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On ne sauroit approuver davantage latraduction des jésuites , qui s’kabilloitd’écarlate Ù de toile fine , parce que byjfiusne signifie point une toile fine dans le sensque nous attachons au mot de toile.
MM. de Port - Royal ont rendu plusexactement le terme grec , qui étoit vêtude poupre Ù de lin ; mais ils n’en ontpas dit assez , car il s’agit ici nécessaire-ment de quelque chose qui eft au deffiisdu simple lin.
M. Simon Ta bien vu ; aussi a-t-il tra-duit , qui se vêtoit de pourpre Ù de fin Un.11 appuie sa traduction d’une très - bonnenote. " U y avoit, dit-il, une espece de„ fin lin qui étoit fort cher, & dont les», plus grands seigneurs se vêtoient en ce7 , pays-là & dans TEgypte. Ce riche en73 avoit un habit de couleur de pourpre. ,3
MM. de Beausobre & Lenfant ont tra-duit de même , qui alíoit vêtu de pourpre& de lin très-fin c’est-à-dire , ajoutent-ilsdans leurs notes, d’une étoffe de lin finteinte en pourpre.
Ceci s’accorde parfaitement avec Pline ,qui assure que le byfiè étoit une espece delin très-fin. Pausanias dit la même chose ,& remarque que dans toute la Grece ilne croiílòit de byjfie qu’en Elide. Plusieurs-m jdei ncs font du même avis, & en par-ticulier Bochart, qui remarque que le byjj’usétoit un lin fort fin , qu’on teignoit souventen pourpre. On peut aussi consulter le vo-cabulaire grec d Hésychius , & Leydekkerdans ía république des Hébreux.
Ceux qui soutiennent que le byjfius n’é-toit autre chose qu’une toile de coton fortfine , connue seulement aux Indes , & parconséquent tres-chere dans les autres pays,s’appuient du récit de Philostrate , quiraconte qu’ApolIonius de Tyane étant auxIndes observa que tout le byjjus dont onse servoit en Egypte, venoit uniquementdes Indes; mais l’autorité de Philostrate,auteur d’un vrai roman fait fous le titre dela vie d’Apollonius ae lyajie , ne sauroitdétruire des témoignages formels , quiprouvent qu'il y avoir d’autre byfiè quecelui des Indes.
Enfin Philon assure ÇPhilo , defiomniis ,p- b97- c dit. in-fol. ) que le byjfius est detous les lins le plus beau , le plus blanc &
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le plus fort ; qu’il n’est point tiré d’unechose mortelle , mais de la terre ; & qu’ildevient toujours plus blanc & plus brillant,lorsqu’on le lave comme il faut. Voilà doncl’amiante ou le lin incombustible sous lenom de byjjus , dans Philon.
S’il est permis de dire notre sentimentaprès tant d’habiles critiques qui ont tâchéd’éclaircir ce que Ton doit entendre par lebyjjus des anciens , nous croyons pouvoirconjecturer avec vraisemblance , que cemot est un terme générique qui signifiedans leurs écrits une matière rare tirée durégné végétal & même minéral, en diverslieux & en divers pays; de laquelle matièreils faisoient diverses étoffes riches & pré-cieuses. II y avoit le byfie des Indes ,d’Egypte , de Grece, comme nous avonsde la porcelaine de divers pays.
Nous ne doutons point encore que fousce nom les anciens n’aient confondu lescotons , les ouates , en un mot tout cequi se filoit, & qui étoit d’un plus grandprix que la laine.
Mais s’il est certain qu’il y avoit chez lesanciens du byjfie tiré du régné végétal,il y a tout lieu de penser qu’ils tiroientaussi du byjfius des pinnes - marines. Quedis-je , de penser ? Aristote Tassure positi-vement , car il nomme byfiìis la foie deces coquilles.
On a connu de tout temps Tart de lafiler : ainsi Ton ne peut douter qu’ellen’ait été souvent employée pour Ls habitsdes grands seigneurs , dans des siécles oùla foie n étoit que très-peu connue & neíe voyoit que rarement.
En effet ce byfi'us de coquillage , quoiquefilé grossièrement, paraît beaucoup plusbeau que la laine , & approche assez dela foie : on en lait encore à présent desbas & d’autres ouvrages , qui feraient plusrecherchés si la foie étoit moins commune.
Pour filer cette forte de byjfius , on lelaiíîe quelques jours dans la cave pourl’humecter & le ramollir; ensuite on lepeigne pour en séparer la bourre & lesautres ordures qui y font attachées ; enfihon le file comme on fait la foie.
Si je connoistòis quelque ouvrage, quelqh etraité particulier fur le byjfius des anciens»j’v renverrois les curieux. Voyez cependant
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