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pousser trop loin. II faut sentir la vanité dec ® s principes, & n’en pas faire dépendre lesVe rités solides du christianisme ; autrementon tombe dans deux fautes sensibles.
» En effet, le juif converti par des argu-ons cabalistiques , ne peut pas avoir uneVéritable foi. Elle chancellera dès le mo-ment que la raison lui découvrira la vanité.6 cet art ; & son christianisme, s’il n’esttlre que du fond de la cabale , tomberaav . ec la bonne opinion qu’il avoir de fascience. Quand méme l’illusion dureroithffqu’à la mort, en feroit-on plus avancé ?"n feroit entrer dans l’églife chrétienne|î n homme dont la foi n’est appuyée que* l1r des roseaux. Une connoiílance si peulo ude peut-elle produire de véritables^ e rtus ? Mais, de plus, le prosélyte, dégagéoes préjugés de fa nation, & de l’autorité0 e ses maîtres , & de leur science, perdraPou-à-peu l’estime qu’il avoir pour elle.^ commencera à douter : on ne le rame-na pas aisément, parce qu’il se défiera
fes maîtres qui ont commencé par laraude ; & s’il ne rentre pas dans le ju-pisine par intérêt, il demeurera chrétiena °s religion & fans piété. (G)
, Voilà bien des chimères : mais l’histoiree la philosophie, c’est-à-dire des extra-Va 8ances d’un grand nombre de lavans ,erit re dans le plan de notre ouvrage ; &n °.us croyons que ce peut être pour lesPhilosophes méme un spectacle assez cu-r \ e ux & assez intérestànt , que celui desre yeries de leurs semblables. On peut dire*J U n’y a point de folies qui n’aient passéP ai la tête des hommes , & même desges ; & Dieu merci, nous ne sommesUff ans âoute encore au bout. Ces caba-J es „ qui découvrent tant de mystères endes lettres ; cette lumière quirt du crâne du grand Anpin ; la flammean * es brachmanes se cherchent
que les omh;r ez ’ ^ lumière du Tabor
Prés fur la même ligne ; n & s a" t > a " pa -lu cet article & plusieurs autres /ondire ce vers des Plaideurs : P rra
Que de fous ! je ne fus jamais d tellefête. (OJ
CAB 651
CABALE , f. f. (Police. Spectacles.)On appelle ainsi une espece de milice, queles amis ou les ennemis d’un poète , quidonne une piece de théâtre, vont leverdans les carrefours & dans les cafés deParis, quelquefois même dans le monde ,pour íe répandre dans le parterre & dansles loges , & pour blâmer ou applaudir , augré de celui qui l’assemble. On peut jugerdes lumières d’un siecle , par le plus ou lemoins d’afcendant que la cabale , amie ouennemie, a pris fur Popinion publique , &par l’espace de temps qu’elle a soutenu demauvais ouvrages , ou qu’elle en a dépriméde bons.
Le chef d’une cabale amie est commu-nément un connoisseur , un amateur , quiveut être important, & n’est souvent queridicule. Le chef de la cabale ennemie estpresque toujours un envieux , lâche & bas ,mais ardent , & doué d’une éloquencepopulaire ; il parle avec facilité ; il pro-nonce ; il décide ; il tranche ; il annonceavec impudence qu’il connoît ce qu’il n’apoint vu ; ou s’il ne peut médire de l’ou-vrage , il déclame contre fauteur , l’accufed’orgueil, d’insolence , & le peint quel-quefois des plus noires couleurs, afin dele rendre odieux. J’ai oui parler dans majeunesse d’une fcene qui peut donner l’idéede cette espece de ligueurs. Dans un caféque les gens de lettres fréquentoient alors,un de ces chefs de cabale fe déchaînoitcontre le jeune poète dont on alloit jouerla piece : l’un de ceux qui l’écoutoient luidemanda s’il connoifíòit ce jeune homme :assurément, dit—il, je le connois , & jem’intéressois à lui ; mais fa présomptionopiniâtre me l'a fait abandonner : la piecequ’il donne aujourd’hui, il me l’a lue : ;elui en ai montré les défauts ; mais u estsi plein de lui-même , qu il n a rien voulucorriger : j’ai eu tort, lui dit le jeune hommeauquel il répondoit : mais , Monsieur , cen’est pas assez de connoître les gens , ilfaut les reconnoître.
Du reste, dans un siecle dont le goûtest formé, ces cabales si effrayantespour de jeunes poètes , ne leur fontdu mal qu’un moment ; jamais un bonouvrage n’y a succombé, & c’est ceque doivent savoir ceux qui entrentNnnn 2