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Tome sixième.
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solide, feche, friable, tiès-volarile, três-infiammable, d’une odeur très-pénétrante,& d’un goût très - amer & piquant; elfeparoît être composée de beaucoup de phlo-gistiquc, d’une terre très-subtile & de tortpeu d’eau.

Les arbres dont on tire le camphre fetrouvent à la Chine & au Japon : mais lesmeilleurs font ceux des îles de Bornéo, deSumatra & de Ceylan. Les relations nes’accordent pas fur la maniéré dont on s yprend pour tirer le camphre ; Popinion laplus commune, & peut-être la moins son-dée, est qu’il découle naturellement del’arbre comme une gomme, & qu’on leramasse figé au pied de ces arbres. 11 y a desgens qui prétendent que les Indiens, pourì’obtenir, font des incisions aux arbres, d’oùil tombe en abondance. Suivant les Lettrescurieuses & édifiantes , voici la méthodeusitée à la Chine pour tirer le camphre.On fe sert pour cela des nouvelles bran-ches d’un arbre que les Chinois nommentTchang, on les coupe en petits morceaux,on les met en macération pendant troisjours & trois nuits dans de Peau de puits ;au bout de ce tems on les fait bouillir dansune marmite, en observant de remuercontinuellement avec un petit bâton desaule ; quand on volt qu’il s’attache à cepetit bâton une efpece de gelée blanche,on passe la décoction, on en sépare toutesles saletés, on la verse dans un pot de terrevernislë, où on la laisse reposer pendant unenuit ; on trouve le lendemain que ce sucs est coagulé & a formé une masiè. Pour pu-rifier cette premiere production, on prendde la terre grasse tort íeche, on la réduiten poudre bien íine , on en met une cou-che dans un bassin de cuivre, & fur cettecouche de terre, on en met une de cam-phre on continue â faire des couches decette maniéré jusqu a ce qu’il y en ait qua-tre , & on coime la derniere avec desfeuilles de la plante poho, ou de pouliot.On couvre le bassin de cuivre ainsi garni,d un dôme ou autre bassin qui s ’y adaptéexactement, on garnit les joints de terregrasse, on les met fur un feu qu’on a foinde rendre égal & réglé ; on prend garde"u u ne le salit ni fentes ni crevasses à l’en-uit de terre qui sert à setet les jointuresTome VI.

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des bassins, de peur que la partie spiri-tueuse du camphre ne vienne à Réchap-per : Iorsqu’on a donné un feu suffisant,on lai fié refroidir les bassins, on les dé-tache , & l’on trouve le camphre sublimédans celui d’en-haut; eu réitérant deux outrois fois la même opération, on aura uncampk re très-pur.

L’arbre dont les branches fournissent cecamphre a, suivant les mêmes relations,jusqu’à cent trois coudées de haut; & fagrosseur est si prodigieuse, que vingt hom-mes peuvent à peine ['embrasser. Tout cedétail est une traduction d’un livre chinoisfort estimé dans le pays. Mais les Chinoisdonnent eux-mêmes la préférence au cam-phre de l’île de Bornéo, qu’ils regardentcomme fort supérieur au leur.

Selon d'autres relations du Japon, onfuit la même méthode à peu de chose prèsqu’à la Chine. On prend les racines, lesbranches, & même les feuilles de P arbrequi donne le camphre ; on les coupe enmorceaux grossiers, on les met dans unbassin de fer, on verse de Peau par-dessus »& l'on y adapte un chapiteau à bec, garnide paille en-dedans ; on lute les jointures ;après y avoir appliqué un récipient, oncommence à distiller : par ce moyen , laplus grande partie du camphre s’attacheaux brins de paille fous la forme de cryf-taux ; le reste passe dans la distillation , &on l’en sépare ensuite. Ces deux dernieresmaniérés semblent les plus vraisemblables,& celles qui s’accordent le plus avec la na-turc volatile du camphre, que la moindrechaleur fait non-feulement diminuer con-sidérablement, mais encore difparoître en-tièrement . II est donc plutôt à présumerqu’on le recueille de cette façon dans lesIndes, qu aux pieds des arbres, où il pa-rois que la chaleur du pays doit aisémentie faire difparoître.

Outre ces maniérés dont nous venons dedire que le camphre fe rire à la Chine &au Japon, on prétend aussi qu’il peut fetirer de la racine du canellier, du zédoarde Ceylan, du romarin , de Paurone, &d’autres arbrisseaux aromatiques du genredes lauriers. M. Neumann croit que l’ona pu tirer de ces végétaux une substancegrasse &. huileuse » mais que jamais cette