la réservé desarchevêchés , des abbayes , & de quelquesprieurés conventuels. Les bénefices dontle revenu excede vingt-quatre ducats , nefont possédés que fur des provisions quis’expédient par bulles , & non pas parsimples signatures , suivant une réglé dela chancellerie. La France n’a point vouluse soumettre à cette réglé ; & à l’excep-tion des bénéfices qui font taxés dans leslivres de la chambre apostolique , elle s’eítconservée dans le droit de n’exprimer lerevenu du bénéfice qu’on impetre quh-ngénéral & de cette maniéré : Cujus &ilh ftrjdii annexorum jruchis Zcf. duca-tonun auri , de caméra secundwn com-munem ivflimadonem , valorem annuumnon excedunt.

Les bulles qui viennent de Rome enFrance , font limitées & modérées selonles usages du royaume , avant que d’êtreenregistrées. On n’y en reçoit aucunes ,qu’après avoir bien examiné si elles necontiennent rien de contraire aux libertésde i’égiise Gallicane. II snffit en Franceque ces mots proprw motu , de notrepropre mouvement, se trouvent dans unebulle, pour la rejeter toute entiere.

Les Espagnols ne reçoivent pas non plusaveuglément les bulles des papes : ellesfont examinées dans le conseil du roi ;& si l’on trouve qu’il y ait des raisons pourne pas les mettre en exécution , l’on endonne avis au pape par une supplique ;& par ce moyen ces bulles demeurentfans effet Cette maniéré d’agir avec lacour de Rome est établie dans la plupartdes états & des royaumes.

Fulminer des bulles , c est en faire lapublication ou vérification par 1 un destrois commissaires auxquels elles font adres-sées , soit qu’il soit évêciue ou official. Ons’oppose quelquefois à ia publication desbulles ou des rescrits du pape. Maisquand il s’y trouve de l’abus, I on a pourlui le respect de n’appeller pas directementde la concession de la bulle-, on interjette■simplement appel comme d’abus de 1 exé-

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cution tíli fulmination de la bulle. C’estun expédient pour ne point choquer lepape, en ne se plaignant que de !a pro-cédure & de la partie qui a obtenu-labulle:

Cependant il y a des cas importuns,dans lesquels on appelleroit fans détourcomme d’abus de la bulle du pape : parexemple , s’il prononçoit I’excommunica-tion contre la personne du roi ; s’il entre-prenoit fur le temporel du royaume ; s’ildifpofoit des bénéfices dont la nominationappartient au roi par le concordat. Voye%Fulmination.

Quand le pape est mort, òn n’expédieplus de bulles durant la vacance du siégé,& jusqu’à sélection du successeur : ainsipour prévenir les abus qui pourroient seglisser , auffi-tôt que le pape est mort,le vice-chancelier de l’Eglise romaine vaprendre le sceau des bulles , puis il faiteffacer en présence de plusieurs personnes,le nom du pape qui vient de mourir ; ilcouvre d’un linge le côté où font les têtesde S. Pierre & de S. Paul ; il y met sonsceau , & donne ce sceau des bulles ainsienveloppé , au camérier pour le garder ,afin qu’on n’en puistb sceller aucune lettre.

Bulle in cœnâ Domini : on appelleainsi une bulle fameuse , qui se lit publi-quement tous les ans à Rome le jour dela cene, c’est-à-dire le jeudi - saint , parun cardinal diacre , en présence du pape,accompagné des autres cardinaux & desévêques. Elle contient une excommuni-cation contre tous Ls hérétiques , lescontumaces & les désobéistans au saintsiégé. Après la lecture de certe bulle , lepape jette un flambeau allumé dans la placepublique , pour marque d’anatheme. Dansla bulle du pape Paul III de fan 1536, ilest énoncé dès le commencement , quec’est une ancienne coutume des souverainspontifes, de publier cette excommunica-tion le jour du jeudi-saint , pour conserverla pureté de la religion chrétienne , pourentretenir surdon des fidèles : mais onn y marque pas sorigine de cette céré-monie. Les principaux chefs de la bullein cœnâ Domini regardent les hérétiques& leurs fauteurs, les pirates & les cor-saires ; ceux qui imposent de nouveaux