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Tome cinquième.
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des Cabalíftes , qu’elle devient impéné-trable : la raison ne dicte rien qui puisses’accorder avec les termes dont leurs écritsfont pleins. Après avoir cherché long-temps inutilement, on se lasse, on fermele livre ; on y revient une heure après ;on croit appercevoir une petite lueur,mais elle disparaît auísi-tôt. Leurs principesparoiílènt d’abord avoir quelque liaison ,mais la diversité des interprètes qui lesexpliquent est si grande, qu’on ne fait oùse fixer. Les termes qu’on emploie fontsi étrangers ou si éloignés de l’objet, qu’onne peut les, y ramener ; & il y a lieud être étonné qu’il y ait encore des per-sonnes entêtées, qui croient que l’on peutdécouvrir ou éclaircir des vérités impor-tantes , en se servant du secours de lacabale. U ferait difficile de les guérir :d’ailleurs, si en exposant aux yeux cettescience dans son état naturJ, on ne s’ap-perçoit pas qu’elle est creuse & vuide, &que sous des paroles obscures, souventinintelligibles à ceux-mêmes qui s’en ser-vent , on cache peu de chose ; tous lesraisonnemens du monde ne convaincraientpas. En effet, un homme de bon sensqui aura étudié à fond les séphirots , lacouronne qui marque la perfection , la sa-gesse y ou la magnificence , en compren-ara-t-il mieux que Dieu est un être infi-niment parfait, & qu’il a créé le monde ?Au contraire, il faut qu’il faste de longuesspéculations avant que de parvenir là. II fautlire les Cabalistes , écouter les diííerentesexplications qu’íls donnent à leurs splen-dear s , les suivre dans les conséquencesqu us en tirent, peser si elles font justes.Après tout, il faudra en revenir à Moïse ;& pourquoi n’aller pas droit à lui, puisquec’est le maître qu’il saut suivre , & qnele cabaliste s’égare dès le moment qu’ill’abandonne ? Les séphirots sont, commeles distinctions des scholastiques, autantde remparts, derriere lesquels un hommequi raisonne juste ne peut jamais percerun ignorant qui fait son jargon. Les écri-vains sacrés ont parlé comme des hommessages & judicieux , qui voulant faire com-prendre des vérités sublimes,, fe ferventde termes clairs. Ils ont du nécestàirementfixer leur pensée & celle des lecteurs ,

C A B

n’ayant pas eu desiein de les jeter dans unembarras perpétuel & dans des erreursdangereuses. S’il est permis de faire direà Dieu tout ce qu’il a pu dire, fans q ueni le terme qu’il a employé , ni la liasse"du discours détermine à un sens précis , onne peut jamais convenir de rien. Les fys"têmes de religion varieront à proportionde la fécondité de l’imagination de ce" xqui liront l’Ecriture ; & pendant q uel’un s’occupera à chercher les événeme" sfuturs & le sort de l’égliso dans l eSexpressions les plus simples, un autre ytrouvera fans peine les erreurs les pl" sgrossières.

Mais, nous dira- 1 -on , puisque les Jui»font entêtés de cette science, ne seross'il pas avantageux de s’en servir pour l eScombattre plus facilement ? Quel avan-tage ! quelle gloire pour nous , lorsqu’ontrouve , par la cabale , la Trinité de*personnes , qui est le grand épouvanta"des Juifs, & le fantôme qui les trouble -quelle consolation, lorsqu’on découvre to" Sles mystères dans une science qui feint"?n’être faite que pour les obscurcir !

Je réponds i°. que c’est agir de mau-vaise foi que de vouloir que le christ 13 'nisme soit enfermé dans les séphirots ; ca íce n’étoit point I’intention de ceux q 11 *les ont inventés. Si on y découvre nosmystères afín de faire sentir le ridicule #le foible de cette méthode , à la bon"?heure : mais Morus & les autres cabalist eíchrétiens entrent dans le combat ave?une bonne foi qui déconcerte, P ar ? equ’elle fait connoître qu’ils ont desteinprouver ce qu’ils avancent, & qu’ils i° nconvaincus que toute la religion chrétien"?fe trouve dans la cabale ; ils insultent ce"qui s’en moquent, & prétendent que c ?l’ignorance qui enfante ces souris mép rI '"fans. On peut employer cette scie"??contre les rabbins qui en font entêt? s tafin d’ébranler leur incrédulité par lesgumens que l’on tire de leur propre seini& 1 usage qu’on fait des armes qu’ils no"prêtent, peut être bon quand on les tour"contre eux-mêmes : mais il faut toujo"garder son bon sens au milieu du com" 3 ’& ne fe laisser pas éblouir par i’éclat d Ç ^victoire qu’on remporte facilement, ní