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s°nt les chrétiens qui se chargent souventde ce travail pour les Juifs. Mais il fautAvouer qu’ils ne font pas toujours les meil-'eurs interprètes de la cabale. Ils pensenttoujours à la Trinité des personnes divines ;& quand il n’y auroit que ce seul articled°nt ils s’entêtent , ils n’entreroient jamaisdans le sentiment des cabalistes. Ils nousApprennent feulement par leur idée de latrinité , qu’on peut trouver tout ce qu’onj^ut dans la cabale. Cohen Irira dans son' lv re intitulé : Philos, cab. dijjert. V, chap.K n h nous fait mieux comprendre la penséed^s cabalistes , en soutenant, i°. que la lu-toiere qui remplissoit toutes choses étoittrop subtile pour former des corps ni mêmedos esprits, il falloit condenser cette In-juste qui émanoit de Dieu. Voilà unePremiere erreur , que le monde est sorti^ e la divinité par voie d’émanation, & quees esprits font sortis de la lumière. 2 e . 11toniaque que Dieu ne voulant pas créer im-médiatement lui-mème , produisit un êtreqn il revêtit d’un pouvoir suffisant pour cela,^ c’est ce qu’ils appellent .Adam premier011 -Adam kadmon. Ce n’est pas que Dieu? e Put créer immédiatement, mais il euta honté de ne le pas faire , afin que sonPouvoir parut avec plus d’éclat, & que lesCréatures devinssent plus parfaites. 3 0 . CePternier principe que Dieu produisit, afin, e s ’en servir pour la création de l’univers,îtoit fini & borné : Dieu lui donna lesP er séchons qu il a , Ù lui laijja les défautsd n’a pas. Dieu est indépendant, &Jì Premier principe dépendoit de lui ; Dieuil ' à le premier principe est borné ;
f ■ immuable , & la premiere cause étoitau changement.
él -* aut donc avouer que ces théologiensoignent des idées ordinaires Br J ~
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Tnif ' fâr Isaac Lonia,- u,í , qui Puît pas à nasne donnent nas ; P ^ Scréation a Dieu : il sconsister fa bonté
- —-, qu’ils-maternent lamême^ principe inférieurirouver Jésus-ChristTome V.
à luidans
a avoir Paîtqui pût agir.ce principe,
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c’est non seulement s’éloigner de leuridée, mais en donner une très-fausse duFils de Dieu , qui est infini, immuable ,& indépendant.
Si on descend dans un plus grand détail,on aura bien de la peine à ne se scanda-liser pas du Seir Anpin , qui est homme& femme ; de cette mere , ce pere , cettefemme ou Nuciia , qu’on fait intervenir.;de cette lumière qu’on fait sortir par lecrâne , par les yeux & par les oreilles dugrand Anpin. Ces métaphores sont-ellesbien propres à donner une juste idée desperfections de Dieu , & de la maniérédont il a créé le monde ? 11 y a quelquechose de bas & de rampant dans cesfigures , qui, bien-loin de nous faire dis-tinguer ce qu’on doit craindie Ù ce qu’ondoit aimer , ou de nous unir à la divinitéI’aviliíîènt, & la rendent méprisable auxhommes.
Voilà les principes généraux de la ca-bale, que nous avons tâché d'explìquer avecclarté , quoique nous ne nous flattions pasd y avoir réussi. II faut avouer qu’.l y abeaucoup d’extravagance , & même depéril dans cette méthode ; car si on nedit que ce que les autres ont enseigné surles opérations & fur les attributs de Dieu,il est inutile d’employer des allégoriesperpétuelles, & des métaphores outrées,qui , bien-loin de rendre les véritéssensibles , ne fervent qu’à les obscurcir.C’est répandre un voile sur un objet quiétoit déja caché , & dont on ne décou-vroit qu’avec peine quelques traits. D’ail-leurs, on renverse toute l’Ecriture , onen change le sens, & julqu’aux mots,afin de pouvoir trouver quelque fondement& quelque appui à ses conjectures. Onjette même souvent les hommes dans 1 er-reur, parce qu’il est impossible de suivreces théologiens, qui entastent figures furfigures & qui ne les choilment pas tou-jours avec jugement. Ce mélange d’hom-mes & de femmes qu’on trouve astociésdans les splendeurs , leur union conjugale,& la maniéré dont elle se fait, sont desemblèmes trop puériles K,, trop ridiculespour représenter les opérations de Dieu ,& fa fécondité. D ailleurs, il y a souventune profondeur si obscure dans les écrits
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