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Tome sixième.
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CAN

C ANA, ( Ge'og. sainte. ) ville de Gali-lée dans la tribu de ZabuIon,où Jésus-Chrift a fait plusieurs miracles. Ce n’estplus qu’un village peuplé de mahométans.Sainte Hélene avoit consacré ce lieu parune église & un séminaire : l’église a ététransformée en mosquée, & le séminaireen un logement de lantons.

CANADA ou CANADE, {Hifi. mcd.)on nomme ainsi la mesure de vin ou d eauqu’on donne par jour sur les vailïèaux por-tugais, à chaque matelot ou homme deTéquipage.

CANADA, ( Ge'ogr. Hifi. ) cette im-mense contrée de l'Amérique septentrio-nale , terminée d’un côté par l’Océan & lefleuve Miífiffipi, n’a point de bornes con-nues vers le nord, où elle se confond avecces pays froids où Pavarice & la curiositéeuropéennes n’ont pas encore pénétré. Qué-bec en est la capitale. Quoique le Canadasoit ausli voisin de Péquateur que le pays quenous habitons, le froid y est plus piquant& Phi ver plus long que dans les régionstempérées de PEurope ; les vastes forêtsdont cette terre nouvelle est couverte, leslacs & les fleuves dont elle est coupée, &peut-être Pélévation du terrein , font lescauses de cette différence de climat, fousles n êmes parallèles ; au reste, le fol estfertile , fit on y a transporté avec succès plu-sieurs de nos végétaux, tels que le froment,& quelques légumes, le cedre , l’acacia,maintenant Poinement de nos jardins, lepelu dont découle une résine qui fournitle godron. La tige de ces arbres s’éleve àune hauteur beaucoup plus considérablequ’en Europe. Le commerce des pelleteriesétoit l’objet principal de l’établiíìèment desFrançois dans ce pays ; les forêts y fontpeuples d élans, d'ours , de Iievres, decastors & de tigres. Ces derniers n’ontrien de la férocité des monstres d’Afrique ‘& c’est par leurs inclinations douces & pa-cifiques qu on les nomme tigres poltrons.On a °b’cuve que les quadrupèdes de cetterégion etoient moins grands que ceux desmêmes eipeces en Europe: peu économesdans la jouissance de ces biens usurpes,nous en avons détruit plusieurs especes. Lessauvages, plus {âges q Ue nous, ont su dumoins conlervcr celle du castor j c’étoit une

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loi établie parmi eux, de ne jamais anéantirune cabane entiere : la police preícrivoitd’y laisser au moins quelques individus desdeux sexes, destinés à créer une nouvellerépublique. Ces nations séparées par deslacs, des fleuves & des montagnes, habi-tent dans des bourgades éloignées les unesdes autres. Leurs mœurs, leurs usages,leur caractère, tout est intéressant, jus-qu à leurs vices & à leurs erreurs popu-laires.

Je parlerai d’abord des Hurons, parcsque ce peuple voisin de nos colonies, a eudes relations plus intimes avec elles. Je lepeindrai tel qu’il étoit lors de la découvertedu nouveau monde, & non tel qu’il estaujourd’hui, amolli par notre luxe, adoucipar nos maximes, abruti par nos liqueurstortes. La science de la politique sembloitavoir été révélée à ce peuple qui, quoiquesans étude & séparé du reste des nations,connoissoit leur force & leur foiblelîê,ce qu’il pouvoit en espérer, & ce qu’il enavoit à craindre. Supérieur par ses lumiè-res à tous les habitans du septentrion, ill’étoit encore plus par la vigueur du corps :un Huron n’avoit d’autre intérêt à défen-dre que son indépendance, & il sacrisioittout à cette idole chérie. Inquiet & soup-çonneux , il croyois sa liberté menacée partout ce qui l’approchoit ; il ne connoislòitpoint {'épanchement du cœur, parce qu’ilcraignoit d’être trompé par des dehors af-fectueux J s’il fàisoit des préfens, il n etoitlibéral que par des vues cachtes ' il en re-cevoir fans reconnoiífance, persuadé qu’onles lui offroit sans amitié. Toujours occu-pé á tendre des piégés ou à les éviter, sonunique étude étoit d’observer & de décou-vrir le soible de Ion ennemi. Ses questionsetoient insidieuses, ses réponses vives, la-coniques , toujours fausses &c toujours vrai-semblables : éloquent, mais fans faste & fansprétention, il avoit fart de cacher celuiqu’il mettoit dans ses discours. Fertile euprétextes, ìldéguiioít toujours le véritablemotif qui le faiíòit agir. Ces talens naturelsétoient répandus avec tant d’égalué parmices sauvages, que le dernier d’entr’euxétoit capable de la négociation la plusépineuse, & pouvoit représenter sa nation,L’Iroquois a la même dose de génie,

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